Publications, Résultats
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Les tensions sur les composants poussent OVHcloud à renchérir ses investissements / L'objectif d'un free cash-flow positif en 2026 reste maintenu
OVHcloud entame son exercice 2026 en soignant sa profitabilité. Le spécialiste du cloud a publié jeudi ses résultats semestriels – pour la période s’étalant de septembre 2025 à février 2026 -, lui ayant permis de faire état d’une marge d’Ebitda ajusté à 40,9 %, en progression de 90 points de base. Un « niveau record depuis l’IPO, grâce notamment à notre effet de levier opérationnel et à l’intégration de l’IA au sein de nos process internes », a souligné Octave Klaba, président et désormais de nouveau directeur général du groupe, à l’occasion de l’annonce. Un niveau qui se place ainsi légèrement au-dessus des attentes des analystes, qui étaient de leur côté à 40,3 %.
La croissance ressort quant à elle proche des prévisions de marché. Elle s’est affichée à 5,5 % sur un an en organique, pour 555,3 millions d’euros de chiffre d’affaires, tandis que les analystes tablaient sur un rythme de 5,6 %. Le cloud public (118,6 millions d’euros de revenus) a été dynamique, en progressant de 15,1 % alors que le cloud privé, toujours dominant (336,6 millions d’euros de revenus) a grimpé plus modestement de 3,4 %. Le premier a été porté par une nette acquisition de clients, notamment sur les offres d’entrée de gamme (+ 116 %). Le webcloud, qui pèse à hauteur de 18 % du chiffre d’affaires, a quant à lui vu son activité progresser de 2,4 %.
« Le véritable point d’attention se situe toutefois du côté des investissements », relève Antoine Fraysse-Soulier, analyste de marché pour eToro. Les capex du groupe représentent en effet près de 43 % des revenus sur le semestre, contre 36 % un an auparavant. Désormais, OVHcloud estime qu’ils se situeront, sur l’ensemble de l’exercice, dans une fourchette comprise entre 33 % et 35 % du chiffre d’affaires, par rapport aux 30 % à 32 % précédemment visés.
Sécuriser par avance
Cette révision à la hausse tient à l’inflation exceptionnelle des composants mémoire et disque, dans un contexte de tensions sur les chaînes d’approvisionnement, explique le groupe. Il tente ainsi de juguler ces effets en ayant anticipé son approvisionnement en la matière prévu sur l’année au cours du premier semestre, explique-t-il. Par ailleurs, l’entreprise a aussi fait le choix de constituer par avance un stock de 50 millions d’euros en composants mémoire et disques, destinés à être utilisés sur l’exercice suivant, pour sécuriser leur disponibilité et en figer les prix. Afin de le financer, le groupe aura recours à un financement exceptionnel dédié, inclus dans ses prévisions de free cash-flow.
De quoi accompagner notamment ses ambitions affichées en matière d’intelligence artificielle (IA). Le groupe a en effet rappelé à l’occasion de cette publication que les barrières à l’entrée pour développer et personnaliser des modèles d’IA ont significativement reculé ces deux dernières années, grâce à des technologies et des données plus accessibles, des clients plus matures dans l’adoption ou encore des retours sur investissement de processeurs graphiques (GPUs) améliorés.
« Après la première vague d’investissements qui a vu émerger les pionniers de l’IA générative, une deuxième vague incite désormais les acteurs historiques du cloud à investir dans l’IA », précise OVHcloud, estimant s’inscrire dans cette dynamique grâce au lancement de son « Lab AI », amorcé grâce à l’acquisition récente de Dragon LLM, une société française concevant des modèles spécialisés d’IA générative. L’opération lui permettra d’intégrer les briques technologiques de sa nouvelle recrue, afin de proposer de nouveaux services en la matière pour les données sensibles, déployables dans le cloud.
Une nouvelle verticale pour la défense
Au-delà de ses projets en matière d’IA, OVHcloud a profité de cette publication pour faire un point d’étape sur la mise en œuvre de son plan de transformation, notamment du côté de ses priorités commerciales, mais aussi quant à son positionnement dans le secteur de la défense : une verticale dédiée a été créée, pour construire une offre au secteur à partir de ses produits qualifiés SecNumCloud. Le groupe explique en effet avoir été sollicité par plusieurs ministères des Armées de pays européens sur les derniers mois, afin d’accompagner leur transformation (commandement augmenté par l’IA, orchestration de drones, interopérabilité des communications entre armées et avec l’OTAN, etc.).
La hausse prévue des capex ne remet pas en cause l’objectif d’OVHcloud de voir son free cash-flow être positif sur l’ensemble de l’exercice, indique l’entreprise. À la fin du premier semestre, il s’affichait néanmoins nettement dans le rouge, à hauteur de 14,2 millions d’euros. Pour le reste, l’entreprise prévoit que sa croissance organique se situera entre 5 % et 7 % sur l’année et que sa marge d’Ebitda ajusté sera supérieure à celle de l’exercice précédent.
« Cette publication ne devrait pas entraîner de changement majeur de nos prévisions de résultats. OVHcloud doit s’adapter à un environnement complexe avec des enjeux de souveraineté qui prennent du temps pour se concrétiser dans la topline », estime le cabinet Oddo BHF dans une note. « Au final, OVHcloud sacrifie une partie de sa génération de cash à court terme pour préparer son positionnement de long terme. Reste désormais à convaincre que ces investissements se traduiront rapidement par une accélération durable de la croissance », ajoute de son côté Antoine Fraysse-Soulier de chez eToro.
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