Start-up
Start-up
Les emplois dans les start-ups françaises sont restés orientés à la hausse au premier semestre / Certains points du budget pour 2026 restent néanmoins à surveiller pour elles
Si la French Tech a connu des jours meilleurs, notamment en matière de levées de fonds, la Mission French Tech fait montre d’optimisme. L’administration rattachée à Bercy, chargée de soutenir la structuration et la croissance de l’écosystème des start-ups et scale-ups françaises vient en effet de dévoiler, pour la première fois, un panorama de ces dernières. Il en ressort que les jeunes pousses tricolores confirment leur rôle de créatrices d’emplois, souligne-t-elle : elles sont, à date, 18 000 à être actives sur l’ensemble du territoire et représentent ainsi 450 000 emplois directs, dont 45 000 au sein du French Tech 120 et le Next 40, les deux "indices" regroupant les pépites technologiques françaises les plus prometteuses. De janvier à fin juin 2025, le nombre d’emplois directs a grimpé de 4,6 % au niveau national, souligne la Mission French Tech.
De même, cette dernière indique qu’avec 5,8 milliards d’euros levés à fin septembre, le rythme du flux d’investissement s’est accéléré au troisième trimestre de 2025 (il est vrai, soutenu par la grande levée de fonds de Mistral AI). Les mois à venir devraient toutefois être le théâtre d’évolutions pour l’écosystème, puisque certains éléments du projet de budget pour 2026 pourraient ne pas représenter de bonnes nouvelles pour lui, tant du côté des entreprises que de leurs investisseurs. La copie gouvernementale initiale présente en effet, en l’état, plusieurs risques pour l’innovation française, regrette l’association regroupant les acteurs du capital-risque français, France Digitale, dans son avis sur la présentation du projet de loi de finances (PLF) et du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2026.
L’éligibilité au statut de JEI de nouveau durcie ?
Dans le PLFSS, tout d’abord, il est prévu par le texte initial de rehausser de 5 % le seuil de dépenses de recherche et développement (R&D) à réaliser pour être éligible au statut de Jeune entreprise innovante (JEI). Ce qui le porterait ainsi de 20 % à 25 %. Un statut qui permet, pour mémoire, d’avoir accès à un certain nombre d’aides, dont certaines relevant de l’embauche et permettant, pour les entreprises qui y sont éligibles, d’être exonérées de charges sur les salariés R & D. "[…] L’article 9 du PLFSS va entraîner l’exclusion de centaines de start-ups du statut de manière non anticipée, avec comme effet immédiat une hausse brutale de leur coût du travail. C’est sans mentionner toutes les start-ups déjà exclues du statut cette année à la suite du rehaussement du seuil dans le budget 2025, alors même qu’elles ont réinvesti en R & D et recruté des chercheurs pour y être de nouveau éligibles. Les conséquences vont être nettes : des suppressions de poste, des gels d’embauche, des projets de recherche abandonnés et donc des innovations dans la santé ou encore l’intelligence artificielle qui ne verront jamais le jour", indique France Digitale.
Autre point d’attention pour l’association : le risque de voir la réduction d’impôt IR-PME (ou réduction Madelin) s’éteindre pour les investissements réalisés au travers de fonds communs de placement dans l’innovation (FCPI) au 31 décembre prochain, conformément à la dernière autorisation de la Commission européenne. "Cette prorogation est d’autant plus nécessaire que les versements éligibles au taux de 25 % (et non plus à 18 %, comme avant la loi de finances de 2025, ndlr) le sont seulement depuis le 28 septembre dernier (date de publication du décret), ce qui limite fortement le potentiel de mobilisation de nouveaux capitaux", pointe France Digitale. Alors que l’examen de la première partie du PLF a débuté en Commission des finances de l’Assemblée nationale ce lundi, un amendement visant à rétablir le dispositif Madelin pour les investissements indirects via des FCPI, déposé par le député Paul Midy (Ensemble pour la République) et d’autres membres du groupe, reste à discuter. "Si les critères d’éligibilité au statut JEI évoluent dans le sens de l’article 9 du PLFSS, alors plusieurs start-ups aujourd’hui ciblées par des FCPI éligibles à l’IR-JEI sortiront de l’assiette d’investissement, de même qu’elles ne pourront pas bénéficier des versements réalisés via des FCPI éligibles à l’IR-PME du fait de sa non-prorogation", prévient France Digitale.
D'autres points d'attention
Reste enfin à voir ce qu’il adviendra de la proposition, par le gouvernement, d’une taxe sur le patrimoine financier des holdings patrimoniales. "Si nous saluons l’intention d’exclure les investissements productifs de cette taxe, nous craignons que les bénéfices attendus ne soient pas au rendez-vous et que cette mesure contribue, au-delà du risque de contentieux, à assécher le financement de l’innovation en France", indique France Digitale, précisant qu’elle sera vigilante à ce sujet. Le but : apprécier le bénéfice et le risque de cette taxe, alors même que, selon l’association, l’argent d’un entrepreneur ou d’un investisseur ne "dort" pas au sein d’une holding, mais peut davantage contribuer à la croissance grâce à son réinvestissement dans le tissu productif, notamment vers des produits plus risqués que la moyenne pour l’épargne des Français.
L’association prévient également qu’elle plaidera sur d’autres points du budget, comme une réintroduction rationalisée et concentrée de l’avantage Jeune docteur dans le CIR, un maintien du taux de la flax tax et du crédit d’impôt innovation dans les conditions actuelles, ainsi qu’une sécurisation du budget alloué à France 2030 et des bons de souscription de parts de créateur d’entreprise (BSPCE). À ce sujet, hier, trois amendements déposés par Paul Midy sur la première partie du PLF ont été adoptés en Commission des finances. L’un vise à porter de 15 à 20 ans l’âge des entreprises éligibles au dispositif, l’autre à passer la limite de détention d’une entreprise par des personnes non physiques de 75 % à 85 % et le dernier à apporter certaines précisions techniques pour autoriser les mécanismes de sursis ou de report d’imposition, dans le cadre d’opérations d’apport. Sous réserve que le texte amendé soit adopté par la Commission des finances, les amendements seront ainsi transmis en séance publique.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

