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Macro-économie / Taux / OCDE / Portugal / Politique économique

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OCDE / Portugal / Politique économique

L’OCDE exhorte le Portugal à ne pas relâcher ses efforts / Lisbonne a fort à faire pour maintenir sa croissance

Un bon élève qui doit poursuivre ses efforts, le Portugal a réussi à redresser la barre de façon spectaculaire ses dernières années. Le pays enregistre un excédent courant année après année, connaît la croissance - 2,1 % en 2024 - et sa dette devrait passer sous les 90 % du PIB en 2026 - après avoir été supérieure à 130 % en 2011. Pour autant l’OCDE indique dans son étude économique consacrée au pays ibérique qu’il faut mettre en œuvre des réformes pour venir à bout des défis portugais, qu’il s’agisse du manque de main-d’œuvre, du vieillissement de sa population ou encore des problématiques climatiques.
Drapeau du Portugal. Photo by Luis Boza / NurPhoto / NurPhoto via AFP
Drapeau du Portugal. Photo by Luis Boza / NurPhoto / NurPhoto via AFP

Difficile de se reposer sur ses lauriers pour Lisbonne. Enviée par nombre de gouvernements du Vieux continent, sa santé économique s’est certes largement améliorée ces dernières années, cependant l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) estime que Lisbonne doit s’atteler à mettre en place un certain nombre de réformes au plus vite. Sans cela, l’économie pourrait prochainement voir certains de ses maux s’aggraver.

Pas question pour autant de nier les progrès réalisés ces dernières années, l’OCDE exposant notamment que "l’excédent record du compte courant en 2024 reflète une meilleure compétitivité commerciale, une augmentation de l’épargne des ménages et une baisse des ratios d’endettement des ménages et des entreprises". Ces bonnes nouvelles n’ont pas pour l’heure éloigné les défis structurels portugais, lesquels "menacent la croissance à long terme et la viabilité budgétaire". L'un des paradoxes portugais est que le taux de chômage historiquement bas de 6,4 % - en 2024 - est aussi un exemple des faiblesses du pays de la péninsule ibérique.

 

Piège

 

La croissance et la productivité sont effectivement menacées, l’institution expliquant que "la pénurie de main-d’œuvre et la faiblesse des investissements (passés et actuels ndlr) limitent la capacité des entreprises à se développer, se relever et innover ". Une pyramide des âges défavorable est également problématique puisque la main-d’œuvre disponible risque de se réduire encore davantage au cours des prochaines années. L’étude évoquant également les difficultés rencontrées par les jeunes actifs pour se loger, puisqu’ils sont confrontés à une hausse rapide de l’immobilier.

Un risque que soulignait récemment Chloë Colin, économiste chez Coface, laquelle souligne que les prix des logements "ont bondi de 80 % en 10 ans et seraient surévalués de 35 %". Une situation qu’elle estime pousser "de nombreux jeunes à quitter le pays, ce qui renforce encore le vieillissement de la population ", alors même que seule l’Italie a une population plus âgée en Europe. L’héritage du redressement opéré les autres années est également une productivité que l’experte considère comme "faible parce que l’économie est spécialisée dans des secteurs à faible valeur ajoutée comme le tourisme ou la construction ".

 

Accumulation


Comme si cela ne suffisait pas, les équipes de l’OCDE soulignent qu’afin d’atteindre les différents objectifs sur le plan climatique et faire face aux risques liés au climat, il faudra investir massivement en conséquence. Deux axes d’efforts se dégagent dès lors clairement, d’une part l’augmentation de l’offre de logements, d’autre part la mise en œuvre de politiques climatiques bénéfiques pour l’économie in fine. Il importe d’autant plus que ces mesures soient mises en œuvre au plus vite que l’un des moteurs actuels de la croissance, le plan de relance et de résilience et les fonds européens associés, cessera de jouer à compter de la fin de 2026.

Les problématiques liées à la démographie et au marché du travail seront moins aisées à résoudre et nécessiteront - à l’instar d’autres pays tels que la France - un plus long horizon temporel pour être résolus. Les recommandations sont notamment d’une prolongation de la vie active, d’une attention renforcée auprès des populations proportionnellement moins qualifiées ainsi que celles relativement moins intégrées au marché du travail. On y retrouve les femmes ou encore les travailleurs les plus âgés. À titre d’exemple, il est souligné que "bien que les dépenses consacrées aux politiques actives du marché du travail soient légèrement supérieures à la moyenne de l’OCDE, il est possible de mieux cibler les politiques d’activation sur les travailleurs âgés, notamment en rééquilibrant les dépenses en faveur de la formation et de l’orientation".

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