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Accord de Paris : dix ans après, comment LVMH en fait une réalité / Un nouveau partenariat de 5 ans avec l’Unesco en faveur de la biodiversité
Le 12 décembre prochain marquera une date symbolique : cela fera dix ans que l’Accord de Paris sur le climat a été adopté par 193 pays et l’Union européenne. Une décennie plus tard, les entreprises se sont emparées de cette ambition mondiale. "En dix ans, nous avons assisté à une petite révolution. En 2015, peut-être 4 ou 5 entreprises avaient fait valider leur trajectoire de réduction carbone par le SBTi. En 2024, elles étaient 11 000 ", a fait observer Hélène Valade, directrice développement et environnement de LVMH, à l’occasion des nouvelles rencontres Life 360 - du nom de la stratégie environnementale de l’entreprise - organisées ce jeudi matin.
Un rôle moteur dans la décarbonation
Chef de file de ce mouvement, LVMH avait dès 2015 lancé son "Fonds Carbone", finançant depuis 866 projets destinés à réduire les émissions du groupe. Résultat : la part d’énergies renouvelables dans son mix énergétique est passée de 8 % à 71 % en 2024. "LVMH a même atteint avec deux ans d’avance, l’année dernière, ses objectifs de réduction d’émissions de -55 % par rapport à 2019", a rappelé la directrice développement et environnement. Des indicateurs environnementaux qui pèsent autant désormais que les résultats commerciaux dans l’évaluation des performances des 75 maisons, revendique l’entreprise, présidée par Bernard Arnault.
Et pour y parvenir, elle s’est fixé deux axes de travail prioritaires : agir sur l’ensemble de sa chaîne de valeur et développer des partenariats ambitieux.
Un pilotage stratégique qui prend en compte le vert
De fait, si la publication du rapport durabilité du groupe (obligation européenne de la directive CSRD) a demandé de longs mois de travail – LVMH fut en mars dernier la première entreprise du CAC 40 à le publier -, l’exercice a été jugé " constructif".
En septembre dernier, Antoine Arnault, directeur Image et Environnement de LVMH et Cécile Cabanis, directrice financière, ont réuni les 75 responsables financiers de chaque maison du groupe pour discuter des enjeux de Scope 1,2 et 3. Une réunion qui a conduit à la création d’une task force dédiée au développement durable et à la finance, et chargée d’identifier les risques liés au climat et à la biodiversité. "Le coût de l’inaction sera bien supérieur au coût de l’action. Il faut donc se mettre en accord sur une grille de Capex en fonction des critères environnementaux ", affirme Hélène Valade qui a également fait de l’accompagnement des fournisseurs de l’entreprise – sur tous ses métiers et partout dans le monde -, et notamment dans les domaines des matières premières, de l’eau et des transports, une priorité. "Notre Scope 3, c’est 97 % de notre bilan carbone. C’est dans cette optique que nous avons ouvert un centre de formation, Life Academy, tandis que des groupes de travail spécifiques aux éleveurs et aux agriculteurs inter-branches ont été créés pour qu’ils puissent partager ensemble les bonnes pratiques sur l’agriculture régénératrice", a-t-elle indiqué.
Un nouveau partenariat avec l’UNESCO
C’est par cette même méthode voulue douce que le groupe vient de signer un nouveau partenariat de 5 ans avec l’Unesco afin d’élargir leurs actions communes pour la préservation de la biodiversité, et incluant un nouveau projet conduit avec la Fondation Tiffany & Co dédiée à la gestion durable des espaces marins. "Un sujet majeur pour LVMH, tous nos produits viennent de la nature", souligne-t-elle. Un partenariat "au montant significatif", baptisé "Pour la beauté du vivant" dédié cette fois-ci à l’éducation, la science et la culture, avec l’idée d’autonomiser les communautés locales par des moyens de financements nouveaux.
Leur précédente collaboration, commencée en 2019 dans le cadre du "Programme sur l’Homme et la biosphère", avait déjà permis des avancées concrètes. Huit réserves de biosphère amazoniennes (Bolivie, Brésil, Équateur, Pérou), représentant 30 millions d’hectares et 1,3 million de personnes, avaient bénéficié de plus de 80 initiatives : gouvernance participative, lutte contre les feux de forêt, développement d’activités économiques durables… Plus de 1 000 familles ont ainsi pu améliorer leurs conditions de vie tout en restaurant des écosystèmes.
L’engagement des maisons du groupe
Plusieurs maisons de LVMH se sont d’ailleurs illustrées dans cette première phase : Guerlain, par exemple, avec son programme "Women for Bees", a formé plus de 120 apicultrices dans huit pays, tandis que Christian Dior s’est engagé avec l’UNESCO dans la conservation de la réserve de biosphère du Papillon Monarque, au Mexique. "L’environnement s’inscrit dans l’ADN de chaque maison de LVMH", s’est félicitée Hélène Valade.
Et à l’approche des "Life 360 Awards" du 10 décembre prochain - dont le jury sera présidé par Antoine Arnault -, les 75 maisons ont été invitées à soumettre leurs meilleures initiatives en matière de climat, de biodiversité, d’économie circulaire, etc. "41 ont répondu, toutes bien réparties dans chacun de nos secteurs d’activité, et nous avons reçu 187 dossiers, preuve que la durabilité n’est plus un concept mais est une réalité concrète", s’est-elle enthousiasmée.
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