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Macro-économie / Taux

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Taux d’intérêt : la BCE est dans une situation confortable / Pas de signaux d’une inflation amenée à sortir de son lit

Pour la troisième réunion consécutive, la Banque centrale européenne (BCE) a choisi de ne pas réviser ses taux d’intérêt directeurs. Christine Lagarde, sa présidente, dit « être dans une bonne position » alors que les perspectives d’inflation demeurent en ligne avec son mandat.
Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne - Tobias Wilkinson / NurPhoto / NurPhoto via AFP
Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne - Tobias Wilkinson / NurPhoto / NurPhoto via AFP

La Banque centrale européenne (BCE) est bien où elle est. Pour la troisième fois consécutive, son Conseil des gouverneurs a choisi de ne pas modifier son principal taux d’intérêt directeur qu’est le taux de la facilité de dépôt. Il demeure ainsi à 2 %, une décision de stabilité prise à l’unanimité. " Nous sommes dans une bonne position ", a déclaré Christine Lagarde, présidente de la BCE, à l’occasion de sa conférence de presse. "L’inflation reste proche de notre cible à moyen terme de 2 % et notre évaluation des perspectives d’inflation est globalement inchangée", a-t-elle justifié.

En septembre, l’inflation hors énergie et alimentation a augmenté pour atteindre 2,4 %, contre 2,3 % en août, la hausse des services passant de 3,1 % à 3,2 %, tandis que l’inflation des biens est restée stable à 0,8 %. "Les indicateurs de l’inflation sous-jacente restent cohérents avec notre objectif à moyen terme de 2 %", a souligné la Française. "Alors que les bénéfices des entreprises se redressent, les coûts salariaux devraient continuer de modérer en raison de la hausse de la productivité et du ralentissement de la croissance des salaires", a-t-elle jugé.

Elle a également avancé que les indicateurs prospectifs, tels que le suivi des salaires de la BCE et les enquêtes sur les anticipations salariales, indiquaient un ralentissement de la croissance des salaires pour le reste de l’année et le premier semestre 2026. Enfin, la plupart des mesures des anticipations d’inflation à long terme se maintiennent autour de 2 %. "Cela soutient la stabilisation de l’inflation autour de notre objectif", a-t-elle argué.

La banquière centrale s’est également fait l’écho de bonnes nouvelles concernant l’activité, ce qui tend à diminuer les aléas à la baisse autour de l’inflation. "L’accord commercial conclu cet été entre l’UE et les États-Unis, le cessez-le-feu récemment annoncé au Moyen-Orient et l’annonce faite aujourd’hui concernant les progrès réalisés dans les négociations commerciales entre les États-Unis et la Chine ont atténué certains des risques pesant sur la croissance économique", a-t-elle pointé.

Qu’en déduire pour la prochaine réunion des 17 et 18 décembre ? D’aucuns estiment que la barre est haute pour qu’une nouvelle baisse des taux soit décidée.

"Étant donné que les propres prévisions de croissance de la BCE indiquent que l’économie de la zone euro progressera de légèrement plus de 1 % par an et que l’inflation se stabilisera autour de 2 % au cours des prochaines années, il n’y a en effet que très peu de raisons de modifier son orientation de politique monétaire", explique Carsten Brzeski, économiste chez ING.

Un avis partagé par Christophe Boucher, directeur des investissements chez ABN AMRO Investment Solutions. "Seule une surprise négative majeure concernant les données économiques pourrait faire pencher la balance en faveur d’une baisse", souligne-t-il. Concrètement, "il suffit de penser aux effets négatifs différés des droits de douane américains, au renforcement du taux de change de l’euro, à la situation politique en France ou encore à un éventuel retard dans la mise en œuvre du plan de relance budgétaire en Allemagne. Si l’un de ces risques baissiers se matérialisait, on pourrait s’attendre à ce que la BCE procède à une ou deux nouvelles baisses de taux", anticipe Carsten Brzeski.

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