Macro-économie / Taux
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Gouvernance : un monde qui stagne depuis trois décennies / Des institutions fragiles qui continuent de peser sur l’investissement et la croissance
Sur près de trente ans, l’évolution de la gouvernance mondiale apparaît étonnamment stable. Les données analysées dans un rapport de l’Organisation internationale du travail (OIT) montrent que le score moyen de la qualité de la gouvernance (institutionnelle, économique et politique) à l’échelle des 208 économies étudiées reste presque inchangé, oscillant autour de 0,49 sur toute la période.
D’après ce rapport, une très faible part des économies mondiales, environ 7 %, bénéficie d’une gouvernance qualifiée de solide, caractérisée par : des institutions robustes, un État de droit effectif et une forte prévisibilité des politiques publiques. À l’inverse, près de la moitié des pays se situent dans des catégories insuffisantes, tandis qu’une minorité importante reste dans des situations défaillantes.
Les travaux de l’OIT l’expliquent en grande partie par une forte inertie des systèmes de gouvernance. Les pays initialement bien gouvernés ont de fortes chances de le rester, tandis que ceux qui partent avec des institutions fragiles peinent à en sortir. Ce phénomène est particulièrement visible sur la période étudiée, puisque la majorité des pays classés comme insuffisants à la fin des années 1990 le sont encore près de trente ans plus tard.
Cette inertie s’accompagne d’une asymétrie importante dans les dynamiques de changement. Les progrès en matière de gouvernance sont rares, lents et progressifs, tandis que les reculs sont plus fréquents et parfois plus rapides, y compris dans les économies initialement performantes. Le phénomène le plus notable est la difficulté à franchir des paliers institutionnels majeurs. Les transitions vers une gouvernance de haute qualité restent exceptionnelles, et aucun pays n’a réussi à passer directement d’une situation de faible gouvernance à un niveau solide sur la période étudiée.
Les différences entre pays sont également très marquées lorsqu’on examine les piliers spécifiques de la gouvernance. En effet, la dimension économique et réglementaire apparaît généralement plus développée et plus stable que la dimension politique, qui reste la plus difficile à consolider dans le temps. Concrètement, de nombreux pays parviennent à améliorer leurs cadres réglementaires ou leurs capacités administratives sans nécessairement renforcer de manière équivalente la stabilité politique ou la responsabilité institutionnelle.
Le rapport insiste sur l’importance de la gouvernance pour l’attractivité économique. Les analyses montrent une relation claire entre la qualité institutionnelle et les investissements directs étrangers. Sans surprise, les pays dotés de règles stables, d’institutions crédibles et d’une faible corruption attirent davantage de capitaux, tandis que les environnements instables ou imprévisibles découragent les investisseurs. "Une amélioration d’une unité de la qualité de la gouvernance est associée à une augmentation significative des entrées d’IDE", peut-on lire dans le rapport.
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