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Macro-économie / Taux

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Finances publiques : 9 milliards d’euros tombés du ciel pour le gouvernement français / Pourquoi ils seront (très) loin d’être de trop en 2026

En 2025, le déficit public de la France s’est élevé à 5,1 % du Produit intérieur brut (PIB), soit 0,3 point de moins que ce qui était escompté. Alors que le Premier ministre Sébastien Lecornu veut profiter de cette dynamique pour le réduire à un niveau inférieur à 5 % dès cette année, le choc énergétique pourrait apparaître comme une sacrée embûche.
Roland Lescure, ministre de l'Economie et des Finances, et Sébastien Lecornu, Premier ministre - Photo par LUDOVIC MARIN / AFP
Roland Lescure, ministre de l'Economie et des Finances, et Sébastien Lecornu, Premier ministre - Photo par LUDOVIC MARIN / AFP

La pièce est tombée du bon côté cette fois-ci. Après deux années marquées par un dérapage budgétaire, le déficit public de la France s’est avéré moins creusé qu’attendu en 2026. Il s’est élevé à 5,1 % du PIB contre 5,4 % anticipé, indique l'Insee, soit une différence d’environ 9 milliards d’euros. De sorte qu’il a atteint 152,5 milliards d’euros, après 169,1 milliards d’euros en 2024.

« La collecte d’impôts est très dynamique, notamment par rapport à 2024. C’est le cas en particulier de l’impôt sur le revenu, de l’impôt sur les sociétés ou encore des prélèvements des transactions immobilières », explique à WanSquare, Marie Leclair, responsable du département des Comptes nationaux de l'Insee. « Et puis d’autre part, en plus de cette bonne collecte d’impôts, on a des nouveaux impôts qui naturellement font des recettes supplémentaires. Parmi ceux-là, on peut citer par exemple la contribution exceptionnelle des grandes entreprises qui a rapporté 7,5 milliards d’euros », souligne l’économiste.

Comment cela s’est-il déroulé du côté des dépenses ? « Elles continuent d’augmenter, mais à un rythme plus lent qu’en 2024. Ce ralentissement s’explique principalement par la fin du contexte inflationniste », indique Marie Leclair. « Les dépenses de fonctionnement, comme les salaires des fonctionnaires et les consommations intermédiaires, progressent moins vite : en 2024, elles avaient été tirées par des mesures catégorielles et des prix de l’énergie élevés, effets qui disparaissent en 2025 », détaille-t-elle. « Enfin, les prestations sociales (retraites, minima sociaux) augmentent aussi moins rapidement, car elles sont indexées sur une inflation plus faible qu’en 2024 », ajoute Marie Leclair.

Comme on pouvait s’y attendre, il n’y aura pas de débat sur « la cagnotte » comme à l’époque du gouvernement de Lionel Jospin lequel avait constaté des recettes bien plus importantes que prévu en 1999, partiellement recyclées en baisse de TVA. À cette époque, rappelons que la France dégageait un excédent public primaire (solde hors charges d’intérêts) alors que le déficit public primaire était proche de 3 % du PIB en 2025. De plus, son taux d’endettement public était près de deux fois moins élevé.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a déclaré vouloir passer sous les 5 % de déficit public pour 2026. Pour mémoire, la loi de finances pour cette année prévoyait un déficit public de 5 %. « La situation géopolitique jouera, mais notre volonté collective aussi », a prévenu le locataire de Matignon.

Si des voix s’élèvent dans le débat public pour affirmer que les finances publiques ressortent bénéficiaires d’un choc énergétique, elles font fausse route. C’est connu dans le cas du seul carburant : certes les recettes de TVA sur le produit augmentent mais les recettes de TICPE diminuent. Celle-ci est une taxe au litre, or la consommation de carburant en volume recule en période de hausse des prix ; une étude de l’Insee évoque une élasticité-prix de la demande de carburant des automobilistes comprise entre -0,21 et -0,4.

Mais qu’en est-il si l’on raisonne de manière plus globale ? Un document de travail de la Banque de France publié en 2020 qui présente son modèle maison de l’économie française (FR-BDF, qui est en cours de réestimation) rapporte qu’une hausse du prix du pétrole de 10 % (avec un niveau initial à 55 euros le prix du baril) provoque une détérioration de 0,05 % du PIB du solde public. Or, depuis début 2026, le prix du baril de Brent a progressé de plus de 70 % (un peu plus en euros du fait de la dépréciation de celui-ci face au dollar).

L’idée derrière cela est qu’un choc de prix de l’énergie fait augmenter les prix à la consommation, ce qui accroît les recettes de TVA. En revanche, il entraîne aussi une hausse des dépenses publiques via l’indexation de nombreuses prestations sociales sur l’inflation.

En parallèle, la consommation des ménages diminue en volume, même chose pour l’investissement des entreprises, réduisant l’assiette fiscale et donc les recettes. Il faut aussi prendre en compte l’effet haussier sur le taux de chômage qui génère une hausse des allocations versées. L’impact sur le solde public dépend de l’affrontement de ces effets contradictoires.

Le modèle Mesange, issu d'une collaboration entre la direction générale du Trésor et l’Insee, évoque, lui, un impact négatif de 0,2 point de PIB sur le solde public primaire pour chaque hausse de 25 dollars du prix du baril de Brent.

Attention, ces modèles ne prennent pas en compte l’éventuelle réponse discrétionnaire du gouvernement face à ce choc par exemple via une aide de nature monétaire (chèque), qui alourdirait la facture.

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