Macro-économie / Taux / Russie / embargo / Vladimir Poutine
Macro-économie / Taux
Russie / embargo / Vladimir Poutine
Des sanctions contre la Russie qui seraient loin d’être vaines /
La mesure de leur efficience est loin d’être parfaite
Le nouveau paquet de sanctions voulu par l’Union européenne pourrait bien être perçu comme le symbole de l’inefficacité de ces mesures. Il n’en est rien à en croire "l’économie mondiale 2026" que vient de publier le Centre d’études prospectives et d’informations internationales (CEPII), une publication annuelle qui consacre cette fois-ci un chapitre entier aux sanctions commerciales contre le régime de Vladimir Poutine. La mesure de l’efficacité de celles-ci n’est pas éludée loin de là, elle n’en demeure pas moins difficile à établir.
L’un des points saillants du chapitre se trouve être "que le critère de réussite (ou d’échec) n’est pas toujours explicite ", en se référant à une base de données historique on peut constater que depuis 1950 uniquement 30 % des sanctions imposées à un pays ont fini par être couronnées de succès. Une explication apparaît très clairement aux auteurs à la relative inefficacité des mesures dans le temps ; elles doivent parvenir à " fragiliser l’économie ciblée sans être trop coûteuses pour le pays qui le met en place".
Équilibre
Faire le choix de sanctionner la Russie renvoie donc directement aux coûts que sont prêts à supporter les pays engagés dans une telle initiative. Ces dernières années nous ont également montré qu’il était illusoire d’espérer que la Russie ne soit plus en mesure d’importer des biens et services, comme nous nous en faisions l’écho il y a quelques semaines c’est plutôt du côté du renchérissement du coût des importations qu’on peut trouver des signes de l’efficience des mesures adoptées.
Les résultats obtenus par cette voie-là sont loin d’être négligeables avec depuis 2022, un "coût des importations russes [qui] a augmenté en moyenne de 13 % de plus que celui des autres exportateurs à exportateur et produit donnés ". Une hausse qui peut parfois s’accompagner de la substitution des biens précédemment importés par d’autres de qualité moindre. Ce qui n’a pas semblé mettre à genoux pour autant les entreprises ciblées spécifiquement par les différentes batteries de sanctions.
Muer
L’étude des données montre qu’effectivement les "entreprises stratégiques, explicitement ciblées, par les sanctions occidentales de 2014 n’ont pas connu de baisses d’activité. Au contraire elles ont significativement augmenté leurs ventes et leur capital grâce aux aides publiques ". Pas de quoi remettre en cause l’efficacité des sanctions dans l’absolu, étant donné que le coût de celles-ci est supporté par le contribuable russe. Les auteurs expliquent que "les sanctions ‘intelligentes’ont manqué leur cible et fait de l’ensemble de l’économie russe une victime collatérale".
L’incertitude que nous connaissons bien dans l’Hexagone ces derniers mois, produit également des effets délétères pour le plus grand pays du monde et son économie. Le signal négatif renvoyé par les sanctions est un facteur négatif dans les choix d’investissements. Même lorsque les sanctions auront disparu leurs effets continueront à se produire dans le temps et c’est peut-être finalement bien après leur fin effective que leur pouvoir de nuisance pourra être quantifié.
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