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Medincell : Une ascension fulgurante au SBF 120 / Les alliances avec Teva et Abbvie offrent d'immenses perspectives de croissance

Medincell a marqué de son empreinte la fin de l’année 2024 en se hissant en tête des plus fortes hausses du SBF 120, avec un bond impressionnant de 131 %. Un succès qui s’appuie sur un modèle économique innovant et moins risqué que celui des biotechs traditionnelles, et qui s’appuie sur des partenariats stratégiques avec des géants comme Teva et AbbVie, ouvrant la voie à d’importantes opportunités de croissance
La société biopharmaceutique Medincell a signé la plus forte hausse du SBF 120 en 2024 - DR
La société biopharmaceutique Medincell a signé la plus forte hausse du SBF 120 en 2024 - DR

Qui est Medincell, cette entreprise montpelliéraine qui a fait une entrée fracassante à la fin de l’année 2024 dans le classement des plus fortes hausses du SBF 120 ? Avec une performance impressionnante de 131 %, elle a coiffé tout le monde au poteau, s’imposant en tête du palmarès. Fait marquant, Medincell a intégré l’indice le 23 décembre, à la toute dernière minute.

Ainsi, Valneva n’est plus la seule société biopharmaceutique de l’indice. A la différence de Valneva, qui se concentre sur le développement et la commercialisation de vaccins, Medincell est spécialisée dans le développement de technologies innovantes pour l’administration de médicaments visant à en améliorer l’efficacité et l’accessibilité.

Ce modèle économique présente un avantage notable : il est nettement moins risqué que celui des biotechs traditionnelles. Au lieu de prendre le pari de développer de nouvelles molécules, avec un taux de succès souvent faible, Medincell applique sa technologie de libération prolongée à des médicaments déjà existants et largement utilisés.

La société se distingue ainsi par plusieurs traitements innovants utilisant sa technologie propriétaire "BEPO" de libération prolongée, qui consiste en une petite capsule insérée sous la peau. Celle-ci permet la libération contrôlée d’un principe actif pendant plusieurs jours, semaines ou mois à partir d’une seule injection sous-cutanée. L’objectif : réduire la fréquence d’administration et améliorer l’observance des traitements choisis par les patients.

 

Vers une approbation au 1er semestre 2026

 

Parmi eux, Uzedy, une injection mensuelle de rispéridone, un médicament couramment utilisé pour traiter la schizophrénie et d’autres troubles psychiatriques. Commercialisé aux États-Unis depuis avril 2023, celui-ci a vu son déploiement accéléré grâce à un partenariat stratégique avec le laboratoire israélien Teva Pharmaceuticals, qui a relevé en juillet les objectifs commerciaux du produit. Il vise désormais des ventes de 100 millions de dollars en 2024, contre 80 millions de dollars auparavant, ce qui va mécaniquement renforcer les royalties perçues par Medincell.

Dans le même domaine thérapeutique, mdc-TJK, une injection mensuelle d’olanzapine, un médicament de référence dans le traitement de la schizophrénie, est actuellement en phase 3 d’étude clinique, la dernière étape avant la commercialisation. Le traitement a montré des résultats prometteurs dans l’amélioration des symptômes de la schizophrénie par rapport au placebo. Et le projet bénéficie également du soutien de Teva Pharmaceuticals, qui vise l’approbation du produit au premier semestre 2026, avec un potentiel estimé supérieur à celui d’Uzedy.

"L’opportunité de marché de mdc-TJK est réelle avec environ 300 000 patients actuellement sous olanzapine pour le traitement de la schizophrénie aux Etats-Unis. Cette opportunité de marché sera accentuée par une commercialisation mdc-TJK également en Europe, qui représente potentiellement le double du marché américain en nombre de patients", observe à cet égard le cabinet Oddo BHF.

Medincell développe aussi mdc-CWM, une formulation injectable de celecoxib, un médicament anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS). En l’occurrence, le produit vise le soulagement de la douleur postopératoire après une arthroplastie totale du genou. Ce traitement, en phase 3 clinique, a montré une réduction significative de la douleur postopératoire lors des essais, avec des résultats positifs tout juste publiés en décembre 2024.

 

1,9 milliard de dollars de paiements potentiels

 

Mais ce n’est pas tout. En avril dernier, Medincell a signé un accord stratégique majeur avec le laboratoire américain AbbVie, portant sur le co-développement et la licence de six thérapies injectables à action prolongée, couvrant plusieurs domaines thérapeutiques. Cet accord prévoit un paiement initial de 35 millions de dollars de la part d’AbbVie, ainsi que des paiements d’étape pouvant atteindre jusqu’à 1,9 milliard de dollars, répartis entre les six programmes, soit 315 millions de dollars par programme. De plus, Medincell pourrait percevoir des royalties à deux chiffres sur les ventes nettes mondiales des produits développés dans le cadre de cet accord.

Le paiement initial de 35 millions de dollars revêt une grande importance pour Medincell. Il a permis à l’entreprise de renforcer sa trésorerie, qui s’élevait à 38,9 millions d’euros fin septembre. Une réserve financière qui doit permettre au groupe de poursuivre son développement jusqu’à atteindre la rentabilité, attendue au plus tard en 2026-2027 par les dirigeants de l’entreprise, voire dès 2025-2026 selon les projections des analystes de TP ICAP Midcap. Une perspective qui pourrait consacrer Medincell comme la nouvelle biotech phare de la place parisienne, et faire oublier les échecs (relatifs) de Genfit et DBV Technologies.

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