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La crise énergétique pourrait être le meilleur allié de la rénovation énergétique / Les acteurs tâchent de s’adapter aux hausses de prix
Des investissements pour le moins salutaires. Les flux redirigés par la crise énergétique seraient à même d’atténuer l’impact des chocs énergétiques sur le secteur du bâtiment et de la construction. Voici le constat auquel Desislava Rusinova et Marco Weissler - tous deux économistes à la Banque centrale européenne - sont parvenus. Une bonne nouvelle puisque généralement ce sont les secteurs qui souffrent le plus lors des crises énergétiques.
Le schéma habituel voit "les coûts de construction et d’entretien des bâtiments augmenter et les prêts immobiliers devenir souvent plus difficiles à obtenir et s’accompagner de taux plus élevés". Il semble cependant que, cette fois, cela a surtout été l’occasion d’investir pour nombre de ménages, non pas dans la construction neuve mais plutôt dans la rénovation de leurs biens.
Plier
Les économistes considèrent que ces investissements vont permettre aux ménages de moins être exposés aux futurs chocs liés à l’énergie, étant donné que leur consommation va devenir moins intensive en énergie. Une évolution positive pour la politique monétaire, puisque tant « l’amélioration de l’efficacité énergétique que la réduction de la dépendance vis-à-vis du chauffage au pétrole et au gaz atténuent l’impact des fluctuations des prix du pétrole sur l’inflation ». Cela ne se fait pas sans coût néanmoins, puisque la vague d’investissement aurait bénéficié d’un environnement favorable avec à la fois une baisse des coûts des équipements et dans le même temps des subventions publiques.
Les données exploitées par les deux économistes permettent de comprendre l’ampleur du phénomène en se focalisant sur les activités de construction spécialisées (ACS) - les travaux de finition et d’installation - lesquelles pèsent pour près de 75 % de l’activité de construction. Les rénovations liées à l’énergie en représentent une part importante, ce qui explique que, à "elles seules, les installations électriques, de plomberie, de chauffage et de climatisation ont représenté 40 % de la valeur ajoutée dans les cinq plus grands pays de la zone euro en 2023".
Souveraineté
Le revers de la médaille est que certaines installations telles que les pompes à chaleur ou les panneaux photovoltaïques ne peuvent pas être produites sur place avant d’être installées. De quoi expliquer que dès 2022, "les importations de produits photovoltaïques (PV) dans la zone euro ont fortement augmenté à la suite de la flambée des prix de l’énergie due à la guerre en Ukraine". Celles en provenance de la Chine ont près de doublé et ne baissent pas avec le temps. Il faut dire que la tonne importée de modules ou de panneaux photovoltaïques a vu son prix moyen chuter de deux tiers, "passant de près de 5 000 € en 2023 à seulement 1 700 € en 2026".
L’attrait des programmes publics y joue beaucoup et les ménages et entreprises continuent à en être friands. Chez nos voisins allemands, ce ne sont pas moins de 64 000 ménages et entreprises qui ont sollicité un financement entre mars et mai 2026, afin de rénover l’enveloppe de leur bâtiment. Un chiffre en augmentation de 16 % sur un an, les demandes de financement pour des investissements dans le chauffage ont quant à elles été plébiscitées avec une progression de pas moins de 40 %.
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