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Macro-économie / Taux

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France : des annonces d’investissements records en 2025 / Les data-centers raflent la mise

Avec près de 125 milliards d’euros d’investissements annoncés en euros constants, la France bat ses précédents records, selon le cabinet Trendeo. Derrière ce chiffre se cache une économie portée par quelques méga-projets très capitalistiques, dont l’impact sur l’emploi reste limité.
Usine en France - Photo par ARNAUD FINISTRE / AFP
Usine en France - Photo par ARNAUD FINISTRE / AFP

En 2025, les data centers propulsent les annonces d’investissements. Selon l’étude du cabinet Trendeo, en France, « l’investissement annoncé atteint un record en 2025 avec environ 125 milliards d’euros constants », soit « le double du niveau de 2022 qui constituait le précédent pic ». Une performance inédite en apparence, mais largement gonflée par un phénomène nouveau : l’irruption massive des data centers.

Ces derniers concentrent à eux seuls « environ 67 milliards d’euros, soit plus de la moitié du total ». Hors hébergement de serveurs, l’investissement retombe autour de 60 milliards d’euros, « un niveau comparable à 2024 et en ligne avec la tendance haussière observée depuis 2015 ».

Jusqu’en 2023, les data centers restaient marginaux dans les montants investis. En deux ans, le paysage a radicalement changé : « en 2025, ils déforment complètement la lecture ». Cette explosion est liée à « quelques méga-projets annoncés lors du sommet Choose France », portés notamment par un consortium franco-émirati, Fluidstack ou Brookfield/Data4, avec « des montants unitaires qui se chiffrent en dizaines de milliards d’euros ».

Ce basculement est d’autant plus frappant que les trois piliers historiques - production industrielle, services et énergie - continuent de progresser et restent « au-dessus de leurs niveaux de 2023 », même si l’industrie accuse « un recul de 35 % par rapport à 2024 ».

La question centrale devient alors celle du contenu en emplois de cet investissement record. Le constat est le suivant : « ces projets très capitalistiques génèrent peu de postes au regard des montants engagés », avec « environ 2 800 emplois pour 67 milliards investis » dans les data centers.

Plus largement, 2025 se caractérise par « une économie qui tourne en dessous de son rythme habituel en nombre de projets ». Le nombre d’annonces positives tombe à 3 200, contre une moyenne annuelle de 3 600, un recul qui touche « la quasi-totalité des types d’activité ». Les créations brutes d’emplois sont « en retrait par rapport à la moyenne sur presque tous les types d’activité ».

Trendeo résume la situation comme « le paradoxe de 2025 » : des montants d’investissement sans précédent, mais tirés par « une poignée de grands projets très capitalistiques et pauvres en emplois ». La logistique fait figure d’exception, seule activité dont les créations dépassent la moyenne, tandis que les services et l’industrie restent les premiers contributeurs en volume, « mais nettement en dessous de leur moyenne historique ».

Le passage à l’emploi net accentue les contrastes puisque si les services conservent la première place et que la logistique confirme « une année particulièrement forte », la production industrielle s’effondre. "Première ou deuxième catégorie en créations brutes, elle tombe à l’avant-dernière position en emploi net, avec un solde quasi nul", lit-on dans le rapport.

Le ratio d’investissement par emploi créé, longtemps stable, « double à partir de 2022 pour atteindre environ 0,6 million d’euros en 2025 » hors data centers, et « dépasse 1,2 million d’euros » lorsqu’ils sont inclus. « L’envolée du ratio global n’est donc pas uniquement un artefact des data centers : il y a un mouvement de fond », souligne le cabinet Trendeo.

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