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ArcelorMittal table sur un sursaut de la demande d’acier en 2026 / Le retour à meilleure fortune en Europe devrait être plus progressif
ArcelorMittal compte sur 2026 pour ouvrir un nouveau chapitre. Le sidérurgiste a publié jeudi ses résultats annuels, qui ont témoigné d’un léger recul de ses ventes. Son chiffre d’affaires a en effet baissé de 1,7 %, à 61,4 milliards de dollars, ceci en raison de la pression sur les prix de l’acier. Son excédent brut d’exploitation (Ebitda) a quant à lui atterri à 6,5 milliards de dollars, en recul de 7,3 % sur un an. "Ce recul s’explique principalement par la baisse des résultats en Amérique du Nord (affectée par les droits de douane imposés et la maintenance au Mexique) et par la diminution des contributions de l’Inde, des coentreprises et du Brésil en raison de la baisse des prix", précise le groupe. En revanche, son bénéfice net a plus que doublé : il s’affiche à 3,15 milliards de dollars, contre 1,34 milliard de dollars en 2024. Il a profité d’effets de change positifs, précise l’entreprise, alors même que l’appréciation du dollar ne lui avait pas été favorable l’an passé.
L’année 2025 aura été « charnière pour l’industrie sidérurgique mondiale », a indiqué son directeur général, Aditya Mittal, à l’occasion de la publication. Et tout particulièrement en Europe. Prenant acte d’une concurrence internationale (plus spécifiquement chinoise) déloyale, Bruxelles a en effet proposé de nouvelles mesures commerciales pour protéger les industriels du secteur, ou encore acté une évolution de son mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF). « Ensemble, ces mesures permettront aux producteurs européens de retrouver des niveaux d’utilisation durables et de générer des rendements sains sur le capital », a poursuivi le patron du géant de l’acier.
Le temps réglementaire
Certes, les avantages de ces changements réglementaires pourraient ne pas se lire tout de suite. Plutôt au second semestre de 2026 et en 2027, a précisé Aditya Mittal, dans la mesure où les propositions de la Commission européenne, présentées au mois d’octobre, restent en voie d’adoption. « Nous sommes très bien placés pour tirer parti de cette orientation », a toutefois indiqué le directeur général du groupe, ne distillant pas davantage d’indices sur le calendrier des investissements à venir pour décarboner ses sites européens, qui avait été conditionné à une meilleure protection effective de la part de l’Europe. Au mois de décembre, ArcelorMittal avait néanmoins annoncé injecter 500 millions d’euros sur son site de Mardyck, dans le nord de la France, afin de lancer une nouvelle filière d’aciers électriques.
Sans détailler la manière dont ils seront répartis, ArcelorMittal prévoit en tout cas de déployer entre 4,5 milliards et 5 milliards de dollars d’investissements en 2026, dédiés à la transition énergétique, à de nouvelles infrastructures ou aux systèmes de mobilité, entre autres. ArcelorMittal estime en effet être en bonne position pour capter la demande à moyen et long termes d’acier. À plus court terme, le groupe prévoit d’ailleurs qu’elle grandira : en 2026, il s’attend à ce qu’elle progresse de 2 % dans le monde, hors Chine. « La société prévoit une augmentation de la production et des expéditions d’acier dans toutes les régions en 2026 par rapport à 2025, soutenue par des améliorations opérationnelles et l’impact des mesures de protection commerciale », assure ArcelorMittal. Et de rappeler, de nouveau, que l’Europe devrait plus particulièrement profiter d’un regain progressif de parts de marché des aciéries nationales, grâce à de plus faibles importations à venir. Si les propositions de Bruxelles étaient bien adoptées, alors le quota d’acier importé devrait être réduit de moitié, et les droits de douane portés à 50 % (contre 25 % actuellement) sur les importations excédentaires.
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