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Publications, Résultats

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L’envolée prévue des investissements d’IA chez Alphabet peine à convaincre / Même s'ils ont fait leurs preuves en 2025

La maison mère de Google est sanctionnée ce jeudi à Wall Street, après avoir pourtant publié des résultats annuels en croissance à tous les étages. Une dynamique ayant profité des investissements de la firme dans l’intelligence artificielle, assure-t-elle, comptant donc bien accélérer tête baissée en ce sens. Leur explosion prévue pour l’année prochaine semble néanmoins avoir jeté un froid sur les marchés, qui attendent les géants de la Tech au tournant à ce sujet.
Sundar Pichai, CEO d'Alphabet. (Photo : Vincent Feuray / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)
Sundar Pichai, CEO d'Alphabet. (Photo : Vincent Feuray / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)

Les publications financières des géants de la Tech américaine se suivent depuis la semaine dernière… et se ressemblent sur un point : celui de contenir des annonces d’investissements massifs pour porter leurs avancées dans l’intelligence artificielle (IA). Alphabet n’a pas fait défaut à cette règle en faisant savoir, mercredi après la clôture de Wall Street, que la firme allait dépenser entre 175 milliards et 185 milliards de dollars en 2026 pour ce faire. D’après le consensus rassemblé par LSEG, les analystes prévoyaient qu’elles se situeraient aux alentours de 115 milliards de dollars.

D’autant que le relèvement de cap est majeur, après les 91,4 milliards de dollars ayant été engagés en 2025. Cette enveloppe sera destinée à « répondre à la demande des consommateurs et capitaliser sur les opportunités croissantes que nous avons devant nous », a assuré Sundar Pichai, le patron de la maison mère de Google, à l’occasion de la publication. « Nous constatons que nos investissements et nos infrastructures pour l’IA alimentent les revenus et la croissance », a-t-il poursuivi. Il est vrai que les comptes de la firme en témoignent. Au quatrième trimestre de son exercice fiscal 2025, ses revenus consolidés se sont appréciés de 17 % à taux de change constants sur un an, à près de 114 milliards de dollars. À l’échelle de l’année, ils ont dépassé, pour la première fois, les 400 milliards de dollars.

L’accélération de la croissance trimestrielle reflète à la fois celle de la division services, mais aussi du cloud. Mieux : le chiffre d’affaires tiré de cette dernière a bondi de 48 % sur un an, à 17,7 milliards de dollars, « grâce à une augmentation de Google Cloud Platform (CGP) dans l’infrastructure d’IA et les solutions IA d’entreprises, ainsi que dans les produits CGP de base », détaille Alphabet. Le lancement de Gemini 3 au mois de novembre, son dernier grand modèle de langage, lui a notamment permis de gagner des parts de marché auprès des entreprises. Le bénéfice opérationnel de Google Cloud s’est aussi envolé, en doublant, pour atteindre plus de 5,3 milliards de dollars au titre des trois derniers mois de son exercice.

 

Pas suffisant

 

« Nous sommes impressionnés par la manière dont Alphabet continue d’intégrer l’IA dans Google Search. En ajoutant des fonctionnalités telles que les aperçus IA et le mode IA, l’entreprise a non seulement atténué la menace concurrentielle réelle que représentent les chatbots (d’IA générative), mais elle a également augmenté le nombre de requêtes et le prix des annonces par requête », commente Malik Ahmed Khan, analyste chez Morningstar. La progression de ses revenus liés aux activités publicitaires est de plus de 10 milliards de dollars et dépasse 82 milliards de dollars. Au total, le bénéfice opérationnel de Google Services s’affiche, lui aussi, en nette progression. Il est passé de 33 milliards de dollars au quatrième trimestre de 2024, à 40 milliards de dollars un an plus tard.

Tout ceci n’aura néanmoins pas suffi à convaincre les marchés. En dépit de cet ensemble de bonnes nouvelles, la publication a été froidement accueillie à Wall Street. Déjà en recul dans les échanges électroniques d’après-clôture, le titre Alphabet s’enfonce en territoire négatif, à hauteur de plus de 6,5 %, depuis l’ouverture de la Bourse new-yorkaise. En cause, cette nouvelle accélération dans la course aux investissements dans l’IA qui produit des doutes sur la rentabilité future de l’entreprise. D’autant que malgré une nette accélération de l’activité, la marge opérationnelle annuelle a stagné à 32 %. « Bien que les résultats restent optimistes, il est important de prendre du recul et de rester conscient des coûts associés à l’IA. La direction a annoncé environ 180 milliards de dollars de dépenses d’investissement en 2026, soit une augmentation de 97 % par rapport à l’année précédente et 38 % de nos prévisions de ventes pour l’année », rappelle Malik Ahmed Khan. « Le marché envoie un message clair : l’heure n’est plus aux promesses sur l’intelligence artificielle, mais aux preuves concrètes de monétisation », abonde John Plassard, associé chez Cité Gestion.

De fait, les précédentes publications des géants de la Tech l’avaient déjà prouvé. Les investisseurs les attendent au tournant, quant aux retombées véritables qu’ils parviennent à tirer de leurs dépenses monstres. Si Meta avait également annoncé relever nettement la barre de ses investissements en IA, la firme de Mark Zuckerberg était ressortie gagnante de son test annuel, grâce à des résultats supérieurs aux attentes des marchés, ayant aussi attesté de sa capacité à monétiser l’IA. Microsoft, de son côté, avait été sanctionné pour un légère déception dans sa division cloud, particulièrement scrutée, ainsi qu’une prévision de croissance décevante pour cette dernière. Ce qui, accompagné d’une annonce d’investissements en nette hausse, n’avait pas manqué d’interpeller les marchés.

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