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Macro-économie / Taux

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France : des intentions de recrutement qui dévissent / Elles atteignent un plus bas depuis 2017

Selon la dernière enquête « Besoins en main-d’œuvre » de France Travail, les intentions d’embauche reculent nettement en 2026, tout en s’accompagnant d’une détente relative des difficultés de recrutement. Une évolution contrastée qui reflète un ralentissement global de l’activité.
Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail - Photo par QUENTIN DE GROEVE / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP
Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail - Photo par QUENTIN DE GROEVE / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP

Le marché du travail marque le pas. Avec 2,28 millions de projets d’embauche déclarés, soit 158 000 de moins qu’en 2025 (-6,5%), d’après un rapport de France Travail, l’année 2026 s’inscrit en retrait. C'est un plus bas depuis 2017. La part des établissements prévoyant de recruter passe de 24,1% à 23,3%. 

Cette baisse touche l’ensemble des secteurs d’activité, mais avec des intensités variables. La construction enregistre le recul le plus marqué (-16,4%), suivie des services aux entreprises (-10,1%) et du commerce (-8,5%). À l’inverse, l’industrie limite la baisse (-2,4%) tandis que certains sous-secteurs affichent même des hausses ponctuelles, notamment dans l’énergie ou la gestion des déchets.

Le secteur des services aux particuliers reste de loin le premier recruteur, concentrant près d’un million de projets, soit plus de 40% des intentions d’embauche. Mais là encore, la tendance est orientée à la baisse, notamment dans l’hébergement-restauration et l’enseignement.

Sur le front des métiers, la plupart voient leurs besoins reculer. Les professions de l’hôtellerie-restauration, pourtant parmi les plus demandées, enregistrent une contraction notable : serveurs, cuisiniers ou employés polyvalents sont moins recherchés qu’en 2025. Les métiers agricoles suivent la même tendance.

Quelques exceptions émergent toutefois. Une cinquantaine de métiers voient leurs intentions d’embauche progresser, à l’image des ouvriers du conditionnement (+22,2%), des aides à domicile (+13,3%) ou des ouvriers qualifiés de l’agroalimentaire (+13,1%). Les métiers du soin et de l’accompagnement restent d’ailleurs fortement sollicités, malgré des tensions persistantes.

Si les projets d’embauche diminuent, les difficultés de recrutement reculent également. En 2026, 43,8% des recrutements sont jugés difficiles, contre plus de la moitié l’année précédente. Cette amélioration concerne presque tous les secteurs, à l’exception notable de l’immobilier.

Certaines branches enregistrent même des baisses spectaculaires des tensions, notamment dans la finance et l’assurance (-14,1 points) ou dans l’industrie des matériaux. Mais les difficultés restent élevées dans la construction, l’industrie ou encore la santé, où certains métiers demeurent particulièrement pénuriques.

Les causes des difficultés sont bien identifiées : manque de compétences techniques, d’expérience ou de motivation. Près de deux employeurs sur trois évoquent un déficit de savoir-faire, tandis que 64% pointent le manque d’expérience. Les savoir-être, comme la présentation ou les compétences relationnelles, sont également souvent mis en cause.

Face à ces obstacles, les entreprises s’adaptent. Près de la moitié acceptent désormais des profils différents de ceux initialement recherchés, en recrutant notamment des candidats moins expérimentés ou moins qualifiés. D’autres améliorent les conditions de travail, revalorisent les salaires ou simplifient leurs procédures de recrutement.

Dans ce contexte, le recours à des contrats courts progresse. La part des CDD de moins de six mois augmente sensiblement, tandis que celle des CDI recule légèrement, à 41% des projets.

Enfin, le principal moteur des recrutements reste le surcroît d’activité ponctuel, qui représente plus de 40% des embauches prévues. Les remplacements de salariés et les créations de postes liées à de nouvelles activités complètent l’essentiel des besoins.

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