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TotalEnergies encaisse haut la main le choc / Une rentabilité au sommet (et de loin) des majors

À la mi-journée, TotalEnergies affichait l’une des plus fortes hausses du CAC 40, soutenue par une politique généreuse de retour aux actionnaires, malgré un exercice 2025 en repli. Face à la baisse des prix du pétrole et à un bénéfice en retrait, le groupe choisit en effet de maintenir coûte que coûte dividende et rachats d’actions, tout en maîtrisant son bilan. Il faut dire aussi que la compagnie affiche tout particulièrement sa confiance pour 2026 avec sa stratégie à deux piliers alliant hydrocarbures et électricité.
Patrick Pouyanné (Photo : Ludovic MARIN / AFP)
Patrick Pouyanné (Photo : Ludovic MARIN / AFP)

Quand d’autres reculent, TotalEnergies reste plus que jamais bien campée sur ses deux jambes. Dans un environnement marqué par une chute de 15 % des prix du pétrole en 2025, la major française a pourtant fait état, ce mercredi, d’un bénéfice net en repli de 17 %, à 13,1 milliards de dollars, pour un chiffre d’affaires de 201,1 milliards de dollars, contre 214,5 milliards en 2024. Un recul certes, mais sans commune mesure avec le choc subi par certains concurrents : le britannique BP a vu son bénéfice net s’effondrer de 86 %, à seulement 55 millions de dollars l’an dernier, le contraignant à stopper ses rachats d’actions pour se concentrer sur son désendettement.

Pour Patrick Pouyanné, PDG de la compagnie, le message est clair : « TotalEnergies démontre une nouvelle fois sa capacité à résister à la baisse des prix des hydrocarbures grâce à la croissance de sa production Amont, de 3,9 % en 2025, dépassant la guidance annoncée à plus de 3 % », a-t-il affirmé ce mercredi matin.

 

Une croissance qui compense la baisse du baril

 

La clé de cette résistance tient en un mot : volumes. La production d’hydrocarbures a progressé de près de 4 % l’année dernière, grâce notamment à la montée en puissance et aux démarrages de projets au Brésil, aux Etats-Unis, en Argentine et au Danemark. Mieux, cette croissance est dite « accrétive » , les nouveaux projets rapportant davantage que les anciens. « Ce qui fait que l’on a compensé sur l’année 2025, 5 dollars du baril grâce à la nouvelle production. Nous continuerons à la faire en 2026. En deux ans, nous aurons absorbé 10 dollars du baril. Et cela tombe bien car le baril est attendu un peu baissier. Notre hypothèse pour l’année est plutôt à 60 dollars », a expliqué le président-directeur général.

En 2026, la production devrait encore croître d’environ 3 %, toujours de façon créatrice de valeur, soutenue par la montée en puissance des projets démarrés en 2025, les démarrages attendus en 2026 (notamment Lapa au Brésil, Ratawi en Irak, North Field East au Qatar, TFT II & Sud en Algérie, Tilenga en Ouganda). Ces nouveaux barils devraient permettre une croissance du cash-flow de 7 % à 60 dollars du baril, plus élevée que la croissance de la production.

 

Deux piliers stratégiques immuables

 

Et TotalEnergies de réaffirmer sa stratégie claire, structurée autour de deux jambes : les hydrocarbures (pétrole et gaz) et l’électricité.

Côté gaz, 2026 sera une année de transition. La demande européenne augmente et devrait encore croître en 2027, après la décision de l’Union européenne de bannir les importations de gaz russe. Une réorganisation des flux qui bénéficie à TotalEnergies, « nous sommes le principal acteur de la sécurité d’approvisionnement de l’Europe, notamment en provenance des États-Unis », souligne Patrick Pouyanné.

Côté électricité, le virage se confirme. En 2025, le cash-flow s’élève à 2,6 milliards de dollars, en ligne avec l’objectif annoncé. La rentabilité des capitaux moyens employés est de 10 %. La production renouvelable a progressé de 21 %, celle des centrales à gaz de 11 %. Au total, la production électrique a bondi de 17 %.

Le rachat d’actifs flexibles de production d’électricité à EPH, propriété de Daniel Kretinsky - désormais actionnaire à plus de 4 % de TotalEnergies - marque une étape aussi majeure. L’opération devrait générer près de 750 millions de dollars de cash-flow annuel supplémentaire. « L’année a été marquée par deux événements : l’accord avec EPH, qui nous apporte une capacité importante de centrales à gaz flexible en Europe pour complémenter notre portefeuille renouvelable, et le décollage du marché des data centers, notamment avec un accord signé il y a quelques jours avec Google pour un gigawatt », a insisté Patrick Pouyanné, ajoutant « l’opération EPH a été une très bonne nouvelle. Bien qu’accompagnée d’une émission d’actions (3,5 % à 5 % de dilution), l’opération a été saluée par les marchés. Le titre a gagné environ 10 % après l’opération, preuve que la diversification électrique est désormais perçue comme créatrice de valeur ».

 

La meilleure rentabilité des majors

 

Fort de cette confiance, le groupe a décidé de maintenir le cap sur la rémunération des actionnaires. Le dividende proposé au titre de 2025 s’élèvera à 3,40 euros par action, en hausse de 5,6 % (et de 13 % en dollars). À cela s’ajoute un programme de rachats d’actions compris entre 3 et 6 milliards de dollars, dont 750 millions dès le premier trimestre. À 60 dollars le baril en 2026, le groupe anticipe un surplus de trésorerie d’environ 3 milliards de dollars, destiné aux rachats d’actions, tout en maintenant la priorité à l’investissement.

Le bilan reste quant à lui solide : 15 milliards de capitaux employés, un taux d’endettement de 14,7 %, avec un objectif maintenu à 15 %. « La position du conseil d’administration est claire : nous n’endetterons pas l’entreprise davantage. La priorité, c’est l’investissement, puis un bilan en bonne santé », a répété Patrick Pouyanné.

Le groupe revendique par ailleurs « les meilleurs » niveaux de rentabilité des capitaux employés du secteur, à 12,6 %, ainsi qu’un retour à l’actionnaire de 28 %, le plus élevé. Autre élément confortant la compagnie dans sa stratégie : TotalEnergies a gagné l’année dernière en actionnaires individuels : 730 000 en France, soit 80 000 de plus que l’année précédente.

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