Macro-économie / Taux
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Etats-Unis : le Sénat avalise la nomination du protégé de Donald Trump à la Fed / Stephen Miran devrait être gouverneur pour quelques mois
Donald Trump arrive partiellement à ses fins avec la Réserve fédérale américaine (Fed). Certes Lisa Cook, gouverneure de la Fed, vient de remporter une seconde manche contre lui. Une cour d’appel américaine vient de confirmer une précédente décision de justice permettant à la banquière centrale de rester temporairement en fonction, malgré l’annonce de son limogeage par le président des Etats-Unis.
Toutefois, le Sénat est venu lui apporter de bonnes nouvelles. A majorité républicaine, la chambre haute a approuvé la nomination de Stephen Miran, président du Council of Economic Advisers (CEA), en qualité de membre du conseil d’administration de la Banque centrale. Il en fera partie jusqu’en janvier 2026 puisque succédant à Adriana Kugler, dont le mandat se terminait à cette date.
Il devrait ainsi être gouverneur pour quelques mois avant de récupérer son poste à la Maison Blanche. Lors de son audition au Sénat, l’économiste a eu maille à partir avec plusieurs parlementaires, ces derniers lui ayant reproché de ne pas démissionner de son poste de conseiller du président. Certains sénateurs estiment que cela met à mal l’indépendance de la Fed, jugeant que Stephen Miran serait amené à agir au sein du board comme son patron, Donald Trump, le souhaiterait. Jamais dans l’histoire, un gouverneur de la Banque centrale n’avait gardé de lien avec la Maison Blanche.
Des sénateurs démocrates ont de plus pointé l’absence de cohérence intellectuelle de Stephen Miran qui avait signé en mars 2024 un rapport sur la gouvernance de la Fed, réalisé pour le Manhattan Institute, contenant de nombreuses recommandations dont celle de mettre fin aux "portes tournantes" entre la Banque centrale et le pouvoir exécutif. Stephen Miran leur a rétorqué que les recommandations de son rapport ne visaient pas à être appliquées les unes indépendamment des autres.
Quelques années après avoir obtenu un doctorat en économie à l’Université de Harvard, sous la direction du chercheur Martin Feldstein, lui aussi un temps chef du CEA pendant une partie de la présidence de Ronald Reagan, Stephen Miran a rejoint la sphère financière. Au cours des années 2010, il fut tour à tour gérant de portefeuille, analyste macro ou encore stratégiste, poste qu’il a occupé chez Hudson Bay Capital Management avant d’être nommé à la tête du CEA. En outre, au cours de la dernière année du premier mandat de Donald Trump, il était conseiller économique au Trésor (Steven Mnuchin en était alors à la tête).
L’arrivée de Stephen Miran au Comité de politique monétaire (FOMC) ne change pas fondamentalement la donne pour la réunion d’aujourd’hui et demain. Une majorité de ses membres devrait être en faveur d’une baisse de 25 points de base du taux d’intérêt directeur. Ce serait la première depuis décembre 2024.
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