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Les rendements du private equity se normalisent / L’Europe prend l’avantage
Les premiers chiffres sur la performance des fonds de private equity ont commencé à tomber pour 2025. Publiées par PitchBook, les séries arrêtées à fin mars et complétées par des estimations à fin juin dessinent un paysage en voie de normalisation. Prudence toutefois : les chiffres du deuxième trimestre sont préliminaires et susceptibles de révisions importantes, donc à interpréter avec des pincettes.
Dans ces benchmarks trimestriels de PitchBook apparaissent logiquement les principaux indicateurs de performance du private equity - IRR, TVPI, DPI, RVPI ou encore PME. Mais c’est l’IRR, seul indicateur actualisé à fréquence trimestrielle, qui retient l’attention. Mesuré sur la base des flux de trésorerie, il exprime un rendement annualisé et permet de suivre, trimestre après trimestre, la trajectoire des fonds et des différentes zones géographiques.
L’Europe prend l’avantage
Qu’apprend-on ? Au premier trimestre 2025, l’Europe se détache nettement, avec un rendement de 2,8 %, contre 1,1 % pour l’Amérique du Nord et 1,35 % à l’échelle mondiale. Le "reste du monde" reste quasi neutre autour de 0,1 %. Les premières indications du deuxième trimestre basculent dans le rouge pour l’essentiel des segments ; elles signalent un coup de frein à court terme, mais devront être confirmées, les préliminaires du T1 ayant déjà été sensiblement révisés par la suite.
Sur douze mois glissants, la hiérarchie s’inverse : l’Europe affiche 9,1 %, devant l’Amérique du Nord (7,8 %) et le global (7,5 %), tandis que le "reste du monde" plafonne à 1,4 %. Cette avance européenne, déjà perceptible fin 2024, se confirme donc dans les données arrêtées au premier trimestre 2025. Elle contraste avec les horizons plus longs, où les deux zones font soit jeu égal - comme à trois ans, autour de 6 %, ou à dix ans, proches de 15,5 % -, soit les États-Unis ont l’avantage, notamment à cinq, quinze et vingt ans.
Le growth rebondit
Les écarts de performance diffèrent également selon la taille des fonds. D’après PitchBook, les véhicules de taille intermédiaire - entre 250 et 500 millions de dollars - affichent un IRR à un an de 9,7 %, soit le niveau le plus élevé de la série. Les plus petits fonds, inférieurs à 250 millions, se situent autour de 7,7 %, tandis que les grands véhicules dépassant le milliard atteignent 7,6 %. Les fonds compris entre 500 millions et 1 milliard ferment la marche avec 4,6 %. Ce différentiel souligne la résilience du mid-market, segment qui continue de mieux traverser la phase d’ajustement des valorisations.
Sur le plan stratégique, les écarts restent contenus entre les grandes catégories. Les fonds de buyout, qui concentrent l’essentiel des capitaux, dégagent un rendement annuel net de 7,3 %. Les stratégies de growth / expansion, plus exposées aux valorisations technologiques, affichent 8,5 %, un niveau en nette amélioration après deux années difficiles. Les fonds opportunistes ou de retournement ("other PE") signent les meilleures performances, dépassant 8 % à un an et plus de 20 % sur cinq ans, preuve de leur capacité à profiter des inefficiences de marché.
La création de valeur change de visage
La lecture par millésime est par ailleurs instructive. Ces dernières séries de PitchBook confirment une transition. Les générations de fonds lancées entre 2013 et 2016 demeurent les plus riches en valeur créée, avec des IRR souvent au-delà de 15 %. Mais après l’euphorie des années 2020-2021, marquées par des valorisations record et un usage abondant du levier, le private equity évolue désormais dans un environnement plus sélectif.
Les fonds récents, millésimes 2020 à 2022, affichent des IRR médians de l’ordre de 10 à 13 %, des rendements certes plus mesurés mais aussi plus soutenables. Comme l’ont souligné Alvarez & Marsal et FTI Consulting cet été, la performance dépend de plus en plus de la qualité des portefeuilles et du savoir-faire des équipes.
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