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Société Générale / Slawomir Krupa
Société Générale transforme sa croissance en profits records / Les revenus progressent dix fois plus vite que les coûts
Au troisième trimestre, les revenus de Société Générale ont progressé près de dix fois plus vite que ses coûts. Le produit net bancaire a gagné 7,8 %, à 7,17 milliards d’euros, quand les charges n’ont augmenté que de 0,8 %. Le bénéfice net part du groupe a ainsi atteint un niveau record pour un troisième trimestre, à 1,89 milliard d’euros, en hausse de 24,1 %, dépassant de 16 % le consensus. Sur neuf mois, la rentabilité des fonds propres tangibles s’est élevée à 12,3 %, bien au-delà de la cible d’environ 11 % fixée pour l’année. Après avoir longtemps reposé sur la maîtrise des dépenses, l'amélioration de la rentabilité est désormais portée par une croissance des revenus dont la vigueur interroge toutefois sur sa capacité à durer.
Un trimestre record pour les actions
Le moteur le plus spectaculaire se trouve dans les activités actions, dont les revenus ont bondi de 45,9 %, à plus de 1,2 milliard d’euros. Au deuxième trimestre, la banque avait pourtant renoncé à profiter pleinement de marchés très animés, jugeant certains positionnements trop gourmands en risques. « Ce n’était pas un changement d’appétit pour le risque. Cela tient vraiment au fait que nos métiers ont bénéficié de flux commerciaux de grande qualité plus importants », assure Slawomir Krupa, qui souligne que les actifs pondérés au titre du risque de marché sont restés stables. La progression a concerné l’ensemble des activités actions, notamment les solutions d’investissement et la compensation de contrats à terme. La consolidation de Bernstein a également contribué à cette dynamique et permis à Société Générale de développer une activité de marché primaire actions aux États-Unis, qui génère désormais plusieurs dizaines de millions d’euros de revenus, contre pratiquement rien dix-huit mois plus tôt.
La salle des marchés n’est pas seule à tirer les comptes. Dans le pôle regroupant la banque de détail en France, la banque privée et les assurances, les revenus ont progressé de 10,9 %, portés par une marge d’intérêts en hausse de 12,7 %, tandis que les charges ont reculé de 5,1 %. Le bénéfice du pôle s’est envolé de 55 %, à 682 millions d’euros, alors même que les encours de crédits et de dépôts du réseau SG ont reculé respectivement de 2 % et de 1 % sur un an. Dans le même temps, la collecte a soutenu l'assurance vie et la banque privée, dont les encours ont atteint des niveaux records.
Un changement comptable bienvenu chez BoursoBank
Cette dynamique comporte néanmoins quelques réserves. Les rémunérations variables ont gonflé les charges de la banque de financement et d’investissement, qui ont dépassé les attentes de 108 millions d’euros pour 255 millions de revenus supplémentaires, notent les analystes d’UBS. La forte rentabilité affichée par BoursoBank appelle également une nuance. Son bénéfice a atteint 101 millions d'euros au troisième trimestre, contre 176 millions sur l'ensemble du premier semestre. Mais cette accélération a bénéficié d'un changement comptable : les coûts d’acquisition de clients, notamment les primes de parrainage, sont désormais amortis sur sept ans au lieu d’être immédiatement comptabilisés en charges. « Le résultat substantiel est un peu plus élevé ce trimestre parce que nous venons tout juste de commencer à le faire », reconnaît le directeur général. Cet avantage comptable initial devrait toutefois se réduire à mesure que les amortissements s’accumuleront.
La filiale Ayvens, spécialiste de la location longue durée de véhicules, reste en revanche à la peine, avec des revenus en recul de 12,2 % sous l’effet de la normalisation des profits réalisés lors de la revente des véhicules d’occasion. « Nous avons privilégié la rentabilité et la gestion des risques au détriment de la croissance immédiate », défend Slawomir Krupa.
La question des rachats d’actions
Les résultats records de Société Générale posent aussi la question de ce que la banque peut désormais redistribuer à ses actionnaires. Le ratio de solvabilité CET1 atteint 13,4 %, contre une cible de 13 %. Autrement dit, la banque dispose encore d'un excédent de capital de 1,6 milliard d'euros par rapport à son objectif de solvabilité, calcule UBS, alors même qu'elle vient de consacrer 1,5 milliard d'euros à un programme exceptionnel de rachats d'actions.
Interrogé sur l’opportunité d’accélérer les rachats alors que le titre a nettement reculé depuis la journée investisseurs de septembre, sur fond d’incertitudes politiques françaises, Slawomir Krupa assure que la banque saura faire preuve de souplesse dans la gestion de son capital. « C’est notre métier de le faire pour tout le monde. Il serait étrange de ne pas le faire pour nous-mêmes », fait-il valoir. Le dirigeant confirme sa préférence pour les rachats d’actions en cas de distribution exceptionnelle, sans préciser leur calendrier ni annoncer de nouveau programme pour le quatrième trimestre.
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