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Macro-économie / Taux

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Tourisme mondial : un premier semestre en forte croissance / Toutefois, des disparités régionales et des incertitudes persistantes se font sentir

D’après le dernier Baromètre du tourisme mondial publié par ONU Tourisme, près de 690 millions de touristes internationaux ont voyagé à travers le monde entre janvier et juin 2025, soit une hausse de 5 % par rapport à la même période de 2024. Si cette progression conforte la reprise post-pandémie, les résultats restent contrastés selon les régions, et les perspectives pour la suite de l’année sont teintées de prudence.
plage au Maroc - Wilfrid Estève / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
plage au Maroc - Wilfrid Estève / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Le tourisme résiste, mais reste sous pression. La première moitié de 2025 marque une nouvelle étape dans le redressement du tourisme international, avec 33 millions de visiteurs supplémentaires par rapport au premier semestre 2024, d’après ONU Tourisme. "Face aux défis mondiaux, le tourisme international maintient une dynamique vigoureuse et continue de résister", a déclaré Zurab Pololikashvili, Secrétaire général d’ONU Tourisme, saluant l’impact positif de cette reprise sur l’économie locale, l’emploi et les moyens d’existence dans de nombreuses destinations.

L’Afrique signe la plus forte progression mondiale, avec une hausse de 12 % des arrivées, portée notamment par l’Afrique du Nord (+ 14 %) et l’Afrique subsaharienne (+ 11 %). L’Asie-Pacifique poursuit également son rattrapage post-Covid avec une hausse de 11 %, grâce à la performance de l’Asie du Nord-Est (+ 20 %), même si la région n’a pas encore retrouvé ses niveaux d’avant pandémie (-8 % par rapport à 2019).

L’Europe reste la première destination mondiale, avec 340 millions de visiteurs au premier semestre (+ 4 % sur un an). Si certaines sous-régions comme l’Europe centrale et orientale enregistrent des croissances soutenues (+ 9 %), les résultats restent inégaux mois par mois.

Dans les Amériques, la croissance globale (+ 3 %) masque des dynamiques très diverses : fort rebond en Amérique du Sud (+ 14 %), progression modérée en Amérique centrale (+ 2 %), stagnation en Amérique du Nord et dans les Caraïbes (0 %), plombées par un ralentissement de la demande venue des États-Unis. Le Moyen-Orient, après un rebond exceptionnel en 2023-2024, subit un léger recul (-4 %), tout en restant largement au-dessus de ses niveaux de 2019 (+ 29 %).

L’augmentation des flux touristiques se traduit aussi par une forte hausse des recettes dans de nombreuses destinations. Le Japon (+ 18 %), la France (+ 9 %), le Royaume-Uni (+ 13 %), l’Espagne (+ 8 %) ou encore la Türkiye (+ 8 %) enregistrent tous des progressions notables. Les dépenses des grands marchés émetteurs sont elles aussi en hausse, notamment en provenance de Chine (+ 16 %), d’Espagne (+ 16 %) ou du Royaume-Uni (+ 15 %).

Malgré ce dynamisme, les défis persistent : inflation toujours élevée dans le secteur touristique (6,8 % en 2025, contre 3,1 % avant la pandémie), hausse des coûts de transport et d’hébergement, incertitudes géopolitiques et économiques. Ces facteurs pèsent sur les décisions des voyageurs, qui privilégient souvent des séjours plus courts, plus proches et moins coûteux.

Les experts du secteur interrogés par ONU Tourisme font preuve d’un optimisme modéré pour la fin 2025 : l’indice de confiance progresse à 120 pour la période septembre-décembre, contre 114 au trimestre précédent. Environ 60 % des professionnels anticipent une performance plus favorable que celle de l’an passé. Les prévisions officielles d’ONU Tourisme restent inchangées, misant sur une croissance annuelle de 3 à 5 % des arrivées internationales. Mais cette trajectoire dépendra fortement de la capacité du secteur à faire face aux incertitudes économiques, aux tensions géopolitiques et aux enjeux de durabilité.

"Cette croissance nous renvoie à notre responsabilité collective de faire en sorte qu’elle soit durable et inclusive, en collaboration avec toutes les parties prenantes locales", a rappelé Zurab Pololikashvili.

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