Macro-économie / Taux
Macro-économie / Taux
Sécurité sociale : la Cour des comptes perçoit un redressement vulnérable en 2026 / Les incertitudes sont nombreuses
L’assainissement des comptes sociaux s’annonce être un sacré défi pour 2026. Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026 sera examiné à compter de demain en séance publique à l’Assemblée nationale, après avoir été rejeté par les députés la Commission des Affaires sociales. Il prévoit de faire reculer de 5,5 milliards d’euros le déficit de la Sécurité sociale, qui passerait de 23 milliards d’euros en 2025 à 17,5 milliards d’euros en 2026.
Pour parvenir à cette réduction, le gouvernement plaide pour un effort de 11,2 milliards d’euros. "La construction du PLFSS pour 2026 est marquée par de fortes incertitudes", lance la Cour des comptes.
D’une part, les Sages de la rue Cambon font remarquer que le Haut conseil des finances publiques (HCFP) avait relevé la fragilité du scénario macroéconomique sur lequel il était assis. Pour mémoire, le HCFP estime qu’il est "volontariste" et qu’il repose sur des hypothèses "optimistes", étant interpellé par l’accélération prévue de la demande privée malgré la présence d’une consolidation budgétaire sensible.
D’autre part, 80 % de l’effort défendu par le gouvernement s’appuie sur des ajustements en dépenses (limiter leur croissance par rapport à leur trajectoire tendancielle), un effort "concentré sur un petit nombre de mesures", pointe la Cour des comptes.
En effet, 2,5 milliards d’euros proviennent du gel des prestations sociales (impact de 3,6 milliards d’euros pour l’ensemble des finances publiques), 2,3 milliards d’euros du doublement des franchises et participations, 2,3 milliards d’euros de baisses de prix et de bon usage des produits de santé.
"Cela fragilise l’atteinte de l’objectif de réduction du déficit au cas où ces mesures ou d’autres équivalentes ne seraient pas adoptées in fine, ou représenteraient en exécution moins d’économies qu’annoncé, notamment pour les économies au sein de l’Ondam [Objectif national de dépenses d’assurance maladie, ndlr] qui sont, pour partie, incertaines", explique la Cour des comptes.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

