Macro-économie / Taux
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Le tourisme mondial trace son sillon / Il dépasse son niveau pré-pandémique
Le tourisme mondial poursuit son petit bonhomme de chemin. Selon la dernière édition du World Tourism Barometer d’ONU Tourisme, plus de 1,1 milliard de touristes ont voyagé à l’international entre janvier et septembre 2025, soit près de 50 millions de plus qu’un an plus tôt. Cette progression intervient malgré des prix en hausse et une confiance fragilisée par les tensions géopolitiques. Le troisième trimestre affiche une hausse de 4 %, confirmant la vigueur de la haute saison dans l’hémisphère Nord. Par rapport à la période pré-pandémique (2019), la hausse atteint 3 %. Zurab Pololikashvili, secrétaire général d’ONU Tourisme, évoque une croissance "soutenue" tant en arrivées qu’en recettes, saluant notamment les performances de l’Afrique et de l’Europe. Selon les projections d’ONU Tourisme, une croissance annuelle comprise entre 3 % et 5 % reste atteignable.
L’Afrique demeure la région la plus dynamique, avec une hausse de 10 % des arrivées, et dépasse désormais nettement ses volumes d’avant la pandémie. L’Afrique du Nord et l’Afrique subsaharienne suivent la même trajectoire, chacune avec une croissance à deux chiffres. En Europe, première région touristique mondiale, les 625 millions de visiteurs accueillis représentent une progression de 4 % sur un an. Si l’Europe occidentale et la Méditerranée affichent des résultats solides, l’Europe du Nord reste en retrait. L’Europe centrale et orientale poursuit sa reprise (+ 8 %), tout en restant encore 11 % sous le niveau de 2019, montrant que la normalisation n’est pas uniforme.
Les Amériques enregistrent une progression plus modérée, de 2 %, affaiblie par un troisième trimestre en léger recul. L’Amérique du Sud tire la région vers le haut (+ 9 %), tandis que l’Amérique du Nord reflète encore une certaine volatilité, légèrement en dessous des niveaux de 2019 dans plusieurs marchés. Le Moyen-Orient, à l’inverse, conforte son statut de région en hypercroissance : les arrivées y dépassent de 33 % celles de 2019, performance la plus élevée au monde. En Asie-Pacifique, la reprise s’accélère avec une croissance de 8 %, permettant à la région de retrouver 90 % de son niveau pré-pandémique, même si l’Asie du Nord-Est reste encore en retrait (-12 % par rapport à 2019 malgré + 17 % sur un an).
Certaines destinations affichent des bonds spectaculaires par rapport à 2024 et dépassent largement leurs performances d’avant la crise sanitaire : le Brésil grimpe de 45 %, le Vietnam et l’Égypte avancent de 21 %, tandis que le Japon, l’Éthiopie, l’Afrique du Sud, la Mongolie ou encore le Maroc ont dépassé leurs chiffres de 2019, confirmant un rattrapage complet et, pour plusieurs, une nouvelle phase d’expansion.
Le transport aérien illustre également cette reconstitution des flux mondiaux, avec un trafic international en hausse de 7 % sur un an et des capacités en progression de 6 %. Le taux d’occupation hôtelier, stable à 68 % en septembre, revient au même niveau qu’avant la pandémie, confirmant la normalisation de la demande d’hébergement. Les recettes touristiques renforcent cette dynamique. Le Japon, le Nicaragua, l’Égypte, ainsi que le Maroc ou la Mongolie enregistrent des progressions à deux chiffres. Les grands marchés émetteurs — États-Unis, France, Allemagne, Italie, Espagne ou Corée du Sud — affichent eux aussi une hausse de leurs dépenses, soutenant la reprise mondiale et dépassant souvent les montants dépensés en 2019.
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