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Crypto; SpaceX; IA

Macro-économie / Taux / Saxo Bank / Andrea Tueni / Prévisions

Macro-économie / Taux
Saxo Bank / Andrea Tueni / Prévisions

Des prévisions chocs de Saxo Bank qui n’épargnent pas la France / L’intelligence artificielle y occupe également une place de choix

Les marchés financiers pourraient bien forcer l’Hexagone à adopter une discipline budgétaire pour le moins solide, c’est ce qu’imagine la déclinaison locale des scénarios extrêmes proposés annuellement par Saxo Bank. Rédigée par les soins d’Andrea Tueni, Head of Sales Trading chez Saxo Bank, elle s’ajoute aux huit scénarios imaginés à l’échelle mondiale par la Banque danoise. Ils vont d’avancées dans le quantique à l’introduction en Bourse de SpaceX en passant par une croissance dopée par le mariage de Taylor Swift ou encore à un grand bug dans l’IA. Autant de prédictions dont la probabilité d’occurrence est faible mais dont les conséquences seraient colossales.
Prévisions choc de Saxo Banque. DR
Prévisions choc de Saxo Banque. DR

Un exercice annuel qui prend cette année une touche tricolore. Habitué à proposer leurs prédictions chocs en fin d’année, voilà que Saxo Bank voit cette année l’un de leurs visages en France en la personne d’Andrea Tueni, Head of Sales Trading chez Saxo Bank, explorer un scénario où une crise de la dette se produirait dans l’Hexagone. Le rendement de l’OAT 10 ans y grimperait en flèche, jusqu’à atteindre près de 6 % en quelques jours seulement à la suite d’une adjudication manquée.

Un scénario catastrophe que le responsable des activités de marchés au sein de la filiale française rapproche d’un des "exemples le plus ressemblant qui est la crise britannique provoquée par le budget de Liz Truss. Nous allons volontairement plus loin dans notre scénario et les chiffres sont pour le moins spectaculaires et pourtant un tel scénario n’est pas à exclure tant que la situation des finances publiques hexagonales ne s’améliore pas". Les attaques subies par les obligations d’États tricolores verraient en effet le spread avec le Bund se creuser à 400 points de base et les CDS refléter la possibilité d’un risque de défaut désormais présent aux yeux du marché.

 

Continental

 

La genèse d’une telle crise est expliquée par Andrea Tueni ; "à un moment donné la demande d’OAT ne serait plus suffisante pour couvrir l’offre sur le marché primaire" et ce en raison d’investisseurs ayant peu à peu retiré leur confiance à la France face à une croissance en berne et une crédibilité de plus en plus faible sur le plan budgétaire. L’auteur de cette prédiction expliquant à WanSquare qu’il "pourrait y avoir des signes avant-coureurs tels qu’une baisse des flux acheteurs en provenance de l’étranger. On sent cependant déjà dans le marché que la crédibilité française est quelque peu entamée. Le fait qu’il y ait davantage d’adjudications dans les années à venir n’est pas une bonne nouvelle à cet égard".

La fin de ce qu’il considère comme un "traitement de faveur" pour la dette hexagonale, tant elle était traitée relativement proche de celle de l’Allemagne, n’est peut-être plus très loin. D’autant plus que les émissions de dette souveraine devraient augmenter outre Rhin et que la prévision dessinée table sur le fait qu’en 2026, "les conditions ont changé. La BCE a mis fin à ses réinvestissements massifs du programme de rachat PEPP, laissant les États seuls face à la demande réelle du marché". Forcé de proposer un plan de réformes structurelles rapidement pour regagner la confiance des marchés, le gouvernement français n’aurait "pas le choix de taper fort et vite" et de "suivre l’exemple des pays périphériques en Europe qui ont su tirer les bénéfices des crises traversées il y a quelques années. Lorsqu’on regarde la situation de la Grèce ou de l’Espagne on remarque que leurs économies vont bien mieux désormais".

La situation n’est pourtant pas comparable, explique-t-il, et ce d’autant plus qu’il considère comme plausible que le conseil des gouverneurs de la BCE argue que le "Transmission Protection Instrument ne peut être activé qu’en présence d’une politique budgétaire crédible". Abandonné en rase campagne par Francfort tant que les réformes ne sont pas lancées, le gouvernement verrait le reste du continent en faire les frais. Andrea Tueni expliquant "qu’à la différence des dernières crises touchant des États européens, on parle cette fois de la deuxième économie européenne. Si elle se retrouvait dans une telle situation, elle pourrait bien se retrouver ‘too big to save’. L’euro se trouverait vraisemblablement en difficulté et ce d’autant plus que nous ne sommes pas si loin de la parité avec le dollar". La fragmentation des conditions d’emprunt sur le marché obligataire en Europe serait également à l’ordre du jour tant une possible contagion est possible notamment vers l’Espagne et l’Italie.

 

Accélération

 

Les équipes de Saxo Bank ne se cantonnent pas à cette seule prédiction concernant l’Hexagone et en ont notamment imaginé plusieurs ayant trait à la technologie. Neil Wilson, stratégiste chez la banque danoise pour les investisseurs au Royaume-Uni, imaginant l’arrivée du “Q-Day” en 2026. Un évènement qu’il explique être le moment "où un ordinateur quantique opérationnel prouve qu’il peut briser les standards de sécurité numérique les plus courants. En une nuit, l’idée que nos e-mails, virements bancaires, portefeuilles crypto et systèmes d’entreprise sont correctement chiffrés ne tient plus". Son collègue français nous confie que "cela pourrait effectivement aller très vite de mener un acte malveillant alors que les mesures correctives seraient beaucoup plus longues à mettre en œuvre". L’environnement serait cependant porteur pour les valeurs liées à la cybersecurité, propulserait les actifs tangibles tels l’or vers de nouveaux sommets et pousserait à une grande sélectivité concernant les sociétés liées au monde bancaire et financier.

