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L’accélération spectaculaire de Legrand dans les data centers / Un moteur devenu central
Du simple au quadruple. La croissance des ventes de solutions de Legrand liées aux centres de données s’est finalement établie à près de 40 % en 2025, bien au-delà des hypothèses initiales du groupe. « Tout au long de l’année, nous avons été amenés à relever progressivement nos attentes de croissance sur les data centers : nous anticipions initialement une progression comprise entre 10 et 20 %, puis entre 15 et 20 % au printemps, 20 à 25 % à l’été, 30 % à l’automne », rappelle Benoît Coquart, directeur général de Legrand, dans un entretien à WanSquare. « La demande a systématiquement dépassé nos anticipations, et ce n’est pas par conservatisme de notre part. »
L’enjeu dépasse largement la seule performance annuelle. En quelques années, l’activité data centers a changé de dimension, passant du statut de relais de croissance à celui de pilier stratégique. « En 2017, les data centers ne pesaient que 300 millions d’euros de chiffre d’affaires. En 2026, y compris en intégrant les acquisitions dès le 1er janvier, ils approcheront les 3 milliards d’euros », souligne le dirigeant. Une trajectoire qui traduit un basculement profond du modèle du groupe, désormais fortement exposé aux infrastructures numériques et aux besoins liés à l’essor du cloud et de l’intelligence artificielle.
Ce mouvement dépasse d’ailleurs le seul périmètre des data centers : les solutions liées à la transition énergétique et digitale représentent désormais 53 % des ventes du groupe, contre 47 % pour les infrastructures essentielles.
Un changement d’échelle qui fait boule de neige
Une transformation qui continue d’influer positivement sur les résultats et renforce le profil de croissance de l’entreprise, en dépit d’un marché historique du bâtiment toujours atone. Legrand a affiché l’an dernier une croissance de son chiffre d’affaires de 13 % hors change, dont 7,7 % en organique et 5,1 % par acquisitions, pour atteindre près de 9,5 milliards d’euros. Une dynamique globalement conforme aux attentes, la croissance organique se situant au niveau anticipé par le marché, tandis que la marge opérationnelle ajustée a atteint 20,7 %. Le résultat net a représenté 13,1 % des ventes et le cash-flow libre s’est établi à 1,3 milliard d’euros, soit 14 % du chiffre d’affaires.
Ce cash-flow joue précisément un rôle central dans la stratégie de croissance externe du groupe. En 2025, Legrand a réalisé sept acquisitions représentant 500 millions d'euros de chiffre d'affaires consolidé, toutes orientées vers les solutions pour la transition énergétique et digitale. À l'occasion de la publication des résultats ce jeudi, deux nouvelles opérations sont annoncées dans le segment datacenter : aux États-Unis, le rachat de Kratos industries, spécialiste des systèmes de distribution basse et moyenne tension pour un chiffre d'affaires d'environ 100 millions de dollars, et au Brésil, l'acquisition de Green4T, acteur des services d'installation et de maintenance pour centres de données, qui réalise quelque 45 millions d'euros de ventes annuelles. « Notre stratégie d'acquisitions repose sur deux axes : soit compléter notre offre par des applications produits que nous n'avions pas, soit renforcer des positions existantes en nous développant sur de nouvelles zones géographiques », explique Benoît Coquart. « Nous allons poursuivre cette stratégie en restant très sélectifs, en ciblant des entreprises de qualité qui viennent renforcer et compléter notre dispositif. », ajoute le directeur général.
Une dynamique appelée à se prolonger
Pour 2026, Legrand table sur une nouvelle progression de son chiffre d’affaires comprise entre 10 et 15 % hors effets de change, dont 4 à 7 % de croissance organique et 6 à 8 % provenant des acquisitions. Si ces objectifs sont atteints, le groupe afficherait sur deux ans une croissance cumulée proche de 30 %, une accélération inédite dans son histoire récente.
Sur les centres de données, la dynamique devrait rester favorable, sans forcément atteindre les niveaux de croissance observés cette année. Benoît Coquart anticipe un environnement toujours porteur, dans un marché où les investissements annoncés par les grands clients se déploient par nature sur plusieurs exercices. À l’inverse, le métier historique du bâtiment demeure abordé avec prudence, dans un contexte de reprise graduelle et très hétérogène selon les zones géographiques. Mais la faiblesse persistante de ce marché est à relativiser désormais, compte tenu de l’évolution du mix du groupe. « Le résidentiel neuf pèse nettement moins dans notre activité que les data centers », fait valoir le directeur général.
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