Publications, Résultats
Publications, Résultats
La cotation de Canal + à la Bourse de Johannesburg prévue au deuxième trimestre / Le détail de son plan de redressement pour MultiChoice
Au mois de janvier, en présentant les synergies attendues d’ici à 2030 grâce à l’acquisition de MultiChoice, Canal + avait donné rendez-vous aux investisseurs au mois de mars. Le but : présenter la stratégie du groupe à moyen terme, en tenant compte de la finalisation de la plus grande acquisition de son histoire – pour 2 milliards d’euros -, lui ayant permis de changer de dimension, en passant de 27 millions d’abonnés dans 50 pays d’Europe et d’Asie, à plus de 40 millions désormais dans 70 d’entre eux.
À l’occasion de la présentation de ses résultats annuels 2025 préliminaires, le groupe a donc procédé à ce point d’étape attendu. « Nous avons débuté l’année avec des objectifs clairs. Finaliser l’acquisition de MultiChoice, mettre un terme à des litiges fiscaux majeurs en France, améliorer notre rentabilité en Europe et prolonger nos droits sportifs. Nous terminons l’année en ayant atteint tous ces objectifs », a indiqué Maxime Saada, président du directoire de Canal +. Sur le plan financier, la tendance est alignée, sur la base du périmètre du groupe au moment de la communication des prévisions 2025.
Ainsi, le chiffre d’affaires organique a progressé de 1 %, à 6,3 milliards d’euros, tiré par la croissance des abonnés en Europe, en Afrique et en Asie, tandis que le résultat opérationnel ajusté (EBITA) avant éléments exceptionnels a atteint 527 millions d’euros, au-dessus de l’objectif de 515 millions d’euros. Le taux de marge est passé de 7,8 % en 2024 à 8,4 % en 2025. Le flux de trésorerie opérationnel a atteint 587 millions d’euros - contre un objectif de 500 millions d’euros – et le flux de trésorerie disponible a de son côté atteint 428 millions d’euros, surpassant la cible de 370 millions d’euros.
Une première pour un groupe français
Le calendrier pour les mois à venir est en tout cas organisé. « Au deuxième trimestre, nous introduirons Canal + à la Bourse de Johannesburg, devenant ainsi la première société française cotée en Afrique du Sud », s’est félicité Maxime Saada. MultiChoice étant désormais une filiale du groupe à 100 %, retirée de la cote sud-africaine, cette cotation secondaire de Canal +, déjà installée à la Bourse de Londres, « vise à garantir l’accès des investisseurs sud-africains à un acteur mondial de référence dans les médias et le divertissement, tout en renforçant la liquidité du marché local. Elle permettra également d’élargir la base d’actionnaires de Canal +, de confirmer son engagement à long terme en Afrique et de soutenir le développement de l’économie créative sur le continent », avait expliqué le groupe lors de la première annonce de ce projet en octobre.
Priorités à moyen terme
Du côté de sa stratégie à moyen terme, Canal + se concentrera sur quatre priorités : le redressement de MultiChoice, la progression de la rentabilité en Europe grâce à l’optimisation des coûts et l’activation de nouveaux leviers de croissance, le renforcement de la proposition de valeur de Canal + en Afrique et en Europe, ainsi qu’une politique rigoureuse de gestion des coûts et d’allocation du capital.
S’agissant de MultiChoice, le plan pour 2026 est établi. Canal + compte investir 100 millions d’euros pour accélérer le retour à la croissance de MultiChoice. Après une forte croissance de 2010 à 2023, sa rentabilité a été pénalisée ces dernières années du fait de facteurs macro-économiques négatifs, de l’échec commercial et financier de Showmax, ainsi qu'une forte inflation de la majorité des coûts, explique le groupe. Les solutions de court terme qui avaient été mises en place (hausse des prix, réduction des subventions sur la base d’abonnés) ont eu un effet négatif sur son parc de clients et empiré les problèmes de rentabilité préexistants.
Le plan d’action
En conséquence de quoi, le chiffre d’affaires de MultiChoice a baissé de 6 % en 2025, à 2,4 milliards d’euros, sous l’effet d’une baisse de la base d’abonnés, tandis que l’EBITA a reculé de 14 %, à 159 millions d’euros. Le plan de redressement s’appuiera ainsi sur quatre piliers : l’amélioration de la proposition de valeur sur le continent africain, la simplification de l’offre commerciale, la relance de la dynamique de recrutement d’abonnés et l’optimisation du modèle opérationnel. Cela se traduira par exemple, pêle-mêle, par la subvention des équipements des abonnés, la clarification de la tarification, ou encore la génération de synergies liées à la taille du groupe combiné.
En incluant MultiChoice, le groupe vise en 2026 un EBITA de 735 millions d’euros (dont 170 millions d’euros pour MultiChoice, avec synergies et plan d’investissement, soit une hausse de 11 millions d'euros sur un an), un flux de trésorerie opérationnel de plus de 600 millions d’euros avant éléments exceptionnels (dont 100 millions d’euros pour MultiChoice) et un flux de trésorerie disponible de plus de 250 millions d’euros. « À moyen terme, notre ambition pour Canal + est de générer plus de 850 millions d’euros de résultat opérationnel ajusté avant éléments exceptionnels, plus de 800 millions d’euros de flux de trésorerie opérationnel avant éléments exceptionnels et plus de 500 millions d’euros de flux de trésorerie disponible avant TVA et coûts de restructuration. À long terme, nous prévoyons une croissance des résultats au-delà de cette base », a précisé Maxime Saada.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

