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Saint-Gobain : la croissance des ventes en Europe lui sourit de nouveau / Une première depuis début 2023
Une bonne nouvelle venue d’Europe. Saint-Gobain a publié son chiffre d’affaires du troisième trimestre, qui lui aura permis de le faire progresser d’1,3 % sur un an en monnaies locales, à 11,42 milliards d’euros. A structure et taux de change comparables, les revenus restent stables. Les prix ont légèrement progressé de 0,7 % sur la période, au cœur d’un contexte moins inflationniste, tandis que les volumes, bien qu’en repli de 0,9 %, affichent une nette amélioration séquentielle par rapport au trimestre précédent (ils avaient alors reculé de 1,8 %).
Pour la première fois en tout cas, depuis le premier trimestre de 2023, les ventes du géant des matériaux de construction ont retrouvé le chemin de la croissance sur le Vieux continent - à hauteur de 1,2 % plus exactement en monnaies locales et de 0,6 % à données comparables. Ce qui marque par ailleurs une amélioration nette de la situation par rapport au deuxième trimestre, au cours duquel l’activité du géant des matériaux de construction avait marqué le pas à hauteur de 1,8 % dans la région.
Les situations nationales sont contrastées, entre stabilisation ou reprise de la construction en fonction des pays. En Europe du Nord par exemple, les ventes sont restées quasi stables. En revanche, en Europe du Sud, au Moyen-Orient et en Afrique, l’accélération s’affiche à 1,5 % à données comparables (contre une baisse de 2,8 % au deuxième trimestre). Fait notable : les ventes en France se sont stabilisées au troisième trimestre à jours comparables, alors même qu’elles avaient reculé de 4,6 % sur le trimestre précédent. Une performance tenant de l’offre complète de solutions du groupe, explique ce dernier, qui tire aussi parti de son modèle de prescription dans le non-résidentiel.
Prise d’avance stratégique
L’amélioration dans l’Hexagone devrait d’ailleurs se poursuivre, au regard de la bonne santé de certains indicateurs avancés (comme la hausse du nombre de transactions immobilières dans l’ancien, celle des encours de crédits, ou des permis de construire et de mises en chantier). L’Afrique et le Moyen-Orient ont quant à eux profité de l’intégration de Fosroc et de grands projets d’infrastructures pour signer un trimestre de forte croissance, précise Saint-Gobain.
Cette embellie observée en Europe s’accompagne d’une croissance toujours au rendez-vous en Asie-Pacifique, de 8,4 % en monnaies locales et de 3,4 % en comparables. L’accélération a été motivée par l’Asie du Sud-Est et l’Inde. Dans le pays, le groupe présidé et dirigé par Benoit Bazin a gagné de nouvelles parts de marché, avec une progression des volumes à deux chiffres et a également remporté de nouveaux projets dans le non-résidentiel et les infrastructures – deux axes qui constitueront des vecteurs d’expansion majeurs dans les années à venir, selon le dernier plan stratégique de Saint-Gobain à l’horizon 2030, "Lead & Grow", présenté à la communauté financière au début du mois d’octobre.
Des projets qui soulignent la force de frappe du groupe en matière de chimie de la construction, se félicite-t-il, également désormais soutenue par l’acquisition de Fosroc pour laquelle Saint-Gobain avait déboursé 1 milliard de dollars. Le groupe aurait tort de se priver de s’étendre davantage dans ce domaine, puisque ses performances dans la chimie de la construction ne se démentent pas. Le segment a enregistré une croissance de 18 % en monnaies locales au troisième trimestre, portée par la progression à deux chiffres des acquisitions récentes, et la surperformance à données comparables (+ 2,6 %), nourrie par une forte croissance dans l’ensemble des zones géographiques.
Un double effet
Le point d’attention trimestriel est à retrouver du côté de l’Amérique du Nord. Non pas en raison des droits de douane américains, dont le groupe est protégé grâce à son modèle ultra-local, mais du fait d’un phénomène double : la poursuite de l’érosion relative de la construction neuve d’un côté, liée au contexte de taux d’intérêt encore élevés, et l’absence d’évènements climatiques significatifs sur le trimestre, contrairement aux années passées. Un point qui affecte ainsi les ventes de produits de toiture, par effet de comparaison. Résultat, l’activité de Saint-Gobain s’est contractée de 6,5 % à données comparables au troisième trimestre en Amérique du Nord. "Le marché de la rénovation reste cependant résilient. Compte tenu du déficit important de logements, le marché de la construction neuve est structurellement sain et devrait bénéficier progressivement de l’amorce d’une baisse des taux d’intérêt", souligne en revanche le groupe.
Ce recul nord-américain aura pesé sur la croissance de la région Amériques, qui s’est repliée de 1 % en monnaies locales et de près de 3 % à données comparables au troisième trimestre. La progression de 12,8 % de l’Amérique latine en monnaies locales, et de 6,4 % à données comparables, n’ayant pas permis de pallier complètement cette baisse.
Pour les mois à venir, en dépit d’un environnement macroéconomique toujours délicat, Saint-Gobain ne se détourne pas de son objectif de dépasser les 11 % de marge d’exploitation en 2025, confirmé de nouveau à l’occasion de cette publication. En termes de tendances, une reprise progressive pays par pays est anticipée en Europe, tandis que l’Asie-Pacifique devrait rester engagée sur sa trajectoire de croissance. Cette dernière sera toujours tirée par l’Inde et l’Asie du Sud-Est, mais aussi par l’intégration de CSR en Australie. Enfin, si un bon maintien du niveau d’activité est prévu en Amérique latine, le groupe prévoit aussi une érosion encore modérée du marché de la construction neuve en Amérique du Nord.
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