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Chez Legrand, une croissance record portée par les data centers et les États-Unis / Les prévisions annuelles sont revues à la hausse

En attendant son Capital Markets Day de septembre prochain, le groupe relève la barre de ses prévisions annuelles après un semestre de forte croissance, portée par son activité dans les data centers et les États-Unis, tandis que ses marchés dans les bâtiments restent plus contraints. La stratégie d’acquisitions continue de son côté de suivre son cours.
Benoît Coquart, directeur général de Legrand. Crédits : droits réservés
Benoît Coquart, directeur général de Legrand. Crédits : droits réservés

Les ingrédients de la croissance de Legrand font toujours recette, trimestre après trimestre. Et ont permis au groupe spécialiste des infrastructures électriques et numériques du bâtiment de signer une croissance semestrielle de ses ventes à son plus haut au titre des six premiers mois de 2026, à hauteur de 17 % (hors effets de change), pour 5,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires : « Cette croissance record provient d’une croissance organique de + 9,8 % et d’une croissance liée aux acquisitions de + 6,9 % », explique Benoît Coquart, directeur général du groupe, à WanSquare.

Dans la lignée des publications précédentes, la croissance organique a été portée par l’essor des centres de données, qui représentent ce semestre près d’un tiers du chiffre d’affaires. De fait, l’activité de Legrand dans le domaine s’affiche en hausse organique de plus de 30 %. Sur la partie plus traditionnelle de son activité, que sont les bâtiments, la croissance est légère, à un chiffre. « Ce sont deux dynamiques différentes, puisque le marché du bâtiment reste contraint, bien que certaines disparités géographiques se remarquent. À l’inverse, celui des data centers caracole. Ces tendances devraient se poursuivre sur le reste de l’année », précise Benoît Coquart. Ceci explique notamment le recul de 2,4 % de la croissance en Europe, où le groupe est davantage exposé aux bâtiments qu’aux data centers : « Le marché est en berne, à des niveaux toujours inférieurs de 20 à 25 % par rapport aux niveaux pré-Covid dans le résidentiel en France, par exemple », remarque le directeur général de Legrand.

 

Le moteur américain

 

 

Une grande partie de cette tendance de croissance dans les data centers est tirée par les États-Unis, son premier marché, qui pèsent à eux seuls à hauteur de 44 % du chiffre d’affaires du groupe. Dans le pays, l’accélération des ventes a été portée à 26,7 %, en lien avec le succès des offres dédiées aux centres de données ainsi que celles relatives à la transition énergétique. À titre d’exemple, le groupe génère environ 70 % de son chiffre d’affaires dans les data centers dans le pays. Un marché tiré par les investissements des hyperscalers américains en la matière, dont la plupart sont clients de l’entreprise française, elle qui s’est positionnée sur un large catalogue d’offres et d’étapes de construction grâce à ses acquisitions. « Cela reflète la composition du marché mondial. Les États-Unis en représentent à peu près 60 % », indique Benoît Coquart. « La dynamique en Europe pourrait plutôt se matérialiser à compter de 2027 et sur les années suivantes : le laps de temps entre les annonces de projets et leur sortie de terre reste plus long, ceci sachant que Legrand se situe plutôt en fin de cycle de construction », poursuit-il.

Du côté des acquisitions, celles à avoir été réalisées depuis le début de l’année sont désormais au nombre de sept, avec le rachat ciblé du finlandais Axel Health annoncé ce jour, un champion des solutions de gestion du parcours de patients pour les établissements de santé. « Au total, en année pleine, ces sept opérations nous rapporteraient 450 millions d’euros de chiffre d’affaires en rythme annuel, ce qui n’est pas marginal pour un groupe qui réalise près de 10 milliards d’euros de revenus », précise Benoît Coquart. Des opérations réalisées dans le domaine de la transition énergétique et digitale, pensées pour compléter son dispositif de produits ou son empreinte géographique et s’inscrivant dans le cadre prévu par son plan stratégique à l’horizon 2030.

 

Pas d’impact sur les marges

 

Le résultat opérationnel ajusté s’est de son côté apprécié de 12 %, à plus de 1,1 milliard d’euros, tandis que la marge correspondante, après acquisitions, s’est établie à 20,8 % des ventes, en légère baisse par rapport au premier semestre de 2025 (21 %), mais dans la fourchette prévue sur l’ensemble de l’année. Elle évolue par ailleurs autour de ses niveaux historiques. « Le fait que nous réalisions plus de croissance dans les data centers n’a pas d’impact dilutif ou relutif sur nos marges », précise le directeur général. L’objectif d’une marge opérationnelle annuelle ajustée (après acquisitions) de 20,5 % à 21 % des ventes pour l’année reste inchangé.

En revanche, compte tenu de l’accélération de sa croissance et du contexte macroéconomique mondial à date, Legrand a profité de cette publication pour rehausser nettement ses objectifs de croissance. Il vise désormais une hausse de ses ventes - hors effets de change - comprise entre 16 % et 19 % sur l’ensemble de l’exercice, contre 10 % à 15 % envisagés précédemment. Elle devrait se décomposer comme suit : une croissance organique de 8 % à 10 % (contre 4 % à 7 % auparavant), ainsi qu’une croissance par acquisition de l’ordre de 8 % (soit le haut de l’intervalle de 6 % à 8 % initialement envisagé). « Notre caractéristique est la prévisibilité des résultats et, depuis maintenant trois années, une forte croissance tirée par les acquisitions et les data centers », résume le dirigeant. Sur le semestre, le résultat net, part du groupe, a grimpé de 11,2 % à 698,2 millions d’euros et le cash-flow libre a atteint 9 % du chiffre d’affaires sur la période.

Le prochain rendez-vous sera désormais attendu en septembre, avec un Capital Markets Day qu’organisera le groupe à Singapour. Le but : faire un point d'étape sur ses ambitions pour 2030 et emmener les investisseurs au contact de son savoir-faire dans les data centers, puisqu’un certain nombre de ses produits seront exposés dans le cadre du Data Center World Asia. « Il s’avère, en plus de cela, que nous avons réalisé récemment deux acquisitions en Malaisie. Cela sera aussi l’occasion de leur montrer pourquoi la zone d’Asie du Sud-Est est intéressante pour les data centers », assure Benoît Coquart.

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