Macro-économie / Taux
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Zone euro : l’activité poursuit sa contraction mais moins vite / Et l’inflation montre des signes d’accalmie
L’économie de la zone euro a de nouveau reculé en juin, mais à un rythme moins marqué qu’au cours des mois précédents. Selon les données PMI Flash publiées par S&P Global, l’indice composite de l’activité globale s’est redressé de 48,5 en mai à 49,5 en juin, restant toutefois sous le seuil des 50 points qui sépare expansion et contraction pour un troisième mois consécutif.
La contraction du secteur des services s’est atténuée tandis que l’industrie manufacturière est parvenue à maintenir une légère progression de sa production. Dans le même temps, les nouvelles commandes ont continué de reculer pour le quatrième mois consécutif, même si le rythme de cette baisse s’est modéré.
La situation demeure contrastée au sein de l’union monétaire, la France ayant enregistré une contraction moins prononcée qu’en mai, tandis que l’Allemagne a vu son activité se détériorer davantage, affichant son recul le plus marqué depuis dix-huit mois. Le reste de la zone euro a en revanche connu une croissance modeste, la plus forte depuis le début de l’année.
Pour Chris Williamson, économiste en chef chez S&P Global Market Intelligence, l’économie européenne « fait preuve d’une résilience suffisante pour éviter, de justesse, d’entrer en récession ». Selon lui, les enquêtes suggèrent une quasi-stagnation du PIB au deuxième trimestre, après le choc provoqué par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient.
L’un des principaux enseignements de l’enquête réside dans l’atténuation des tensions sur les prix. Les coûts supportés par les entreprises ont continué d’augmenter, mais leur progression a ralenti à son plus faible niveau depuis février, avant l’escalade du conflit au Moyen-Orient. Les prix facturés aux clients ont également décéléré, enregistrant leur hausse la plus modérée depuis trois mois.
Cette évolution concerne à la fois les services et l’industrie, même si les fabricants restent confrontés à des pressions plus fortes que les prestataires de services. La baisse récente des prix de l’énergie semble déjà commencer à se transmettre à l’économie réelle.
Pour Bert Colijn, économiste en chef chez ING, la combinaison d’une croissance atone et d’une inflation moins menaçante constitue un signal favorable pour la Banque centrale européenne. « Si l’environnement décrit par les PMI se confirme dans les prochaines semaines, il réduira la nécessité d’un resserrement monétaire agressif », estime-t-il.
Les industriels continuent néanmoins de signaler des difficultés d’approvisionnement. Les délais de livraison se sont de nouveau allongés en juin, même si la détérioration est moins marquée qu’en mai. Après trois mois de hausse, l’activité d’achats s’est stabilisée, les entreprises semblant moins enclines à constituer des stocks de précaution.
A noter que S&P Global rapporte que la plupart des réponses ayant servi au calcul des données de juin ont été recueillies avant l’accord de désescalade signé le 17 juin entre les États-Unis et l’Iran. Les enquêtes de juillet permettront donc de mesurer plus précisément l’impact de cet accord sur les chaînes logistiques et les prix.
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