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Revolut obtient sa licence bancaire française / Son entité tricolore a vocation à devenir sa base en Europe de l'Ouest

La fintech britannique, qui va installer son nouveau siège européen à Paris, a décroché sa licence bancaire française complète, à la suite de l’évaluation de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution et de la Banque centrale européenne. Progressivement, l'entité tricolore servira à terme tous ses clients en Europe de l'Ouest. La licence viendra s’ajouter à celle que l’entreprise possède déjà dans l’Union européenne, en Lituanie, afin de faire fonctionner ses activités sur le Vieux continent au travers de deux pôles.
(Photo de Fernando Gutierrez-Juarez / DPA / dpa Picture-Alliance via AFP)
(Photo de Fernando Gutierrez-Juarez / DPA / dpa Picture-Alliance via AFP)

Les ambitions européennes de Revolut viennent de franchir un palier capital. La néobanque a annoncé lundi que sa filiale française, Revolut Bank S.A., avait obtenu une licence bancaire complète dans l’Hexagone. Elle résulte d’une évaluation conjointe de l’Autorité de contrôle prudentiel et de Résolution (ACPR) et de la Banque centrale européenne (BCE). « L’obtention de cette licence représente une étape majeure dans l’évolution de Revolut en tant que groupe bancaire. Elle témoigne de notre engagement à long terme à bâtir une banque répondant aux normes les plus exigeantes en matière de gouvernance, de réglementation et de conformité, ainsi que du dialogue constructif que nous avons instauré avec les autorités françaises et européennes », s’est félicité Frédéric Oudéa, président du conseil d’administration de Revolut Europe de l’Ouest, à l’occasion de l’annonce.

L’ancien patron de Société Générale avait, pour mémoire, été nommé à ce poste en septembre dernier. Une annonce qui prenait la suite de plusieurs arrivées clés au sein de la branche ouest européenne de la fintech britannique, à l’instar de celle de Béatrice Cossa-Dumurgier, ancienne administratrice de la Banque de la Défense et ex-BNP Paribas, en tant que directrice générale de Revolut Europe de l’Ouest. « Cette réussite est le fruit de plusieurs mois de collaboration étroite avec l’ACPR et la Banque centrale européenne, dont les critères rigoureux nous ont permis de poser les bases d’une croissance durable dans la région », a-t-elle de son côté précisé.

 

Centre d’accélération

 

L’Europe de l’Ouest est la région la plus importante de l’entreprise, souligne cette dernière, et celle dont la croissance est la plus rapide. Elle y compte à date quelque 30 millions de clients (dont 8 millions de nouveaux venus en 2025). Et la France est appelée à y jouer un rôle central : lors de Choose France, en 2025, Revolut avait fait savoir qu’elle allait investir plus d’un milliard d’euros dans le pays sur les trois années à suivre et confirmé que la capitale tricolore allait être la terre d’accueil de son nouveau siège européen. L’ouverture est prévue pour 2027. Elle avait alors également indiqué vouloir demander une licence bancaire française. « La France est devenue une place financière de premier plan, grâce à un écosystème financier dynamique et un cadre réglementaire solide. C’est la plateforme idéale pour accélérer la prochaine phase de croissance de Revolut et nous rapprocher de notre ambition : devenir l’une des banques les plus importantes et les plus fiables d’Europe », a quant à lui souligné Nik Storonsky, fondateur et patron de Revolut, à l’occasion de l’annonce. L'entreprise revendique 8 millions de clients dans le pays.

 

Un modèle à deux têtes

 

Cet agrément, permettant à la filiale française de Revolut d’exercer comme un établissement de crédit à part entière, est destiné à faire tourner un modèle à deux têtes dans l’Union européenne (UE). Revolut détient en effet d’ores et déjà un agrément bancaire en Lituanie. Son entité lituanienne, qui portait jusqu'ici ses activités européennes, Revolut Bank UAB, demeurera le pilier de ses opérations dans l’ensemble des pays de l’espace économique européen qui ne tombent pas sous la coupe de l’Europe de l’Ouest. L’entité française commencera progressivement à servir ses clients ouest européens avec ce nouveau statut : d’abord dans l’Hexagone, tandis que les autres marchés (notamment l’Allemagne, l’Irlande, l’Italie, le Portugal et l’Espagne) suivront dans des phases ultérieures. Les deux filiales sont supervisées par la BCE et leur autorité locale compétente. « Cette nouvelle structure permettra à Revolut d’accélérer la localisation de ses produits tout en approfondissant ses relations bancaires grâce à une plus grande proximité avec les clients, les talents et les écosystèmes locaux », indique l’entreprise, qui avait fait savoir vouloir recruter plus de 600 personnes sur ses marchés d’Europe de l’Ouest.

Revolut, qui avait mis en avant, lors de sa dernière publication de résultats annuels, sa dynamique mondiale d’agréments bancaires, possède aussi par exemple désormais une licence au Royaume-Uni et est dans l’attente d’une autre aux États-Unis, notamment. La fintech indique compter plus de 75 millions de clients sur les 40 marchés où elle opère et ses revenus avaient progressé de 46 % en 2025, à 5,2 milliards d’euros. Son bénéfice avant impôts, lui, était proche de 2 milliards d’euros, en hausse de 57 %. Elle vise les 100 millions de clients d’ici à la mi-2027.

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