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Macro-économie / Taux

Macro-économie / Taux

Commerce mondial : la barre des 35 000 milliards dépassée ? / L’électronique et l’agrolimentaire en stars

Portés par l’Asie de l’Est, l’Afrique et le dynamisme du Sud-Sud, les échanges mondiaux de marchandises et services devraient croître de 7 % en 2025, malgré une fragmentation géopolitique qui continue de remodeler les échanges.
CFOTO / NurPhoto / NurPhoto via AFP
CFOTO / NurPhoto / NurPhoto via AFP

Un seuil symbolique bientôt franchi. Selon la dernière mise à jour de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced), le commerce mondial est en passe de dépasser pour la première fois les 35 000 milliards de dollars en 2025, ajoutant quelque 2 200 milliards au total annuel.

Entre juillet et septembre, le commerce mondial a augmenté de 2,5 % par rapport aux trois mois précédents. Les biens ont progressé de près de 2 %, les services de 4 %. La croissance devrait se poursuivre au dernier trimestre de l’année, mais à un rythme plus lent : 0,5 % pour les biens et 2 % pour les services. Si les prévisions se confirment, les biens ajouteraient environ 1 500 milliards de dollars au total annuel et les services 750 milliards de dollars, conformément à une augmentation annuelle globale de 7 %.

Un tournant intervient toutefois du côté des prix. Après deux trimestres tirés en partie par des hausses de tarifs, ceux-ci refluent désormais, et la croissance provient surtout des volumes réellement expédiés. L’inflation se modère, la demande se stabilise, et les échanges regagnent du terrain en valeur réelle.

La géographie du rebond confirme la montée en puissance du Sud global. L’Asie de l’Est affiche la plus forte croissance des exportations (+ 9 %), portée par un commerce intra-régional en hausse de 10 %. L’Afrique tire également son épingle du jeu, avec des importations en hausse de 10 % et des exportations en progression de 6 %. Le commerce Sud-Sud, globalement, avance de 8 %, sous l’effet de liens économiques qui se densifient entre économies émergentes. Chine, Corée du Sud, Inde, Brésil ou encore Afrique du Sud figurent parmi les moteurs individuels de cette dynamique.

Sur le plan sectoriel, l’industrie manufacturière demeure la colonne vertébrale de la croissance, avec une progression annuelle de 10 %. L’électronique, stimulée par la demande liée à l’intelligence artificielle, bondit de 14 %. L’agriculture connaît également un trimestre vigoureux, tirée par les céréales et les fruits et légumes, chacun en hausse de 11 %. À l’inverse, le commerce automobile recule de 4 %, et les échanges de combustibles fossiles diminuent sous l’effet d’une baisse des prix.

Cette année marque une nette reprise après la stagnation de 2023-2024. Mais elle se déroule sur un terrain fragile : les déséquilibres commerciaux persistent et la fragmentation géopolitique redessine les flux. Friendshoring et nearshoring gagnent à nouveau en ampleur, reconfigurant les chaînes d’approvisionnement mondiales.

La Cnuced anticipe déjà un ralentissement en 2026, sous l’effet d’une activité mondiale en repli, de coûts commerciaux en hausse, d’un endettement croissant et d’une incertitude durable.

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