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Macro-économie / Taux

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États-Unis : s’il durait, le shutdown grèverait sensiblement la croissance automnale / Des pertes de richesse parfois non recouvrables

Dans une évaluation de l’impact du shutdown sur l’économie américaine, le Bureau du budget du Congrès (CBO) indique qu’il pourrait coûter jusqu’à 0,5 point de croissance au quatrième trimestre s’il venait à durer 8 semaines. Si un fort rebond devrait intervenir par la suite, il ne serait qu’incomplet comparativement aux pertes de production enregistrées.
Philip Swagel, directeur général du Bureau du budget du Congrès (CBO) - Drew ANGERER / AFP
Philip Swagel, directeur général du Bureau du budget du Congrès (CBO) - Drew ANGERER / AFP

Les États-Unis connaissent une paralysie budgétaire dont les retombées pourraient ne pas être négligeables. Depuis le 1er octobre, démocrates et républicains n’arrivent pas à trouver un accord pour adopter un nouveau budget, ce qui a provoqué un "shutdown", entravant les dépenses fédérales. L’Oncle Sam a déjà connu pareil épisode plusieurs fois dans son histoire, le dernier datant de 2019 ; il avait duré 35 jours.

Dans ce contexte, Jodey Arrington, président de la commission du budget de la Chambre des représentants des États-Unis, a mandaté le Bureau du budget du Congrès (CBO) pour en mesurer l’impact économique. Dans une lettre rendue publique, Philip Swagel, directeur du CBO, s’essaie à dresser un panorama de ses effets en examinant trois scénarios : une fermeture des services publics durant quatre, six ou huit semaines.

Durant la période de shutdown, les dépenses fédérales seraient inférieures de 33 milliards de dollars dans un scénario de quatre semaines, de 54 milliards si la crise dure six semaines, et de 74 milliards si elle se prolonge huit semaines, par rapport à un scénario sans shutdown.

Ces montants reflètent avant tout la suspension des salaires d’environ 650 000 fonctionnaires fédéraux mis en congé forcé, le report des contrats publics de recherche, d’équipement ou de services, ainsi que le retard dans le versement de prestations sociales comme les aides alimentaires du programme SNAP. Si la plupart de ces dépenses seront rattrapées après la reprise du financement, leur interruption crée un trou d’air immédiat dans la demande intérieure, avec des effets d’entraînement sur le secteur privé.

Le CBO estime que ce gel budgétaire pèsera fortement sur l’activité au quatrième trimestre 2025. Le PIB réel serait inférieur de 0,25 à 0,5 point par rapport à un scénario sans shutdown. Le CBO prévoit une reprise mécanique dès le premier trimestre 2026, lorsque les salaires et les contrats suspendus seront payés, dopant temporairement la croissance de 0,3 à 0,8 point de pourcentage.

Mais cet effet rebond ne compensera pas totalement les pertes. Le CBO estime qu’à la fin de 2026, cette réduction du volume d’heures travaillées se traduirait par une perte cumulée de PIB réel de 7 milliards de dollars dans le scénario d’un shutdown de quatre semaines, 11 milliards dans celui de six semaines, et 14 milliards dans celui de huit semaines.

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