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Saint-Gobain a traversé les turbulences de 2025 sans ciller / Le terrain est prêt pour dérouler "Lead & Grow"
Saint-Gobain a de nouveau prouvé, en 2025, ses capacités de résistance. Au terme d’un exercice marqué par de nombreuses tensions macroéconomiques et géopolitiques, le géant des matériaux de construction a fait progresser son chiffre d’affaires de 2,1 % en monnaies locales (et stable à données comparables), à 46,5 milliards d’euros. Sa marge d’exploitation est restée équivalente à son record de 2024 (11,4 %) et ressort conforme à ses prévisions. Le résultat net, part du groupe, a progressé de 1,4 % pour se fixer à 2,9 milliards d’euros, tandis que le niveau de cash-flow libre s’est établi à 3,8 milliards d’euros. « Saint-Gobain a fait mieux que ses concurrents, dans les pays développés et les pays émergents. Et nous avons tenu notre rentabilité sur l’année », a souligné le président-directeur général de la compagnie, Benoit Bazin, en présentant les résultats.
Sur le front de l’activité, les bonnes nouvelles venues d’Europe, amorcées au troisième trimestre, se sont confirmées en fin d’année : après un recul de 2 % sur les six premiers mois de l’année, la zone a enregistré une croissance de 1,1 % au second semestre, en monnaies locales. Une première depuis la même période en 2022. La France s’est, de son côté, stabilisée en seconde partie d’année et a même renoué avec la croissance sur les trois derniers mois de 2025, avec des volumes en légère hausse de 1 %, grâce à une amélioration observée de la construction neuve.
La situation s’est révélée plus délicate en Amérique du Nord. L’activité du groupe (- 4,2 % en données comparables sur l’année) y a notamment pâti de volumes restés faibles du côté de son activité de toiture, en partie corrélée aux événements climatiques significatifs, tandis que le manque de vigueur du marché de la construction neuve aux États-Unis et au Canada a également pesé sur les solutions intérieures. En revanche, l’Amérique latine affiche une santé de fer (+ 13,5 % en monnaies locales, et près de 7 % en données comparables), tout comme l’Asie-Pacifique. L’activité y a bondi de 16,9 % en monnaies locales (2,4 % à données comparables), soutenue par la bonne intégration de Fosroc, annoncée en 2024 pour 1 milliard de dollars, ainsi que par la vivacité de l’Inde. Dans l’Asie et les pays émergents, Saint-Gobain a enregistré en 2025 une croissance de 12,6 % en monnaies locales.
Alignement de choix
L’intégration de Fosroc porte effectivement ses fruits, notamment pour la croissance de la plateforme de chimie de la construction du groupe. Un segment où la compagnie a nettement accéléré ces dernières années, au cours de son plan stratégique désormais achevé, « Grow and Impact ». Ce ne sont pas moins de 39 acquisitions qui ont été réalisées dans la chimie de la construction entre 2021 et 2025, les plus marquantes restant celles de Chryso, GCP, Cemix et donc Fosroc. Et la croissance de la plateforme est au rendez-vous : elle a atteint 15,9 % au total, en monnaies locales, en 2025. Saint-Gobain vise à réaliser 9 milliards d’euros de chiffre d’affaires grâce à la chimie de la construction à l’issue de sa nouvelle feuille de route à l’horizon 2030, « Lead and Grow », contre environ 6,5 milliards d'euros à date.
Trois raisons expliquent, selon Benoit Bazin, les performances réalisées par Saint-Gobain. D’abord, « la solidité de nos choix stratégiques, que nous déployons rigoureusement pour aller chercher de la croissance », a-t-il indiqué. Les acquisitions réalisées en 2025 représentent par exemple 860 millions d’euros de chiffre d’affaires et un EBITDA d’environ 220 millions d’euros. De même, le groupe a déployé 2 milliards d’euros d’investissements industriels l’an passé, enregistrant l’ouverture de 24 nouvelles usines et lignes de production afin de répondre à la croissance de ses zones prioritaires et vecteurs de croissance. Il est prévu que ces investissements se situent autour de 4,5 % du chiffre d’affaires en 2026.
Ensuite, son modèle opérationnel par pays, organisé de manière décentralisée, piloté par des dirigeants locaux responsables de l’intégralité des offres de solutions. De quoi pouvoir saisir des opportunités de croissance même lorsque la situation d’un marché se fait plus difficile, a indiqué Benoit Bazin, comme l’a par exemple illustré la prescription d’une quinzaine de solutions pour le nouveau terminal de l’aéroport JFK de New York, d’autres projets de complexes hôteliers au Mexique ou encore sa présence sur le chantier du nouveau centre hospitalier de Nantes. Des axes non résidentiels et d’infrastructures qui figurent d’ailleurs parmi les grandes lignes directrices de son nouveau plan stratégique et couvrant un certain nombre d’autres terrains porteurs, dont les data centers ou encore les infrastructures de transport.
La durabilité a de multiples facettes
Enfin, « notre longueur d’avance en matière de RSE. Saint-Gobain est reconnu par ses clients pour la construction durable », a indiqué Benoit Bazin. Une stratégie permettant de fournir des suites complètes de solutions aux clients et restant tirée par des besoins fondamentaux, de croissance démographique ou autres, selon les régions. « La construction durable, ce n’est pas seulement la mesure des émissions de CO2, ce sont aussi de meilleurs bâtiments, plus résistants au changement climatique », a-t-il rappelé, indiquant par exemple qu’il existait une prime verte d’environ 30 % en France et en Allemagne au regard de la valeur immobilière de l’efficacité énergétique d’un logement. Aux États-Unis, la résistance et la durabilité d’une toiture deviennent aussi des facteurs de remboursement de la part des compagnies d’assurances en cas d’intempéries.
Fort d’avoir atteint ou dépassé l’ensemble des objectifs financiers et stratégiques de « Grow and Impact », le groupe met donc le cap sur la suite et entend tirer parti de son profil actuel. « Notre stratégie dynamique a façonné un Saint-Gobain conquérant et solide pour aller gagner de nouveaux marchés. L’optimisation de notre périmètre a été active et créatrice de valeur, avec une rotation de 40 % des ventes depuis 2018 », a indiqué Benoit Bazin. Environ 10 milliards d’euros de chiffre d’affaires ont été acquis, et 7 milliards cédés sur la période, ce qui a conduit à une hausse de la rentabilité, profitant de la contribution équilibrée de ses trois zones géographiques - Asie et pays émergents, Europe occidentale et Amérique du Nord. En 2025, 1,2 milliard d’euros de chiffre d’affaires ont été renouvelés.
L’année 2026 sera ainsi placée sous le signe de l’exécution de sa nouvelle feuille de route, accompagnée de l’objectif d’une marge d’Ebitda de plus de 15 % (elle était de 15,5 % en 2025). Le premier semestre devrait être pénalisé par les conditions météorologiques extrêmes en Europe et en Amérique du Nord depuis le début de l’année, indique le groupe. Les actionnaires se verront quant à eux proposer un dividende de 2,30 euros au titre de l'exercice 2025, en hausse de 4,5 %, lors de leur prochaine assemblée générale du 4 juin.
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