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Le "Tour de France de nos industries" fait une escale chez Bic / Les rouages techniques et technologiques de la production d’un objet du quotidien
Le "Tour de France de nos industries" poursuit sa ronde. C’est en Seine-et-Marne que le bus portant les couleurs de la communauté French Fab de Bpifrance, réunissant les acteurs du secteur, a marqué un nouvel arrêt ce lundi, au sein de l’usine Bic de Montévrain. Le but ? Faire découvrir à de jeunes collégiens, lycéens ou étudiants – en l’occurrence inscrits à l’Essec – les métiers de l’industrie et leur diversité grâce à cette initiative menée par la banque publique d’investissement et l’opérateur de compétences inter-industriel OPCO 2i, au travers de sa marque interindustrielle Avec l’Industrie, portée pour le compte de 29 branches industrielles.
Plusieurs dizaines d’étudiants de la grande école de commerce avaient ainsi choisi de monter à bord de ce bus, afin de découvrir le site du champion français de la papeterie, des briquets ou encore des rasoirs. S’apparentant à la colonne vertébrale du groupe, il a pris racine dans la région parisienne à l’aube des années 2000, à la suite du regroupement de plusieurs des sites du groupe des alentours. De fait, il produit la quasi-totalité de stylos Bic vendus en France et en Europe. L’occasion, donc, de découvrir les rouages de la fabrication des emblématiques quatre couleurs et de deux autres modèles (le Cristal et le M10) installés dans le quotidien des Français, reposant sur une chaîne de valeur maîtrisée de A à Z sur place, de la production à l’assemblage des billes, des pointes, des tubes plastiques, des capuchons ou de l’encre. En clair, seules des matières premières y entrent et des produits finis en sortent.
Un travail d’orfèvre
Le processus est millimétré. Par exemple, celui qui mène à la création des fameuses billes, composant capital des stylos, comprend une multitude d’étapes de production et de contrôle. Il faut tout d’abord manier de la poudre de carbure, avant de passer par plusieurs procédés pour finir par la travailler avec de la poudre de diamant (de synthèse) et lui donner ainsi sa forme ronde, grâce à une machine dont la précision atteint 0,001 millimètre près. Il n’empêche qu’en dépit de la précision et des contrôles minutieux de chaque étape, la cadence est au rendez-vous : environ 2 milliards de billes sont produites sur ce site par année, ainsi que plus de 2 millions de stylos finis par jour.
Il faut dire que la technologie des machines du site de Bic a de quoi étonner. Les lignes de production entièrement automatisées, tournant sept jours sur sept et 24 heures sur 24 se côtoient, tandis que des robots s’affairent à faciliter les étapes de transition. Aux machines faisant tomber des flots de capuchons en continu jusqu’à celles moulant les tubes en plastique, développés par le groupe – comme plusieurs technologies d’assemblage et de production réparties sur toute la chaîne de valeur, aux secrets bien gardés - s’ajoutent celles qui injectent et fixent les encres dans les cartouches, de manière à ce qu’elles ne fuient pas, ou encore celles assemblant les produits finis à toute vitesse,
De la chimie permettant de créer l’encre aux ateliers, en passant par l’ingénierie ou les fonctions supports, le site réunit 350 collaborateurs. Et même davantage, en intérimaire, lors de phases qui nécessitent de nettes accélérations à l’instar de la période précédant la rentrée des classes. Soit une vaste palette de métiers, installés sur un site d’envergure, pointu sur le plan technologique et aux machines innovantes (qui permettent par exemple de se passer de certains solvants grâce à du captage de CO2 réalisé sur place), tranchant ainsi avec l’imaginaire plus daté d’une usine et des professions industrielles.
Des fleurons français
De fait, le constat reste clair : l’industrie de demain aura besoin de forces vives pour préparer son avenir, puisque 46 000 postes restent vacants dans la filière et que près d’un million d’entre eux devrait être à pourvoir d’ici à 10 ans, estime Bpifrance. Des difficultés de recrutement de mauvais augure pour atteindre les objectifs de renaissance industrielle du pays. De quoi pousser donc la banque publique d’investissement à inviter des jeunes à visiter des usines modernes et innovantes, afin de leur permettre d’échanger avec leurs dirigeants et collaborateurs et les sensibiliser ainsi à cette thématique sur laquelle elle est tout particulièrement active. Son plan Industrie prévoit notamment de déployer 39 milliards d’euros d’ici à 2029, au travers d’une palette d’accompagnement et de financement dédiés.
Il s’agit de la deuxième édition de ce "tour de France" dédié à la promotion de l’industrie de demain et à la mise en avant de l’attractivité de ses métiers auprès des jeunes. Bic n’est d’ailleurs pas le seul fleuron industriel français à avoir reçu de la visite : l’usine Alpine de Renault à Dieppe, de Longchamp à Laval, de Canson à Saint-Étienne ou encore de Servier à Orléans ont notamment figuré parmi les points d’étape de ce bus, qui continuera encore de passer par Mulhouse avant de clôturer son service dans les Hauts-de-France, à Compiègne, au sein de l’usine de Votat. Il aura en tout ainsi compté 12 étapes.
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