Un autre séisme est évoqué par Charu Chanana, Chief Investment Strategist chez Saxo Bank, celle-ci explorant la possibilité de voir un modèle d’IA devenir un PDG du Fortune 500. Prenant des décisions sans arrière-pensée quelconque, il en résulterait un partenariat fructueux bénéficiant tant au secteur du cloud qu’à celui de l’IA ou encore de la gouvernance. Andrea Tueni précisant qu’il "faudrait attendre que des track records solides soient disponibles pour voir la disparition de la prime de risque demandée dans un premier temps par les investisseurs pour toute entreprise dirigée par un système informatique ".

Une demande bien compréhensible au vu de la prévision rédigée par Jacob Falkencrone, Global Head of Investment Strategist chez Saxo Bank, où il est question d’un bug à mille milliards de dollars provoqué par une IA défaillante. Les dysfonctionnements iraient en s’enchaînant et nécessiteraient un travail conséquent pour remettre en marche les systèmes défaillants. Les acteurs à même de l’effectuer verraient leurs revenus exploser et à l’inverse les sociétés d’IA autonomes verraient leurs valorisations largement sous pression. Le responsable des activités de marchés de la filiale française n’exclut pas que ces scénarios liés de près ou de loin à l’IA puissent se réaliser concomitamment.

 

Virage

 

Certaines leçons du passé récent sont d’ailleurs transposables à ces yeux dans la potentielle introduction en Bourse de SpaceX. Imaginée par John J. Hardy, Global Head of Macro Strategy chez Saxo Bank, elle créerait une nouvelle réalité nous expose Andrea Tueni. Lequel argue "qu’il se pourrait bien que rater ce virage ait les mêmes conséquences que pour les entreprises n’ayant pas su emprunter assez tôt celui de l’IA". Du côté de SpaceX, l’opération serait un succès et verrait sa valorisation rapidement dépasser les 1 000 milliards de dollars, tirant parti de son avance technologique elle se lancerait dans la course à la construction de bases lunaires et martiennes. La frénésie conduirait des droits miniers ou autre parcelles lunaires à être vendus à des prix très élevés avant que les prix ne se rationalisent à l’image de l’épisode récent sur les NFT.

Le responsable de la Macro chez la banque danoise esquisse également une transformation sociétale radicalement différente liée au mariage du couple star musique-sport composé de Taylor Swift et de Travis Kelce. Ces derniers faisant le choix de fonder une famille et de se retirer dans le Midwest loin de la cohue des grandes villes. Un certain nombre de leurs suiveurs feraient le même choix avec des conséquences non négligeables puisqu’il s’accompagne d’une utilisation moindre des écrans et des réseaux sociaux. La hausse des naissances et des mariages permettrait à nombre d’économies avancées d’être plus sereines face au défi démographique des années tandis que l’exode urbain redessinerait la carte des prix de l’immobilier. Il n’y aurait pas que des gagnants sur les marchés actions avec les sociétés liées aux réseaux sociaux qui en feraient les frais là où celles liées à l’habitat, au bricolage, au luxe ou encore aux réceptions de mariages tireraient leur épingle du jeu.

 

Angles morts

 

Un autre évènement déroutant est cette fois originaire de Chine où Charu Chanana détaille une tentative de Pékin de mettre fin à la suprématie du dollar et ce en proposant une monnaie adossée à l’or. De quoi voir celui-ci franchir les 6 000 dollars l’once ou encore les rendements des obligations américaines augmenter sous la pression des ventes étrangères. Toutefois, il faudrait que l’exécutif chinois soit en mesure d’avoir des réserves d’or auditées bien plus importantes que celles estimées actuellement, de quoi dépasser les réserves officielles des États-Unis, pour réaliser un tel tour de force. Coexistant au côté du yuan, ce "yuan doré" échangeable contre de l’or physique permettrait un taux de conversion avec le dollar de l’ordre de 5 contre 7 actuellement. Gagnant petit à petit la confiance du marché, cette nouvelle possibilité permettrait de facturer en yuan et de demander une livraison en or permettant ainsi de ne pas avoir recours au billet vert. Il n’est toutefois question que d’ériger un "second pilier durable du système monétaire mondial, non pas en remplaçant le dollar, mais en mettant fin à son monopole".

Largement à l’honneur des précédentes éditions les États-Unis n’ont pas complètement disparu des prévisions chocs pour 2026, avec John J.Hardy qui évoque cette année une société américaine qui deviendrait de moins en moins polarisée à rebours de la dynamique actuelle. Les élections de mi-mandat déboucheraient sur une faible avance des démocrates à la chambre des représentants et une courte majorité républicaine au Sénat. Cependant le retour vers une relative unité nationale s’accompagnerait d’une baisse de la confiance envers les réseaux sociaux – leurs valorisations en subiraient les conséquences tout comme le cours des cryptoactifs actifs ou de l’or – alors que les Treasuries américains verraient leurs rendements diminuer.

La société américaine et plus encore mondiale pourrait être transformée par des pilules contre l’obésité modifiant du tout au tout la gestion du poids chez les humains et les animaux. Jacob Falkencrone expliquant qu’un tel changement "transformerait les secteurs de la santé et des soins pour animaux, avec des impacts sur les marchés de l’alimentation et de la mode". Les actions du secteur de la santé et de la médecine vétérinaire s’envoleraient dans un tel scénario.

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