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Private Equity / Jeito / Odyssey Therapeutics / biotechnologies / biotech

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Jeito Capital accélère la bataille contre les maladies auto-immunes / Un tour de série D sursouscrit à 213 millions de dollars

Jeito Capital s’affirme comme le principal contributeur européen au tour de série D sursouscrit de 213 millions de dollars d’Odyssey Therapeutics, une biotech spécialisée dans le traitement des maladies auto-immunes et inflammatoires. Le fonds parisien renforce ainsi son ancrage dans un domaine où les besoins médicaux restent immenses et où l’intérêt des big pharma est manifeste.
Rafaèle Tordjman, fondatrice et présidente de Jeito Capital
Rafaèle Tordjman, fondatrice et présidente de Jeito Capital

Rentrée active pour Jeito Capital, qui signe un nouvel investissement de poids. Le fonds parisien a annoncé sa participation significative au tour de série D sursouscrit de 213 millions de dollars d’Odyssey Therapeutics, une société de biotechnologie qui ambitionne de redéfinir les standards de traitement dans les maladies auto-immunes et inflammatoires. Le ticket s’inscrit dans une dynamique d’investissement soutenue pour Jeito, déjà impliqué cette année dans plusieurs autres tours de table, de l’ophtalmologie à l’oncologie en passant par la fertilité. "Nous sommes très heureux d'avoir pu nous associer à ce tour de financement en tant qu’investisseur européen significatif ", souligne Rafaèle Tordjman, sa fondatrice et présidente.

 

Les programmes cliniques d’Odyssey au cœur de l’inflammation

 

Fondée en 2021 et dirigée par Gary D. Glick, figure respectée de l’immunologie, Odyssey développe des petites molécules et protéines thérapeutiques ciblant les mécanismes précoces de l’inflammation. Son composé phare, OD-07656, cible la protéine RIPK2, un maillon essentiel des mécanismes qui déclenchent et entretiennent l’inflammation. En la bloquant, Odyssey espère proposer un traitement efficace contre les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin, telles que la colite ulcéreuse et la maladie de Crohn. "Ce sont des maladies pour lesquelles il n’y a pas encore aujourd'hui de traitement pleinement efficace, en particulier pour la rectocolite hémorragique", rappelle Rafaèle Tordjman.

Un deuxième programme, encore préclinique, cible l’activation d’IRAK4 et vise plusieurs pathologies inflammatoires, parmi lesquelles la dermatite atopique (eczéma sévère), l’hidradénite suppurée (une maladie cutanée douloureuse et récidivante) ou encore l’arthrose. Les deux sont administrés par voie orale, "un atout important pour l’observance des patients dans des maladies chroniques", insiste-t-elle.

 

Un secteur en effervescence

 

Le pari d’Odyssey s’appuie sur un marché en pleine effervescence. L’intérêt des big pharma pour les actifs en IBD (inflammatory bowel diseases) s’est confirmé par des acquisitions chiffrées en milliards : Prometheus acheté par Merck pour 10,8 milliards de dollars en 2023, Telavant par Roche pour 7,2 millairds de dollars la même année, ou encore Morphic racheté par Eli Lilly pour 3,2 milliards de dollars en 2024. "Le potentiel du marché est énorme", souligne Rafaèle Tordjman.

La qualité de l’équipe dirigeante n’est pas étrangère à l’intérêt des investisseurs. Gary Glick a déjà bâti plusieurs succès, de Scorpion Therapeutics (racheté par Eli Lilly pour 3,2 milliards de dollars en 2024) à IFM Therapeutics, cédé par morceaux à BMS et Novartis pour plus de 4 milliards de dollars. "L'équipe, en particulier Gary, est un serial entrepreneurs qui a déjà créé et développé plusieurs entreprises, revendues ensuite avec succès à de grandes pharmas", fait valoir Rafaèle Tordjman. Cet historique rassure quant à la capacité d’Odyssey à transformer la recherche en valeur clinique et financière.

 

Diversification méthodique

 

L’investissement d’Odyssey s’inscrit dans la continuité de précédents paris réussi par Jeito dans l’immunologie. En particulier, le fonds avait déjà misé sur HI-Bio, rachetée l’an dernier par Biogen pour 1,8 milliard de dollars, après avoir développé des thérapies ciblées contre des maladies auto-immunes sévères. En rejoignant Odyssey, Jeito capitalise sur cette expertise pour accompagner des programmes différenciés, au croisement de l’immunologie et de l’innovation pharmaceutique. "Dans notre domaine, deux éléments comptent : la sécurité d'emploi et l’efficacité. L'enjeu est de trouver le bon équilibre entre les deux", rappelle sa présidente.

Rafaèle Tordjman insiste sur la construction "méthodique " de la thèse d’investissement de Jeito, chez qui la diversification du portefeuille n’est pas le fruit d’opportunités isolées mais d’un processus collectif et structuré. Contrairement aux pratiques de nombreux fonds où chaque associé conduit ses propres opérations de manière indépendante, l’équipe fonctionne de façon collégiale. Chaque investissement est évalué non seulement pour sa pertinence intrinsèque, mais aussi pour la cohérence qu’il apporte à l’ensemble du portefeuille. Cette discipline vise à optimiser la complémentarité entre aires thérapeutiques et, in fine, la performance globale.

À travers Odyssey, Jeito confirme son rôle de catalyseur pour des biotechs capables d’adresser des besoins médicaux massifs et encore insatisfaits. "Les données précliniques, comme l'ensemble de la littérature scientifique, confirment que la cible RIPK2 est très prometteuse", insiste Rafaèle Tordjman. Et l’investissement s’ancre dans un domaine où financements et appétit des big pharma convergent autour des mêmes enjeux.

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