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Macro-économie / Taux / Inflation alimentaire

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Inflation alimentaire

Une baisse de l’inflation alimentaire qui interroge / A contre-courant de la dynamique inflationniste

L’inflation dans la zone euro a beau être passée de 1,7 % en janvier à 3,8 % en septembre, cette hausse s’accompagne d’une évolution contraire de l’inflation alimentaire. Celle-ci est tombée de 2,6 % en janvier à 1,1 % en août, soit son niveau le plus bas depuis la mi-2021, avant de rebondir à 1,3 % en septembre. Une évolution due à l’ensemble de ses composantes ou presque, qui n’efface pas pour autant les hausses récentes.
Supermarché français. Photo par NICOLAS GUYONNET / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP
Supermarché français. Photo par NICOLAS GUYONNET / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP

Des hausses qui restent en mémoire. Les derniers mois d’inflation modérée sur le front alimentaire ne font pas oublier aux ménages ni aux économistes que cela a été loin d’être le cas depuis 2022. Les économistes rattachés à Francfort ayant creusé la question rappellent que les prix des denrées alimentaires ont bel et bien augmenté plus que les autres prix depuis cette date. Pas une surprise dans l’absolu, étant donné que sur longue période cela a également tendance à se vérifier avec une progression de cette composante de l’inflation plus prononcée que les autres.

Néanmoins, nul doute aux yeux des experts, l’épisode connu entre 2022 et 2025 a été particulièrement exceptionnel et persistant par rapport à la moyenne historique. C’est précisément l’ampleur de cette hausse passée qui explique aujourd’hui la modération de l’inflation alimentaire. L’étude des données montre effectivement que désormais « le café, le chocolat, les fruits et les produits laitiers, qui avaient enregistré de fortes augmentations de prix en 2025, contribuaient de manière négligeable à l’inflation alimentaire totale d’ici septembre 2026. »

 

 

Répercussion

 

Difficile pour autant pour les consommateurs de s’en apercevoir, explique-t-on du côté de Francfort, étant donné que par « rapport aux prix des autres biens et services, les prix alimentaires restent nettement supérieurs à leur niveau d'avant la flambée et, selon les projections des services de la BCE de septembre, cette situation devrait perdurer. » Pour l’heure, ces mêmes prix sont dans la zone euro environ 30 % plus élevés qu’à la fin de 2021, bien que cela comprenne en réalité des disparités importantes, avec des hausses allant de 24 % en Finlande à 48 % en Estonie.

Un autre élément de compréhension concerne cette fois-ci la croissance des salaires, qui a été relativement proche de l’augmentation globale des prix récemment. Ce qui explique que la perte de pouvoir d’achat rende encore aujourd’hui le panier d’achat alimentaire moyen plus cher que par le passé. Les économistes constatent que c’est particulièrement le cas pour les articles les plus fréquemment achetés (café, produits sucrés et chocolat, lait et produits laitiers, viande, etc.). On en trouve la transcription directe dans le fait que « 55 % des Européens voient les prix raisonnables des denrées alimentaires comme une priorité absolue de l’UE. »

 

Rebond

 

Ce n’est pas l’avenir proche qui pourrait effacer totalement cette impression, étant donné que les dernières prévisions de la BCE évoquent une inflation alimentaire attendue en hausse jusqu’à « atteindre 3,4 % au troisième trimestre de 2027, ne diminuant qu’après cela. » La conséquence directe de coûts énergétiques plus élevés et de pressions liées aux conditions météorologiques. El Niño ne jouera pas non plus en faveur d’un maintien des prix alimentaires à des niveaux peu élevés. La structure de cette évolution découle également du fait que le choc énergétique actuel est différent du précédent. Les experts de Francfort rappelent qu’il « est de plus petite ampleur et jusqu’à présent plus entraîné par le pétrole et les produits pétroliers que par le gaz. Cela soutient l’argument selon lequel l’inflation alimentaire sera plus modérée qu’elle ne l’était en 2022. »

Selon leurs estimations, le pic de l’inflation alimentaire devrait atteindre environ un cinquième de celui enregistré après le début de l’invasion de l’Ukraine. Associé à une demande moins forte que par le passé, cela n’est pas anodin. De quoi atténuer les pressions sur les prix, comme d’autres facteurs tels que la production locale d’une partie des engrais ou encore les mesures de soutien aux agriculteurs.

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