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Macro-économie / Taux

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Réindustrialisation : le souffle retombe / Bercy confirme un ralentissement

Après deux années de forte dynamique, la réindustrialisation française montre des signes d’essoufflement. Le dernier Baromètre industriel de l’État, publié par la Direction générale des entreprises (DGE), révèle un solde net de seulement + 9 ouvertures et extensions de sites industriels au premier semestre 2025, contre + 48 au semestre précédent. Si la France continue d’ouvrir plus d’usines qu’elle n’en ferme, le rythme ralentit nettement, sur fond de tensions économiques et commerciales internationales.
Photo by Zhao Qirui / CFoto / CFOTO via AFP
Photo by Zhao Qirui / CFoto / CFOTO via AFP

La dynamique industrielle française marque le pas. Le Baromètre industriel de l’État, publié par la Direction générale des entreprises (DGE), enregistre un solde net de + 9 ouvertures et extensions de sites sur les six premiers mois de l’année, contre + 48 lors du semestre précédent. Un chiffre qui confirme le ralentissement amorcé fin 2024 et met fin à deux années particulièrement dynamiques pour la réindustrialisation française. Si la France continue de créer plus d’usines qu’elle n’en ferme, la cadence s’essouffle nettement.

Les causes de ce repli sont multiples. Les investissements étrangers ont reculé de 7 % entre 2023 et 2024, une baisse qui touche également les autres grandes économies industrielles européennes. Dans le même temps, la concurrence internationale s’intensifie, alimentée par la surproduction chinoise et des tensions commerciales accrues depuis 2022. La récente hausse des droits de douane américains pourrait aussi fragiliser les exportations françaises, directement ou via un effet de report vers le marché européen.

Les contrastes entre secteurs sont marqués. L’industrie verte reste le moteur principal avec onze ouvertures nettes, portée par le recyclage et l’économie circulaire. Le secteur de la défense connaît également une progression notable (+ 8), stimulée par le contexte géopolitique et la montée en puissance de l’aéronautique militaire. En revanche, la chimie et les transports, notamment l’automobile, poursuivent leur déclin, chacune affichant un solde négatif de - 4 sites. L’agroalimentaire, pourtant solide, montre aussi des signes de fatigue, avec davantage de fermetures malgré dix-neuf ouvertures ou extensions recensées.

Sur le plan territorial, l’Occitanie et la Nouvelle-Aquitaine enregistrent les meilleures performances (+ 8 chacune), portées par leurs filières aéronautiques et de défense. À l’inverse, le Grand Est et les Hauts-de-France poursuivent leur repli (–5 chacun), tandis que les Pays de la Loire passent pour la première fois dans le rouge (–6), en raison des difficultés du secteur automobile.

Pour le gouvernement, cette évolution appelle à la vigilance plutôt qu’à l’inquiétude. La DGE souligne que la France "continue d’ouvrir plus d’usines qu’elle n’en ferme" et réaffirme la mobilisation de l’État pour accompagner les projets industriels et soutenir les transitions énergétique et technologique.

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