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Dans la fintech française, des levées de fonds qui se concentrent sur le podium / Tandis que le M&A dans le secteur ralentit
Une progression en trompe-l’œil. Au premier semestre de 2026, les fintechs françaises ont collectivement levé près de 1,3 milliard d’euros, relève le dernier rapport de L’Observatoire de la fintech. Cette hausse de 51 % sur un an est significative, mais reste à être observée avec nuance. Le nombre d’opérations a en effet nettement reculé, avec 28 opérations… contre 48 entre janvier et juin 2025. "Le marché passe ainsi d’environ 8 opérations par mois à moins de 5, confirmant une concentration accrue des financements", explique l'étude. De toute évidence, les capitaux se sont ainsi portés sur quelques acteurs majeurs, à commencer par l’assureur 2.0 Alan, qui a annoncé deux levées de fonds de fonds sur la période, de 100 millions d’euros puis de 480 millions d’euros (un record dans la fintech en France, relève l'étude), pour un total donc de 580 millions d’euros cumulés.
Il faut ensuite y ajouter les levées de fonds des deux autres fintechs composant le podium : Pennylane (comptatech) et Morpho (blockchain et cryptoactifs), de 175 millions d’euros chacune. Ainsi, ces trois "licornes" ont raflé près des trois quarts (74 %) des fonds levés dans la fintech au premier semestre, concentrant environ 930 millions d’euros. Legalplace (spécialiste de l'aide à la création et gestion d'entreprise), à la quatrième place, a de son côté levé 70 millions d'euros. Cette tendance aux « méga-deals » a nettement porté le ticket moyen des opérations, qui est passé de 17 millions d’euros au premier semestre de 2025, à 45 millions au premier semestre de 2026. Les investissements, d’une manière générale, se sont recentrés vers les séries B à F, tandis que les levées de fonds en amorçage ou en série A sont devenues plus compliquées.
L’assurtech logiquement en tête d’affiche
"Le contraste est donc fort", relève l’étude. En dehors de ce podium, le reste du marché représente quelque 332 millions d’euros, répartis entre 24 levées. De quoi confirmer que le financement reste disponible pour les entreprises les plus visibles, stratégiques ou matures, mais qu’ils se diffusent plus prudemment dans le reste de l’écosystème. Au regard du poids de Alan dans les levées semestrielles de la fintech, rien de trop étonnant à ce que l’assurtech prenne la tête du classement sectoriel, avec 626 millions d’euros levés. Santexpat (courtier en assurance spécialisé dans la couverture santé pour les expatriés) et Stoïk (assurance cyber), qui ont respectivement levé 26 millions et 20 millions d’euros au premier semestre, restent également des opérations intéressantes à relever – bien que plus modestes – dans le secteur, relève l’étude, car confirmant l’intérêt des investisseurs pour des modèles plus spécialisés.
Un ralentissement du M & A
La sélectivité qui se lit dans les levées de fonds des fintechs françaises se traduit aussi du côté des opérations de fusions-acquisitions ayant été réalisées par les fintechs françaises au premier semestre. Le ralentissement est, de fait, net : seules 16 opérations ont été recensées, contre 23 au premier semestre de 2025, ou 32 à la même période en 2024. L’inflexion est d’autant plus significative qu’elle intervient après plusieurs années d’activité relativement soutenue. "Entre 2022 et 2025, le M & A fintech s’était installé sur un plateau élevé, avec 59 opérations en 2022, 54 en 2023, 57 en 2024 et 48 en 2025. Cette séquence avait consacré le passage du M & A d’un phénomène encore émergent à un levier central de structuration de l’écosystème", observe l’étude. En revanche, elle estime que ce ralentissement ne remet pas en question le rôle stratégique du M & A dans la fintech française, mais ouvre plutôt la voie à une phase de sélection, après plusieurs années de consolidation intenses.
Les acquéreurs semblent choisir des opérations mieux ciblées ainsi qu’une évolution de leurs moteurs (briques métiers, technologiques ou réglementaires). "À rythme constant, l’année 2026 pourrait se terminer autour d’une trentaine d’opérations, soit un niveau proche de celui observé en 2021, année de bascule du M & A fintech français. Le second semestre sera donc déterminant pour qualifier la nature de ce ralentissement : simple pause conjoncturelle après un cycle dense, ou signal d’un changement plus durable dans la dynamique de consolidation du secteur", estime l’étude.
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