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Edenred prouve sa résistance aux vents contraires / Des revenus et un cash record qui rassurent les marchés

Malmené en Bourse l’année dernière par les incertitudes réglementaires en Italie, au Brésil et en France, Edenred n’en affiche pas moins une solidité impressionnante. En 2025, le spécialiste des avantages aux salariés et des solutions de mobilité a signé des performances record, portées par la diversification de ses activités, la puissance de sa plateforme et une stricte discipline financière. De quoi lui donner les moyens de financer à la fois dividendes, investissements stratégiques et acquisitions, tout en réaffirmant ses ambitions de croissance à moyen terme.
Bertrand Dumazy (JOEL SAGET / AFP)
Bertrand Dumazy (JOEL SAGET / AFP)

Bertrand Dumazy, président-directeur général d’Edenred, aime à rappeler que « les marchés ont toujours raison, mais pas tous les jours ». Ce mardi, les investisseurs ne s’y sont pas trompés. Après avoir caracolé en tête du SBF 120 toute la matinée, le titre Edenred progressait encore de 5,47 % à la mi-journée.

 

Résilience et forte croissance malgré les turbulences réglementaires

 

Il faut dire que, malgré les turbulences réglementaires que le groupe a subies – et continue de subir – en Italie, au Brésil et en France (un « orage magnétique » qui lui a coûté sa place au CAC 40 en décembre dernier), la puissance de sa plateforme a pleinement révélé son potentiel en 2025. De fait, l’entreprise a démontré sa capacité de résilience grâce à la diversification de son portefeuille d’activités et à son implantation géographique équilibrée. Elle a enregistré des performances record : le revenu total s’est établi à 2,961 milliards d’euros, en croissance organique de 6,2 % sur un an, portée notamment par une accélération commerciale au second semestre.

Dans le détail, l’activité Avantages aux salariés progresse de 5,9 %, tandis que la division Mobilité affiche une hausse de 11,7 %. L’Europe, malgré un contexte réglementaire exigeant, enregistre une progression de 1 % sur un an (elle aurait atteint 5 % hors impact italien) tandis que l’Amérique latine progresse de 13,2 %, dont près de 15 % au Brésil sur les avantages aux salariés.

L’excédent brut d’exploitation (EBITDA) opérationnel a, quant à lui, augmenté de 13,7 %, à 1,131 milliard d’euros – au-delà des objectifs –, dégageant une marge de 41,4 %, en hausse de 2,8 points sur un an. La marge d’EBITDA s’établit à 45,9 %.

 

Une discipline financière et une génération de cash record

 

Des résultats qui s’inscrivent dans le cadre du programme « Fit for Growth », mis en place fin 2024. La première phase, menée l’an dernier, a consisté en un recalibrage des dépenses : renégociation des conditions contractuelles avec les fournisseurs et les distributeurs, internalisation de compétences technologiques clés, etc. « Cela nous a permis de contenir la hausse de nos dépenses à 1,3 %, alors que, dans le même temps, le revenu opérationnel progressait de 6,2 % », a souligné la directrice générale Finance, Virginie Duperat-Vergne, lors de la présentation des résultats du groupe.

Des efforts supplémentaires qui ont permis à Edenred de générer au total un free cash-flow record de 1,11 milliard d’euros en 2025, avec un taux de conversion amélioré à 82 % et de faire reculer la dette nette à 1,2 milliard d’euros (contre 1,8 milliard un an plus tôt), ramenant le levier financier à 0,9 fois l’EBITDA.

 

Cap sur Amplify

 

De quoi se montrer très généreux avec les actionnaires – un dividende en hausse de 10 % sera proposé lors de l’assemblée générale de mai prochain – et de poursuivre les investissements dans le cadre de son nouveau plan stratégique « Amplify 2026-2028 », celui-ci prévoyant pour mémoire des Capex compris entre 6 % et 8 % dans les années à venir, après 520 millions d’euros engagés en 2025. « Notre structure financière nous permet de maintenir une stratégie de M & A afin de consolider nos positions et soutenir notre croissance. Ces investissements doivent également accélérer la convergence de nos plateformes, renforcer nos leviers opérationnels et offrir à nos clients un parcours au sein de nos applications véritablement best in class », a déclaré Bertrand Dumazy.

Si 2026 est annoncée comme une année de "rebasage", marquée par la volatilité réglementaire et une contraction attendue du profil opérationnel comprise entre -8 % et -12 %, la direction se veut confiante, en réaffirmant son objectif d’une progression comprise entre 8 % et 12 % par an pour les exercices 2027 et 2028. En Italie, le changement de commission sur les titres-restaurant est désormais acté. Surtout, le pays a voté en fin d’année une hausse de 25 % de la valeur faciale du titre-restaurant, passant de 8 à 10 euros - une première en six ans -, ce qui devrait permettre au groupe de renouer avec un rythme de croissance de l’ordre de 10 %, assure Edenred.

 

Une année de transition avant un nouveau cycle de croissance

 

En France, la réforme attend certes toujours son passage au Parlement, mais au Brésil, après avoir obtenu la suspension en justice du décret présidentiel, le groupe attend désormais la décision finale probablement en fin d’année, l’État ayant fait appel et disposant encore de voies de recours multiples. « Sur le fond le gouvernement brésilien, comme nous, sommes convaincus que les programmes d’aide à l’alimentation des travailleurs doivent être renforcés. Nous poursuivons donc le dialogue au-delà du cadre légal, avec l’objectif de trouver des solutions constructives. D’autant que des élections générales se tiendront au Brésil en octobre prochain », a souligné le président-directeur général.

 

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