Publications, Résultats / STOXX 600
Publications, Résultats
STOXX 600
Des bénéfices européens nettement supérieurs aux attentes / Un contraste marqué avec la récession des small et mid caps françaises
La saison des résultats du troisième trimestre s’est refermée en Europe, offrant un panorama plus robuste qu’attendu. Une séquence marquée par une sous-estimation persistante des fondamentaux, tant le STOXX 600 a déjoué les prévisions. Il est vrai que "le niveau très bas des attentes avait mécaniquement préparé le terrain pour des résultats supérieurs aux anticipations ", observent les stratégistes actions de Deutsche Bank. Les bénéfices agrégés ont dépassé le consensus de 8 %, un niveau deux fois supérieur à la moyenne de long terme, avec près des deux tiers des sociétés publiant au-dessus des attentes.
Le décalage est d’autant plus frappant que les prévisions anticipaient une nette inflexion après l’été. Le consensus attendait un véritable essoufflement, mais le ralentissement observé est resté contenu, la variation séquentielle demeurant positive. "La croissance des bénéfices ne s’est ralentie que légèrement, à 3 %", indique Deutsche Bank. Les vents contraires liés au dollar faible et aux premiers effets des droits de douane américains n’ont donc pas infléchi la trajectoire, confirmant la capacité des entreprises européennes à préserver leurs marges dans un environnement perturbé.
Un paysage sectoriel contrasté, porté par la finance
La photographie sectorielle fait apparaître une dynamique contrastée mais globalement résiliente. Les banques demeurent la principale force d’entraînement du trimestre, avec des bénéfices en hausse de 2 %, tandis que les assureurs et les services financiers progressent respectivement de 6 % et 8 %. L’énergie, longtemps pénalisée, repasse timidement en territoire positif avec une croissance d’environ 1 %. Certains secteurs restent en retrait plus prononcé, comme la chimie, dont les bénéfices reculent de plus de 30 %. À l’inverse, l’automobile continue d’afficher un repli marqué (–39 %), mais amorce un frémissement bienvenu, les résultats publiés dépassant le consensus de 25 %. Les révisions restent cependant très négatives depuis le début de l’année, ce qui limite pour l’instant la portée de ce redressement.
Cette saison a aussi été un test de confiance. "Nous avons analysé les commentaires de prévisions de plus de 280 entreprises au cours de la saison. Vingt-cinq pour cent ont relevé leur guidance, tandis que seulement seize pour cent ont dû la retirer ou l’abaisser", poursuit Deutsche Bank. Les marchés, en revanche, se sont montrés sélectifs : les publications supérieures aux attentes ont été modérément saluées et les avertissements davantage sanctionnés, signe d’une forme de prudence après un parcours boursier déjà solide. Le quatrième trimestre s’annonce d’ailleurs sous le signe du réalisme, les projections restant limitées à 1 % de croissance annuelle. Mais les perspectives pour 2026 s’éclaircissent : les estimations ont été révisées en hausse, et Deutsche Bank anticipe désormais une progression de 10 à 12 %, soutenue par un environnement macro plus homogène et par l’effet de levier du stimulus budgétaire allemand.
Les petites et moyennes capitalisations françaises à contre-courant
Cette lecture globale, plutôt robuste pour les grandes capitalisations européennes, tranche avec la situation bien plus heurtée du segment des petites et moyennes valeurs françaises. Dans son bilan de la saison, Oddo BHF souligne que l’univers suivi, composé d’une centaine de sociétés réalisant moins de 8 milliards d’euros de chiffre d’affaires, entre en récession au troisième trimestre, avec une contraction moyenne de 0,2 %. Les analystes tablaient encore sur une croissance de 0,7 %. La proportion de déceptions est élevée : 23 % des sociétés publient un chiffre d’affaires inférieur de plus de cinq points aux attentes, tandis que seules 13 % réalisent un dépassement significatif.
Les causes sont identifiées : le cumul d’effets de change défavorables, les incertitudes politiques françaises et les droits de douane américains ont pesé sur les volumes comme sur la visibilité. Les secteurs de la consommation et de l’industrie plongent respectivement de 4 % et 3 %. Les services stagnent, les technologies frôlent la zone rouge. Seule la santé maintient une croissance solide (+4 %), confirmant son caractère défensif.
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