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SFIL illustre la robustesse de sa signature malgré l’instabilité / Prêts verts en hausse, portefeuille export record

La banque publique de développement continue à maintenir un accès fluide aux marchés dans un climat politique troublé. Portée par des prêts verts et sociaux en forte progression et par un portefeuille export record, la SFIL renforce son rôle d’acteur clé au service des collectivités et de la souveraineté industrielle.
Philippe Mills, le directeur général de Sfil
Philippe Mills, le directeur général de Sfil

Dans une France en proie à l’instabilité politique, la SFIL continue de trouver des marchés réceptifs. Quelques jours avant le vote de confiance qui devait sceller la chute du gouvernement Bayrou, l’établissement a placé une obligation à un spread inférieur à l’OAT. Une opération réussie dans un climat où la signature française est scrutée avec méfiance, que Philippe Mills, le directeur général de SFIL, résume en une formule : "la robustesse de notre accès au marché".

La SFIL se finance quasiment comme l’État, avec un impact plus limité que d’autres émetteurs publics grâce à sa filiale, la Caisse française de financement local (Caffil). "Nous bénéficions d’un amortisseur, puisque Caffil émet des obligations couvertes notées AAA, qui ne se pricent pas directement par référence à l’OAT", rappelle-t-il. Résultat : depuis le début de l’année, les émissions de la SFIL se sont placées en moyenne à OAT +3 points de base, et même OAT +1 en incluant l’opération de fin août.

 

Prêts verts et sociaux, moteur croissant du financement

 

Cette solidité nourrit ainsi le métier historique de la SFIL, le financement des collectivités locales. Avec 2 milliards d’euros de prêts octroyés au premier semestre, l’établissement enregistre sa troisième meilleure performance depuis sa création. "En partenariat avec La Banque Postale et, dans des volumes moindres, avec la Banque des Territoires, nous occupons depuis dix ans cette position de leader sur le marché du financement local", a rappelé le directeur général, qui s’exprimait mardi à l’occasion de la publication des résultats semestriels de la banque.

Deux facteurs se conjuguent pour expliquer ce niveau d’activité : l’effet classique de fin de cycle électoral, propice aux investissements, mais aussi une tendance structurelle. "Les collectivités investissent de plus en plus dans le financement durable, et nos prêts thématiques rencontrent un succès qui s’accroît", a-t-il souligné. Près de la moitié des financements accordés sont désormais verts ou sociaux, signe d’une inflexion durable dans les choix d’investissement des collectivités. Cette orientation se reflète aussi sur les marchés : depuis le début de 2024, un quart des émissions de la SFIL sont vertes ou sociales.

 

Crédit export : un portefeuille record de 80 milliards d’euros

 

Le crédit export illustre lui aussi la montée en puissance de la SFIL. Deux opérations majeures conclues au premier semestre portent à plus de 20 milliards d’euros le cumul financé depuis 2015. "Nous sommes vraiment devenus un acteur incontournable sur le crédit export garanti par Bpifrance Assurance Export pour le compte de l’État, et bientôt avec d’autres agences européennes", a affirmé Philippe Mills. "Retenez ce chiffre : 80 milliards de dossiers actifs. Nous n’avions jamais atteint un tel niveau."

Derrière ce volume record se profile un marché d’une ampleur sans précédent. Deux secteurs se détachent : la défense, déjà très présente, et le nucléaire. "Nous avons une quasi-certitude que nous allons conclure une opération nucléaire à l’automne", a ajouté le directeur général, en évoquant un premier financement qui devrait en appeler d’autres dans les prochaines années. Pour Anne Crépin, directrice du crédit export, ce portefeuille exceptionnel traduit "un marché très actif", même si une large part des dossiers en cours se trouve encore au stade de l’appel d’offres.

 

Croissance et discipline opérationnelle

 

Les résultats publiés mardi reflètent à la fois le dynamisme de l’activité et la mécanique propre à une banque publique de long terme. Tel "un paquebot", selon l’image de Philippe Mills, la SFIL engrange au fil du temps les marges d’intérêt générées par ses prêts. L’effet d’inertie des volumes engagés en 2023 et 2024 continue ainsi de se diffuser dans les comptes. Le produit net bancaire récurrent progresse de 10 % à 113 millions d’euros, et le résultat net récurrent atteint 34 millions malgré une contribution fiscale exceptionnelle.

Sans cet élément ponctuel, la performance est inédite : "Si on enlève la contribution exceptionnelle à l’impôt sur les sociétés, nous sommes à un résultat économique de plus de 40 millions. Cela ne nous était jamais arrivé sur un premier semestre", souligne le directeur général, cette progression reposant en grande partie aussi sur une maîtrise renforcée des frais généraux. "Nous avons notamment une efficacité opérationnelle accrue sur nos dépenses informatiques, nos achats de données de marché, nos contrats conclus de manière plus efficace", a détaillé Philippe Mills. Le coefficient d’exploitation s’améliore encore, et le coût du risque reste structurellement faible, reflétant la qualité d’un portefeuille dont les expositions non performantes représentent à peine 0,4 %. Le ratio CET1, à 43,5 %, demeure plus de cinq fois supérieur à l’exigence réglementaire.

 

Objectifs 2025 : les records de 2023 en ligne de mire

 

La suite de l’année s’annonce tout aussi dense. La fin du cycle électoral devrait entretenir la demande des collectivités locales, tandis que l’activité export pourrait donc être marquée par la conclusion d’une première opération nucléaire et par l’instruction des premiers dossiers dans le cadre du mandat élargi par Bruxelles. Dans ce contexte porteur, la SFIL vise un volume de financements proche de 9 milliards d’euros pour l’ensemble de 2025. "Mais il est possible que nous allions au-delà, a souligné Philippe Mills. Dix milliards est possible."

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