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Macro-économie / Taux

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Guerre au Moyen-Orient : des chefs d’entreprise français qui gardent le cap / Incertitude en nette hausse dans l’industrie

Selon les premiers retours des chefs d’entreprise collectés par la Banque de France depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient, ceux-ci anticipent une activité « bien orientée » dans les services et l’industrie pour mars. Au sein de cette dernière, l’incertitude a toutefois fait un bond.
Cargo dans le détroit d'Ormuz - Photo par GIUSEPPE CACACE / AFP
Cargo dans le détroit d'Ormuz - Photo par GIUSEPPE CACACE / AFP

Il n’y a pas péril en la demeure. C’est ce que l’on ressent à lire la dernière enquête de conjoncture de la Banque de France. La collecte de cette traditionnelle étude de l’institut d’émission a été réalisée dans le cadre du début de la guerre au Moyen‑Orient que l’on peut dater au 28 février (mort de l’ayatollah Ali Khamenei). Un tiers des réponses ont été recueillies avant cet événement et deux tiers après (environ 8 500 entreprises interrogées).

En mars, dans l’industrie, les chefs d’entreprise anticipent une production « globalement bien orientée, en ligne avec sa tendance de long terme ». Aucun secteur n’envisage de contraction de l’activité. Après un mois de février jugé décevant, l’automobile pourrait rebondir. La dynamique serait également soutenue par les machines et équipements, les équipements électriques ainsi que les produits informatiques, électroniques et optiques. À l’inverse, l’aéronautique pourrait marquer le pas, avec « un léger ralentissement des cadences de production » attendu.

Les services marchands devraient également continuer de progresser en mars, mais à un rythme moins soutenu qu’en février. L’enquête signale notamment « un regain d’activité […] dans l’hébergement et la restauration ». Le travail temporaire resterait dynamique, « à un niveau supérieur à sa moyenne de long terme », tandis que l’édition et l’ensemble des services aux entreprises poursuivraient leur progression. En revanche, un repli est attendu dans la programmation-conseil et dans les services de location.

Le climat apparaît plus fragile dans le bâtiment. Les entrepreneurs anticipent « un net ralentissement de l’activité », avec même un léger recul dans le gros œuvre. Le second œuvre résisterait un peu mieux, principalement grâce aux travaux de rénovation.

Autre signal de prudence : les carnets de commandes. Fin février, ils sont jugés « fort dégarnis dans la majorité des secteurs », à l’exception notable de l’aéronautique, des équipements électriques et des produits informatiques-électroniques-optiques. Dans le bâtiment, la dégradation se poursuit pour le deuxième mois consécutif, les professionnels évoquant « un attentisme lié au contexte électoral ».

Sans surprise, l’incertitude connaît un net regain. Les dirigeants interrogés craignent notamment « une hausse rapide des prix du pétrole et du gaz », ainsi que « des perturbations significatives dans les flux logistiques d’approvisionnement et de distribution ». En lien notamment avec les perturbations affectant le détroit d'Ormuz, le prix du baril de Brent a crû d’un quart depuis le début de la guerre et celui du gaz naturel européen de deux tiers.

Dans ce contexte, certaines activités apparaissent très vulnérables. Les entreprises du transport se disent « particulièrement exposées à ces risques ».

À date, sur la base des informations de l’enquête, complétées par d’autres
données disponibles (indices de production dans l’industrie, enquêtes de l’Insee, ainsi que données à haute fréquence), la Banque de France estime que le Produit intérieur brut (PIB) pourrait progresser entre 0,2 % et 0,3 % au premier trimestre, après 0,2 % entre octobre et décembre 2025. "Au vu des développements géopolitiques récents, cette prévision technique est donc soumise à un aléa baissier, lié au conflit au Moyen‑Orient, pouvant perturber les chaînes d’approvisionnement et augmenter les coûts de l’énergie sur le mois de mars", indique la Banque centrale.

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