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Macro-économie / Taux

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Bourse : ces élus américains aux insolentes performances / Une étrange dispersion entre parlementaires

Une étude qui a couvert plus d’un quart de siècle de transactions des membres du Congrès américain montre une fracture entre élus ordinaires et dirigeants parlementaires. Si les premiers ne battent pas le marché de manière systématique, les seconds voient leurs performances financières s’améliorer fortement après leur accession à des postes de leadership.
Siège du Congrès des Etats-Unis - Photo par CELAL GUNES / ANADOLU / ANADOLU VIA AFP
Siège du Congrès des Etats-Unis - Photo par CELAL GUNES / ANADOLU / ANADOLU VIA AFP

Le pouvoir au Congrès américain pourrait bien avoir un prix en Bourse. Les performances de certains élus états-uniens sur les marchés financiers ont parfois suscité de la circonspection dans l’opinion publique américaine. Une récente étude publiée par le NBER, un institut de recherche, vient confirmer un certain ressenti tout en battant en brèche certains clichés.

Les économistes Shang-Jin Wei et Yifan Zhou ont pour cela examiné 26 ans de transactions boursières (1995 – 2021) de membres du Congrès. Qu’en ressort-il ? Contrairement à une idée répandue, les députés et sénateurs “ordinaires” ne surperforment pas le marché, toutefois, le constat est bien différent pour un groupe très restreint de parlementaires : les leaders.

Les deux chercheurs montrent qu’avant d’accéder à des fonctions de leadership, futurs dirigeants et élus comparables ont des performances similaires, souvent inférieures au marché. Oui mais voilà, après leur nomination en tant que Speaker, chef de majorité, whip ou président de groupe parlementaire, leurs trajectoires divergent brutalement. Dans le détail, les portefeuilles des leaders surperforment alors ceux de leurs homologues de 40 à 50 points de pourcentage par an en rendement ajusté du risque.

Pour analyser le phénomène, Shang-Jin Wei et Yifan Zhou proposent deux éléments d’explication. D’une part, les leaders disposent d’un accès privilégié aux informations sur les futures décisions législatives et réglementaires, or les données montrent notamment que leurs ventes d’actions sont souvent suivies de mauvaises nouvelles réglementaires pour les entreprises concernées.

Les deux économistes mettent aussi en avant des liens entre achats d’actions et augmentation ultérieure des contrats publics attribués aux mêmes entreprises, ce qui suggérerait une possible influence indirecte sur les décisions de commande publique.

La seconde explication complémentaire proposée est liée à l’accès aux entreprises. L’étude explique que les dirigeants politiques les plus influents semblent bénéficier d’une relation privilégiée avec certaines firmes, notamment celles ayant des liens financiers ou géographiques avec leurs campagnes. Tant et si bien que leurs achats précèdent plus souvent des annonces positives, tandis que leurs ventes anticipent des nouvelles défavorables, en particulier lorsqu’il s’agit de décisions internes des entreprises comme les résultats ou les dividendes.

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