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Publications, Résultats / Loro Piana

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LVMH renforce un peu plus sa participation dans Loro Piana / Savoir-faire rares et création de valeur durable

En renforçant sa participation au capital de Loro Piana, LVMH consolide bien plus qu’un actif de luxe. L’opération illustre une stratégie fondée sur la maîtrise des savoir-faire les plus rares, un dialogue de long terme avec les familles fondatrices et une création de valeur inscrite dans le temps.
Chez Loro Piana, LVMH renforce son contrôle tout en maintenant l’implication de la famille fondatrice (Photo by MATTHIAS BALK / DPA / dpa Picture-Alliance via AFP)
Chez Loro Piana, LVMH renforce son contrôle tout en maintenant l’implication de la famille fondatrice (Photo by MATTHIAS BALK / DPA / dpa Picture-Alliance via AFP)

« Chez Loro Piana, on a un seul problème, c'est qu'il faut freiner la croissance. » La formule, lâchée mardi soir par Bernard Arnault lors de la présentation des résultats annuels de LVMH, éclaire la singularité du positionnement de la maison italienne au sein du groupe. « On ne veut pas aller trop vite, parce qu'il faut que la qualité des produits se maintienne », ajoutait-il aussitôt, avant d’en tirer une conséquence très opérationnelle : « Et donc, dès que ça s'emballe un peu, on freine. » Moins une exception qu’une illustration des arbitrages propres au luxe, cette approche est cohérente avec l’ADN de Loro Piana, dont la réputation s’est construite sur la maîtrise de matières premières parmi les plus rares au monde.

Ce modèle reste étroitement incarné par la famille fondatrice. Maria Luisa Loro Piana, veuve de Sergio Loro Piana, et Pier Luigi Loro Piana, fils de Franco et représentant de la quatrième génération, siègent toujours au conseil et demeurent très impliqués dans les choix industriels. « Par exemple, Pier Luigi Loro Piana va régulièrement au Pérou pour s'occuper des vigognes », a souligné Bernard Arnault. « Ça ne vous dit peut-être rien, mais nous avons sauvé cette espèce qui était complètement en déclin. » L’exemple en dit long sur le degré d’implication opérationnelle de la famille. La vigogne, camélidé andin à la toison extrêmement fine, fournit une fibre parmi les plus précieuses du monde, au cœur de certaines pièces emblématiques de Loro Piana. « Grâce à cette activité-là, nous disposons aujourd’hui de plusieurs milliers d’hectares au Pérou où l’on élève des vigognes », a poursuivi le dirigeant. Et grâce à ce mammifère d'Amérique du Sud vivant sur les hauts plateaux de la cordillère des Andes, « nous faisons  des produits absolument uniques. », manière très concrète d’illustrer une stratégie fondée sur la maîtrise directe des ressources rares.

Des propos qui ne sont pas fortuits. LVMH a annoncé, à l’occasion de la publication de ses résultats 2025, le renforcement de sa participation au capital de la maison italienne. « On vient de racheter une partie de la participation de Maria Luisa et Pier Luigi Loro Piana, qui sont associés avec nous depuis le début », a expliqué Bernard Arnault. Plus précisément, le groupe a exercé une option prévue dès l’entrée de Loro Piana dans son périmètre en 2013, faisant passer sa participation de 85 % à 94 % par l’acquisition de 9 % supplémentaires pour un montant d’un milliard d’euros, la famille conservant une part minoritaire. « On leur a racheté une partie, parce qu'ils ont voulu en garder une partie », a-t-il précisé, soulignant la logique de continuité actionnariale retenue par les deux parties.

Au travers de ce mouvement capitalistique, Bernard Arnault a mis en perspective la création de valeur en rappelant l’ordre de grandeur de la valorisation retenue lors de l’acquisition par LVMH : « Quand nous avons acquis cette entreprise, nous l’avons payée, je crois, deux milliards, contre environ dix aujourd’hui » « Voilà, à peu près le ratio », a-t-il ajouté. En réalité, la valorisation de Loro Piana se situe plus précisément autour de 11 milliards d’euros. L’occasion pour le dirigeant de rappeler la philosophie du groupe dans ses partenariats de long terme : « Quand on s'associe avec nous, les entreprises se développent dans la durée […] et les actionnaires familiaux, en particulier, font aussi de bonnes affaires. »

La gouvernance traduit cet équilibre entre contrôle renforcé et continuité. Antoine Arnault a présidé le conseil d’administration, tandis que Frédéric Arnault occupe depuis juin 2025 les fonctions de directeur général. La famille Loro Piana conserve, elle, un rôle actif dans la supervision stratégique et la préservation du savoir-faire. En augmentant sa participation sans rompre l’équilibre actionnarial historique, LVMH prolonge une approche éprouvée, fondée sur un dialogue de long terme avec les familles fondatrices, déjà mise en œuvre lors des rapprochements avec Bulgari ou Fendi, afin de préserver l’identité des maisons et l’exigence d’excellence qui les caractérise.

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