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Coface; Landon; L'Angevin; Roncy

Macro-économie / Taux / acpr / Jean-Christophe Caffet / Crédit Agricole / Société Générale / Olivier Garnier

Macro-économie / Taux
acpr / Jean-Christophe Caffet / Crédit Agricole / Société Générale / Olivier Garnier

Le monde bancaire tricolore s’adapte aux évolutions des risques macro-économiques et géopolitiques / Le chef-économiste de la Banque de France a questionné ses représentants ce matin

Les quinze ans de l’ACPR étaient l’occasion de réunir une grande partie du monde économique et financier à la Maison de la Chimie. Au-delà des rappels sur l’histoire de l’institution ou autre revue des missions de celle-ci, Olivier Garnier, chef-économiste et directeur général des statistiques, des études et de l’international à la Banque de France, s’est entretenu avec des représentants des grandes maisons hexagonales - Crédit Agricole S.A, Groupe Société Générale, BNP Paribas ou encore Coface - sur la façon dont ils percevaient les évolutions récentes qu’elles soient liées à l’IA, à la dette publique ou encore à la géopolitique.
ACPR. DR
ACPR. DR

Renversement des normes. L’hypothèse d’une sphère financière dont les problèmes ont dû être absorbés par le reste de l’économie et qui contribuerait désormais à jouer un rôle d’amortisseur a été évoquée, ce mardi, par Olivier Garnier, chef-économiste et directeur général des statistiques, des études et de l’international à la Banque de France. Il faut dire que depuis quinze ans, la réglementation a été largement modifiée et a engendré des changements pour les acteurs bancaires dans leur capacité à encaisser les chocs comme à soutenir l’économie.

Le passé récent en est une preuve pour Frank Roncey, directeur des risques chez BNP Paribas, ce dernier expliquant que tant pour le Covid que pour la guerre en Ukraine, " on a joué notre rôle de financier de supporter les clients et de faire en sorte qu’ils puissent supporter le choc". Des financements multipliés en parallèle de l’action des États sur la période. Il a également veillé à rappeler qu’il y a quinze ans, "la crise est partie de beaucoup de choses dont une exubérance des marchés et une concentration sur une classe d’actifs toxique". Des caractéristiques qu’on ne retrouve pas dans les chocs récents.

 

Répéter

 

Ce qui s’inscrit dans le sens de l’histoire à en croire Stéphane Landon, Group Chief Risk Officer du Groupe Société Générale, expliquant que bien entendu le risque géopolitique est perçu différemment d’il y a quelques années, mais qu’il a pour autant toujours existé depuis les banquiers de Florence qui prêtaient à la France comme ceux de Venise qui finançaient des expéditions destinées à revenir les bras chargés d’épices. Il a ainsi évoqué la sortie du groupe de Russie expliquant "qu’on a finalement réussi à solder notre situation assez rapidement", en étant préparé à agir et deçà des coûts économiques anticipés.

Au rang des évolutions majeures, on a pu voir Jean Christophe Caffet, chef économiste du groupe Coface, arguer que " le plus important est l’articulation de toutes les dimensions, les risques n’agissent pas en silo ". La capacité à quantifier le risque géopolitique devient à ses yeux une qualité précieuse, dont il considère que l’internalisation au sein d’équipes d’économistes est pour le moins nécessaire. Clotilde L’Angevin, directrice générale adjointe Crédit Agricole S.A, a également accordé à cet aspect une importance cruciale expliquant que "quelque part cette fragmentation des équilibres géopolitique peut en créer de nouveaux". L’objectif affiché par sa maison est notamment de porter la part des revenus en dehors de la France à près de 60 % du total à l’avenir, notamment en accompagnant les entreprises françaises dans leur diversification.

 

Rupture

 

Impossible de passer à côté de la question de l’IA et la directrice générale adjointe de marteler que "tout ce qui est data et IA est clé pour les banques", avec l’enjeu non pas d’arriver à trouver des cas d’usage mais de réussir à passer à l’échelle. Un défi partagé par Stéphane Landon, lequel n’a pas caché qu’il existait cependant des risques non négligeables qu’il s’agisse d’une réelle incertitude technologique, d’une certaine circularité dans l’investissement ou encore d’un environnement relativement oligopolistique.

Une révolution qui suscite des avis bien différents, Jean Christophe Caffet estimant quant à lui que sur la réalité de gains de productivité il n’y a "pas trop de doute sur la question". C’est plutôt sur la question de l’emploi qu’il se montre plus mesuré, notamment par rapport à la destruction créatrice évoquée par Philippe Aghion - prix Nobel d’économie cette année - considérant que ce sont avant tout les entreprises développant de l’IA qui vont gagner en parts de marché et en productivité. Reste à savoir si le partage de la valeur ajoutée va effectivement s’étendre aux autres entreprises.

 

Rengaine

 

Les problématiques liées à la dette publique ont également été soulevées par Olivier Garnier, un point sur lequel le chef économiste de Coface a souligné que de nombreux pays développés ont réussi à améliorer leur situation, mais dont la France ne fait pas partie. Les candidats à une crise sur ce terrain sont plutôt à chercher du côté des pays émergents, parmi lesquels il a cité la Roumanie, l’Équateur ou encore la Jordanie et le Pakistan. Frank Roncey ne s’est quant à lui pas montré inquiet concernant les niveaux de défauts mais plutôt des mouvements erratiques de taux.

Se tournant vers le passé, Stéphane Landon a tâché d’expliquer les changements dans le fonctionnement du marché de la dette souveraine, considérant que "les banques ont été contraintes finalement dans 15 dernières années à réduire leurs inventaires de titres et y compris de dettes bancaires". Cela a permis que malgré les mouvements de taux prononcés en 2022 et 2023, il n’y ait quasiment aucune grosse perte majeure a-t-il expliqué. Pour autant cela a conduit à ce que le "rôle market maker soit moins du fait des banques mais sur le marché c’est désormais des sociétés d’arbitrages " qui s’en occupent et tirent parfois des revenus non négligeables grâce à cette activité.

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