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Politique économique / Commission d'enquête / Sénat / grande distribution / marges / Carrefour

Politique économique
Commission d'enquête / Sénat / grande distribution / marges / Carrefour

Les marges de la grande distribution dans le viseur de la sénatrice Antoinette Guhl / Une commission d’enquête sénatoriale en préparation

Alors que les négociations commerciales pour 2026 se préparent, la sénatrice écologiste Antoinette Guhl a décidé de relancer le débat des marges de la grande distribution. L’élue de Paris propose la création d’une commission d’enquête pour décortiquer la formation des prix et faire la lumière sur la part réellement perçue par les producteurs, transformateurs et distributeurs. Objectif affiché : garantir une répartition plus juste de la valeur dans la chaîne alimentaire, du champ à la caisse.
 Antoinette Guhl (Senat)
Antoinette Guhl (Senat)

La sénatrice Antoinette Guhl n’en a visiblement pas fini avec la grande distribution. Après s’être attaquée, en tant que rapporteure, aux politiques publiques en matière de contrôle du traitement des eaux minérales naturelles et de source, voilà que l’élue de Paris, vice-présidente de la commission des affaires économiques, vient de déposer, avec ses collègues du groupe écologiste, une proposition de résolution tendant à la création d’une commission d’enquête sur les marges de la grande distribution. "Depuis plusieurs années, les Français font face à une explosion du coût de la vie. L’alimentation, qui représente une part incompressible du budget des ménages, a vu ses prix s’envoler : entre 2021 et 2023, l’inflation alimentaire a dépassé 20 %. Derrière ce chiffre, il y a des réalités très concrètes : des familles contraintes de réduire la qualité de leur alimentation, des étudiants et des retraités qui renoncent à certains produits de base, une demande croissante d’aide alimentaire. Ce choc de la vie chère est d’autant plus insupportable qu’il nourrit un sentiment d’injustice : si les consommateurs paient plus cher, les producteurs, eux, ne sont pas mieux rémunérés. Les agriculteurs et les PME agroalimentaires continuent de voir leurs revenus comprimés, tandis que le prix payé en caisse ne cesse d’augmenter", écrit-elle en exposé des motifs.

Et la sénatrice de poser la question : "où va l’argent que paient les consommateurs ? Quelle part revient réellement aux producteurs, aux transformateurs, et quelle part est captée par les distributeurs et leurs centrales d’achat ? ". Selon la parlementaire, la réponse serait à chercher du côté des marges de la grande distribution qui "demeurent opaques et leur poids dans le prix final reste insuffisamment connu. La pratique des "marges arrière", très mal évaluées, réalisées via des remises ou des rémunérations de services obtenues auprès des fournisseurs, illustre cette opacité".

Dans ce contexte, la commission d’enquête, qui devrait donc démarrer ses auditions prochainement, visera deux objectifs : comprendre comment se construit le prix final payé par le consommateur et assurer que celui-ci reflète une juste rémunération de tous les maillons de la chaîne, sans marges excessives. A noter qu’elle concernera également la filière bio.

Pour mémoire, il ne s’agira pas de la première commission d’enquête sur le sujet. Deux, tenues à l’Assemblée nationale en 2019 et en 2023, avaient voulu alerter sur les pratiques du secteur. L’année dernière, le groupe de suivi sénatorial des lois "Egalim" avait déjà tiré à boulets rouges sur la grande distribution, en pointant notamment les marques distributeurs et les alliances internationales de centrales d’achat.

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