Fintech
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Malgré le recul des levées de fonds, les fintechs françaises restent ancrées sur leurs appuis / D’autres voyants sont au vert
Les fintechs n’échappent pas à la règle. Alors que les levées de fonds des start-ups françaises ont été orientées à la baisse au fil de 2025, celles des innovateurs des secteurs financier, bancaire et assurantiel ont aussi accusé le coup. D’après le rapport annuel de l’Observatoire de la Fintech, les montants levés par les fintechs françaises ont atterri à 1,1 milliard d’euros cette année, soit une baisse de 22 % sur un an (1,37 milliard d’euros en 2024). "Nous étions partis confiants au terme du premier semestre, mais le second a finalement été moins dynamique. Il reste néanmoins à souligner que ce décompte s’arrête au 18 décembre. Certaines opérations se signent en toute fin d’année. Cela pourrait donc évoluer pour tomber sur un montant plus équivalent", remarque auprès de WanSquare Emmanuel Papadacci-Stephanopoli, vice-président de l’Observatoire de la Fintech. Le nombre d’opérations est lui aussi en recul, avec 73 d’entre elles ayant répondu à l’appel, contre 101 l’année précédente (soit une baisse de 28 %).
"La sélectivité est plus forte. Le capital-risque se focalise sur des start-ups plus matures, aux modèles les plus intéressants pour les fonds : ceux qui peuvent être passés à l’échelle et qui sont répétables, avec une forte capacité à générer de la valeur", remarque l’expert. Comme lors des trois dernières années, l’early stage a continué de pâtir de ce recul : seules 36 levées ont concerné des opérations de moins de cinq millions d’euros, contre 52 en 2024, ou encore 100 en 2024. De même, 31 nouvelles fintechs ont réalisé leur première levée sur l’année presque écoulée, à comparer avec 44 d’entre elles en 2024. Une baisse confirmant la difficulté grandissante pour les nouveaux entrants d’accéder à des financements, remarque le rapport. Et puis, les "méga deals", supérieurs à 100 millions d’euros, n’ont aussi pas été exempts de cette dynamique.
Un tableau plus nuancé
Pour autant, lorsque la comparaison est réalisée sur du plus long terme, la tendance apparaît davantage favorable. En excluant les années fastes de 2021 et 2022, les financements restent par exemple orientés à la hausse sur les cinq dernières années. Et puis, certaines opérations d’envergure ont aussi été à remarquer, notamment du côté des modèles B2B : c’est par exemple le cas de 73Strings, œuvrant sur le terrain de la collecte d’informations et de l’évaluation des actifs non cotés, qui a levé 53 millions d’euros, de la comptatech Pennylane (75 millions d’euros) ou encore de Filigran, spécialiste de la cybersécurité (58 millions d’euros).
Reste également à signaler, dans le décompte des opérations des fintechs de l’année réalisée par l’Observatoire, l’arrivée du spécialiste de crédit à la consommation Younited sur Euronext Paris au mois de janvier, qui s’était d’abord coté sur Euronext Amsterdam au travers de la fusion avec un SPAC : une opération à 153 millions d’euros. De plus, indique Emmanuel Papadacci-Stephanopoli, si les fonds de capital-risque restent la voie royale du financement pour les start-ups, d’autres leviers montent en puissance. Les business angels sont par exemple de plus en plus présents sur les phases de démarrage et leur empreinte reste plus délicate à quantifier. "Nous observons aussi nombre de fintechs qui choisissent désormais de trouver plus rapidement le chemin de rentabilité. Le capital-risque est une bonne option pour se développer et aller conquérir de nouvelles parts de marché rapidement. Cela permet d’aller vite, mais cela inclut aussi pour les fondateurs de se diluer au capital", remarque-t-il.
Plusieurs contrastes
Autre indicateur orienté à la hausse : celui des opérations de fusions-acquisitions (M & A), avec 42 transactions recensées en 2025, soit un niveau proche de ceux enregistrés sur les dernières années. Un indice de la maturité du secteur, souligne l’Observatoire de la Fintech, alors même que les fintechs restent par ailleurs les acteurs les plus actifs sur le front de la consolidation de leur secteur. "Cela montre bien que l’écosystème se solidifie. Les éditeurs de logiciels sont aussi très présents", souligne Emmanuel Papadacci-Stephanopoli. Ce qui s’est notamment illustré au travers du rachat de Shine par Cegid cette année, pour un montant supérieur à 1 milliard d’euros, soit la plus grande acquisition jamais réalisée dans l’écosystème français. "C’étaient eux, auparavant, qui amenaient l’innovation dans les banques, les assurances et autres institutions financières. Ils sont désormais en concurrence directe avec les fintechs", poursuit-il. Le signe que les fintechs sont désormais bien installées dans le paysage avec un âge moyen des cibles qui en témoigne également (12 ans).
En dépit de financements en recul, il reste aussi à souligner que l’emploi, lui, reste bien installé sur une trajectoire croissante. Il a progressé de 10 % en 2025, comme en 2023 ou en 2024. "Cela traduit la confiance des fondateurs. Cette croissance linéaire tranche avec celles des levées de fonds, ce qui tend à démontrer que les sources de financement sont plurielles. Et puis, cela reflète finalement le fonctionnement traditionnel de l’économie, avec des TPE qui deviennent des PME, puis des ETI. Mais dans un secteur d’innovation comme celui de la fintech, la trajectoire peut être d’autant plus accélérée", indique Emmanuel Papadacci-Stephanopoli.
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