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Banijay / Tipico / François Riahi
Banijay s’appuie sur ses trois moteurs de croissance / Contenu, live et gaming soutiennent la rentabilité du groupe
Quelques jours après avoir annoncé l’acquisition d’une participation majoritaire dans Tipico, Banijay revenait cette semaine devant les investisseurs avec un message simple : cap sur la croissance rentable, en s’appuyant sur des leviers de croissance déjà à l’œuvre et sur une opération structurante qui change l’échelle du pôle Gaming. "En acquérant une participation majoritaire dans Tipico Group, le leader du pari sportif en Allemagne et en Autriche, nous devenons le quatrième acteur européen des paris sportifs et des jeux, et le premier acteur d’Europe continentale sur ce segment", a rappelé François Riahi, le directeur général du groupe, lors de la visioconférence de présentation des résultats avec la presse. "C’est une acquisition transformante qui accroît nos capacités, avec une dimension retail que nous n’avions pas et une capacité technologique chez Tipico qui vient s’ajouter à celle de Betclic." L’intégration doit, à terme, doubler la taille de Banijay Gaming en chiffre d’affaires, EBITDA et génération de trésorerie, avec un socle de six marchés leaders en Europe.
Sur neuf mois, le groupe revendique 3,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires, en hausse de 4 % par rapport à 2024, et près de 600 millions d’euros d’EBITDA ajusté, soit une marge portée à 18,5 %. Le troisième trimestre apparaît plus nuancé, avec 1,013 milliard d’euros de recettes (-1,8 % sur un an), mais une rentabilité qui tient. "Malgré cela, l’EBITDA ajusté du troisième trimestre dépasse nos attentes de 2 %, à 173 millions d’euros, traduisant une gestion efficace des coûts", souligne de son côté Deutsche Bank. Le message de la direction est d’inscrire ces à-coups dans la vie normale d’un groupe d’entertainment multiactivités, où la saisonnalité des livraisons et l’aléa sportif pèsent ponctuellement, sans remettre en cause la trajectoire.
Du studio à la scène, un modèle étendu
Le premier ressort de croissance se trouve côté Entertainment et Live. Sur l’activité de production et de distribution de contenus, Banijay Entertainment a consolidé sa position de premier studio européen sur les séries, avec plusieurs succès internationaux (House of Guinness pour Netflix, Diary of a Ditch Girl en Suède, Montmartre et Rien ne t’efface en France) et une dynamique toujours forte sur les formats emblématiques comme Big Brother ou MasterChef. Le catalogue dépasse désormais 221 000 heures de programmes, alimenté par des initiatives digitales et sportives telles que le Creators Lab, destiné à réinventer les formats pour les plateformes en ligne.
En parallèle, "nous avons connu une dynamique remarquable sur le segment des expériences live, qui est un gros développement de croissance pour les prochaines années, avec un chiffre d’affaires en hausse de 15 % à taux constant", insiste le directeur général. L’exemple de Luminescence, société acquise début 2025 et spécialisée dans les spectacles de sons et lumières immersifs dans les cathédrales, fait office de cas d’école : "Luminescence illustre parfaitement notre capacité à acquérir une propriété intellectuelle et à la dupliquer rapidement sur l’ensemble de notre réseau. En fait, on réplique dans le domaine de la production live ce qu’on a réussi dans les formats télévisés." La stratégie consiste à faire jouer l’empreinte mondiale de 130 studios, à décliner les IP sur scène et en immersif, et à densifier le catalogue de 221 000 heures grâce à des formats locomotives et des séries premium.
Gaming, un pôle résilient face à la fiscalité
Autre pilier, le Gaming continue d’étendre sa base d’utilisateurs et de diversifier ses revenus. "L’indicateur de référence pour notre secteur, le nombre de joueurs actifs uniques, progresse toujours aussi fortement à plus de 23 % sur neuf mois, traduisant le fort dynamisme commercial et un engagement accru de nos joueurs sur la plateforme." Derrière cette traction, la montée en puissance des activités récréatives est tangible : "Le succès de notre nouvelle plateforme de poker lancée fin 2024 illustre la capacité de nos ingénieurs à concevoir des produits de première qualité : auparavant sur une plateforme externe, nous avons désormais notre propre technologie développée en interne pendant dix-huit mois, et la performance commerciale s’en ressent immédiatement", poursuit François Riahi. Si les paris sportifs ont été pénalisés par des résultats défavorables en septembre, la direction rappelle la nature réversible de cet effet, quand le poker et le casino en ligne gardent une croissance à deux chiffres.
Le contexte réglementaire français réclame toutefois plus de sélectivité. "La France est déjà le pays où les taxes sont les plus élevées au monde : on parle d’une taxe sur les revenus de 67,5 %, à laquelle s’ajoutent toutes les autres impositions, ce qui rend l’activité en France compliquée en termes de profitabilité." La réponse stratégique passe par la diversification géographique et la masse critique que Tipico doit accentuer. "Cette opération est pleinement alignée avec la stratégie présentée lors de notre Capital Markets Day en mai dernier et renforce la place de Banijay Group en tant que consolidateur naturel dans l’industrie du divertissement."
Croissance et cash
Côté exécution, le fil des prochains trimestres est balisé : livraisons de contenus et de spectacles au quatrième trimestre, poursuite de la croissance organique du Gaming autour de 10 % et conversion de cash maintenue autour de 80 %. L’ambition reste de faire grandir les trois branches à l’unisson, en capitalisant sur les synergies entre IP audiovisuelles, expériences live et plateformes de jeux. "La production d’expériences immersives et live sera un facteur de croissance important dans les prochaines années, avec des synergies aussi fortes qu’évidentes avec nos propriétés intellectuelles audiovisuelles", affirme le directeur général de Banijay. Dans ce scénario, la combinaison Betclic-Tipico apporte une brique retail et une profondeur technologique supplémentaires, conçues pour améliorer la qualité des revenus et la résilience de la marge, y compris dans les années à forte densité d’événements sportifs.
Banijay maintient ses objectifs 2025, avec une croissance organique de l’EBITDA comprise entre 5 et 10 % et un taux de conversion de trésorerie ajusté autour de 80 %. Le groupe anticipe une hausse à un chiffre de son activité de production et d’expériences live, et d’environ 10 % pour le Gaming. Quant à 2026, "l’intégration de Tipico et la montée en puissance des expériences live apporteront une visibilité accrue sur la génération de cash", estiment les analystes d’Oddo BHF.
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