Macro-économie / Taux / fmi / Dépense publique / rationnaliser
Macro-économie / Taux
fmi / Dépense publique / rationnaliser
L’efficacité de la dépense publique mondiale laisse à désirer / D’autant plus que les ressources sont de plus en plus contraintes
Réorienter au plus vite les fonds publics au risque d’en payer les conséquences. Mieux orienter la dépense permettrait d’initier un cercle vertueux pour l’économie de chaque pays qui y parviendrait. Un récent billet signé par plusieurs membres du Fonds monétaire international estime que cela permettrait tant de renforcer les finances publiques, que leur résilience et surtout, bénéficierait à la croissance économique à long terme.
A les écouter, les dépenses actuelles prennent une mauvaise direction : ils posent le constat que l’investissement public - susceptible de stimuler la croissance - a "diminué de 2 points de pourcentage des dépenses totales au cours des deux dernières décennies" et que les fonds alloués à l’éducation stagnent rapportés à l’ensemble des dépenses publiques. Ce qui est d’autant plus dommageable qu’ils estiment que " l’association de la recherche et du développement avec l’investissement en capital humain améliore la productivité" et permet d’obtenir un bon équilibre entre gains à court et plus long termes.
Réorienter
Les donnés dévoilées par les auteurs montrent qu’en opérant le transfert de 1 % du Produit intérieur brut de la consommation publique à faible impact en direction de l’investissement dans les infrastructures, on parviendrait à augmenter la production d’environ 1,5 % dans les économies avancées et de 3,5 % dans les marchés émergents et les économies en développement et ce, sur environ 25 ans.
Il convient de ne pas tarder, expliquent-ils, puisque "plus les pays comblent rapidement ces écarts, plus les gains sont importants et rapides". On voit ainsi exposée l'idée qu’une amélioration de l’efficacité de l’investissement de 10 points de pourcentage est capable d’augmenter les gains de production de 1,4 %. Pour parvenir à ce réalignement il est proposé une batterie de mesures, les experts étant bien conscients de la difficulté de réformer la dépense. Expliquant qu’au niveau mondial c’est près d’un tiers des dépenses qui "sont effectivement ‘bloquées’, les économies avancées étant confrontées à la plus grande rigidité". Que ce soit par le poids des salaires publics ou encore des pensions et des niveaux minimaux de financement de certains pôles.
Inspiration
Parmi les suggestions on retrouve celle de lier l’âge de la retraite à l’espérance de vie ou bien de mettre l’accent sur la prévention des maladies pour réduire les coûts de santé futurs, afin d’assurer la pérennité des dépenses sociales. D’autres propositions ont trait à un alignement de la rémunération publique sur celle du marché et ce, tout particulièrement dans des économies en développement, puisque les salaires du secteur public y dépassent souvent ceux du secteur privé de 10 % ou plus.
En ce qui concerne l’efficacité des sommes dépensées, le Canada est érigé en exemple avec des adultes terminant en moyenne 13,7 ans de scolarité, le deuxième meilleur total au monde, alors même que le Canada ne dépense que 2 500 dollars par personne et par an à des fins d’éducation. Ce qui est près de 300 dollars de moins que la moyenne des autres économies avancées. En restant en Europe, les mesures prises en Estonie et la Suède auraient permis de diminuer la rigidité et ce, en utilisant activement la planification budgétaire pluriannuelle, laquelle "nécessite que les nouvelles dépenses soient compensées dans les années à venir". Les parlementaires y ont également resserré les liens entre performances passées et allocations budgétaires.
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