Macro-économie / Taux / Dette / dette souveraine / dette privée
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Dette / dette souveraine / dette privée
Les marchés mondiaux de la dette préoccupent l’OCDE / Le besoin de financement ne se tarit pas
Privé comme public sont toujours aussi gourmands de financements. Gouvernements et entreprises ont en effet besoin de larges flux pour pouvoir financer tantôt leur déficit et tantôt leurs investissements. Les chiffres donnent quelque peu le tournis lorsqu’on constate que les émissions d’obligations souveraines dans les pays de l’OCDE « devraient se hisser à un niveau record de 18 000 milliards de dollars en 2026, contre 12 000 milliards de dollars en 2022 ».
L’encours total de dette souveraine est ainsi désormais de 61 000 milliards de dollars cette année, là où il n’était que de 55 000 milliards de dollars en 2024 et ce bien que le ratio dette/PIB soit quant à lui demeuré stable - à quelque 83 %. Les entreprises de la tech pourraient cependant bien ravir ce rôle de premier plan sur les marchés obligataires, étant donné que du côté de l’OCDE on considère que leur structure de financement se modifie au fil du temps. Elles sont passées « d’un autofinancement fondé sur les flux de trésorerie internes à un recours accru aux financements externes afin de soutenir le développement de l’IA à forte intensité capitalistique, en particulier les centres de données ».
Appétit
Le recours aux marchés obligataires par ces acteurs pourrait s’accélérer dans les mois à venir et potentiellement bouleverser le marché. Les neuf entreprises qualifiées « hyperscalers » ont pour en effet pour ambition de déployer des dépenses d’investissement cumulées de 4 100 milliards de dollars entre 2026 et 2030, ce que l’OCDE considère être « environ 35 % de plus que les dépenses d’investissement totales de l’ensemble des entreprises non financières américaines en 2025 ».
Dès lors, le seul fait que la moitié de ces investissements soient satisfaits par les marchés obligataires, signifierait que les neuf entreprises « représenteraient 15 % de la moyenne mondiale de la dette annuelle émise par des sociétés non financières ». De quoi engendrer une concentration encore plus forte des marchés de dette alors même que les gouvernements ne peuvent pas compter autant que par le passé sur les Banques centrales, lesquelles sont nombreuses à avoir diminué la taille de leur bilan. Une situation que l’institution présente comme rendant le marché de plus en plus « tributaire d’investisseurs sensibles aux prix, tels que les fonds spéculatifs, les ménages et certains investisseurs institutionnels ». Ces investisseurs sont plus à même d’accroître la volatilité du marché - en raison de leur recours à des opérations qui sont bien souvent des transactions à effet de levier - et de transmettre celle-ci au marché des obligations d’entreprises. Les banques centrales demeurent néanmoins les principaux détenteurs nationaux de la dette publique dans la majorité de l’OCDE.
Facture
Une autre dynamique inquiète les équipes de l’OCDE, il s’agit de la hausse des rendements réels des obligations souveraines. Laquelle finit in fine par se propager à la dette du secteur privé. En réaction les emprunteurs souverains ne sont pas restés les bras croisés et ont émis « de la dette à des échéances plus courtes afin d’alléger le poids des charges d’intérêts. En 2025, la part des émissions assorties d’une échéance supérieure à 10 ans a atteint son plus bas niveau depuis 2009 pour les emprunteurs souverains, et le niveau le plus bas jamais enregistré pour les entreprises ».
Ce n’est pas une solution miracle pour autant. Le secrétaire général de l’OCDE, Mathias Cormann, estime plutôt qu’afin de « préserver la stabilité dans les années à venir tout en répondant aux besoins de financements publics et privés grandissants, les pouvoirs publics doivent remédier aux risques de volatilité générés par les transformations de la base d’investisseurs, poursuivre des politiques budgétaires saines visant à renforcer la viabilité de la dette et améliorer les perspectives de croissance à moyen terme ». Il faut dire que les entreprises subissent déjà les répercussions de cette hausse des taux, à la fin de l’année passée les titres assortis d’un taux d’intérêt supérieur à 4 % « représentaient la moitié de l’encours des obligations de catégorie investissement, tandis que 15 % des obligations de catégorie spéculative en circulation supportent un taux d’intérêt de 8 % ou plus, contre 10 % des obligations en circulation en 2021 ». Une tendance qui ne devrait pas s’arrêter de sitôt puisque « les besoins de refinancement à court terme se composent principalement de titres de dette émis à des taux avantageux ».
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