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Macro-économie / Taux / Washington / Haut Commissariat au Plan / Enrico Letta

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Washington / Haut Commissariat au Plan / Enrico Letta

Une industrie de la défense européenne qui doit apprendre à devenir agile / Le Haut-commissariat au Plan considère qu’il faut repenser les coopérations industrielles

Des projets qui patinent régulièrement dès lors qu’il est question de voir différents acteurs du Vieux continent unir leurs forces sur les questions de défense. Pourtant, ces initiatives ont des vertus indéniables puisqu’elles seraient à même de permettre d’une part de réduire les coûts de R&D ou encore d’améliorer la capacité des armées européennes à évoluer conjointement. Des recommandations sont formulées par le Haut-commissariat au Plan afin d’obtenir des avancées concrètes sur le sujet.
Usine en France. Photo par QUENTIN TOP / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP
Usine en France. Photo par QUENTIN TOP / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP

Un nœud gordien à trancher au plus vite. Les équipes du Haut-commissariat au Plan sont conscientes qu’il faut trouver des solutions étant donné que la production strictement nationale ne peut pas être une solution à terme pour l’Europe et que certains projets communs ont pris du plomb dans l’aile récemment. L’échec de certaines coopérations est avant tout expliqué par l’existence de divergences de doctrines militaires, d’exigences nationales de retour industriel, des rivalités entre entreprises, des désaccords sur les exportations, et de l’attention portée par certains gouvernements à conserver une souveraineté nationale et non pas uniquement européenne.

Les solutions imaginées pour y remédier sont multiples et vont d’une meilleure définition de ce qui doit être produit à l’échelon des Etats-membres et ce qui peut être produit conjointement. On aperçoit également une critique en creux de certains programmes passés et notamment sur le plan de la gouvernance. Il est en effet préconisé « de privilégier les groupes intégrés ou de désigner un maître d’œuvre industriel unique », un autre frein identifié semble pouvoir être résolu par le fait de fixer une doctrine commune sur les exportations.

 

Soutenir


Les relations entre les États sont certes essentielles pour construire une industrie européenne indépendante et souveraine, la place de l’Union européenne l’est tout autant. Du côté du Haut-commissariat, on imagine son rôle en tant que facilitateur de financement, « en incitant aux coopérations à plusieurs États, par un soutien financier à ces programmes collectifs et en orientant les ressources vers les lacunes capacitaires les plus critiques ». La piste des achats conjoints européens est privilégiée, celle-ci étant à même de donner de la visibilité à des acteurs entrants et de leur assurer des débouchés.

Une façon de permettre le passage à l’échelle de nouvelles entreprises et ainsi de renforcer la concurrence et l’innovation. Dans un paysage largement dominé par les acteurs américains et les industriels européens historiques. Pour y parvenir, l’idée de pousser les pays européens à consacrer 1 % de leur PIB à l’achat de matériels européens est une des idées retenues pour améliorer la coordination. Cette augmentation sensible des dépenses aurait pour conséquence in fine un meilleur alignement des planifications nationales. A condition notamment que l’idée d’une forme de spécialisation productive fasse son bonhomme de chemin en Europe.

 

Atlantique

 

La question de la relation avec Washington est évidemment présente dans le rapport, avec en creux les différentes options sur la table pour réduire la dépendance du continent. On y retrouve ainsi celle promue par l’ancien président du Conseil italien Enrico Letta, consistant essentiellement en un renforcement significatif de « l’intégration du marché européen de la défense en le faisant davantage entrer dans les règles du marché unique. Les pays ne pourraient alors plus discriminer les industriels de défense des autres pays membres ». Parmi les vertus d’une telle mesure, on aurait alors un « marché éliminant les entreprises les moins compétitives. Les contrats publics se verraient concentrés sur les entreprises les plus capables de combler les lacunes capacitaires ». Reste à savoir à quel point les différents gouvernements accepteront de sacrifier une partie de leur industrie nationale sur l’autel de la coopération.

D’autant plus que d’autres options sont sur la table, comme une forme de coopération avec les États-Unis afin d’obtenir des contreparties aux importations. D’autres acteurs peuvent également être sollicités, tels que la Corée du Sud l’a été par la Pologne récemment, pour atténuer les effets de la dépendance européenne aux Etats-Unis.

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