Start-up / Bpifrance Le Hub
Start-up
Bpifrance Le Hub
Bpifrance Le Hub : une décennie d’évolution au service de l’innovation française / Un accélérateur qui conjugue vision panoramique et personnalisation pointue
En désormais dix années d’existence, Bpifrance Le Hub a eu le temps de voir l’écosystème de l’innovation française se transformer. Tout comme sa mission, qui a su s’adapter à ses différentes évolutions et à ses degrés de maturité. "Le Hub a eu plusieurs vies", résume à WanSquare Benoît Roblin, directeur de la structure d’accompagnement en capital-risque de la banque publique d’investissement. Si elle s’est progressivement muée en accélérateur pour les start-ups dans lesquelles Bpifrance investit directement (soit 350 d’entre elles à date, avec 9 milliards d’euros d’actifs sous gestion en capital-risque), l’entité avait initialement été pensée pour accompagner les grands groupes dans leurs stratégies d’innovation ouverte. Une manière de créer une sorte de lieu de rencontre pour que ces derniers, les start-ups, les fonds de capital-risque, ou encore les PME, puissent collaborer. Le tout, forcément, sous l’impulsion de la direction de l’innovation de la banque. "Nous avons commencé en proposant un service de conseil aux grandes entreprises, afin de leur apprendre à mieux travailler avec les start-ups, tout en les mettant en relation avec elles lors d’évènements", détaille Benoît Roblin.
Quelques années après son lancement, alors que l’écosystème de l’innovation française prenait en maturité, Le Hub élargira sa mission afin de devenir un incubateur à start-ups, en proposant des programmes d’accélération d’une durée de douze mois. Mais à compter de 2019, toujours dans une logique d’accélérer les start-ups françaises, Le Hub décidera de se concentrer plus particulièrement sur les jeunes pousses installées dans le portefeuille de Bpifrance. Une large palette en matière de typologie d’entreprises, allant de celles qui réalisent leur première levée de fonds aux licornes de la French Tech. L’offre d’accompagnement, telle que proposée désormais, se structurera plus précisément à partir de 2022. "Nous avons décidé de nous positionner comme la structure d’accompagnement de référence du capital-risque en Europe, au regard de la taille de notre portefeuille. Notre ADN est de contribuer au succès de nos participations", relève Benoît Roblin, soulignant néanmoins que cette offre de services n’est pas "intrusive" : les utiliser, ou non, ne représente pas un critère d’investissement pour la banque.
Pour celles qui le souhaitent, Le Hub propose ainsi quatre grandes familles de services. La première permet d’accompagner les jeunes entreprises à l’aide d’operating partners, afin de répondre concrètement à un défi opérationnel : stratégie de prospection commerciale, définition d’une feuille de route marketing, refonte d’une plateforme… En s’appuyant sur des experts en freelance, Le Hub peut ainsi se targuer d’intervenir sur une multitude de sujets, là où de nombreux fonds de capital-risque (en dehors des plus grands d’entre eux, généralement américains) se spécialisent plus souvent sur une verticale d’accompagnement. Vient ensuite l’aide aux recrutements, grâce aux cinq chasseurs de têtes de Bpifrance Le Hub, qui aident les start-ups à s’attacher les services de profils clés.
En fonction des tendances de marché
Là encore, ces quelque 100 recrutements par année sont bien corrélés aux besoins des entreprises concernées. "Une start-up qui vient de boucler une série A pourrait par exemple avoir besoin d’un ‘head of talents’ pour se structurer. Nous avons aussi récemment observé une tendance au recrutement de directeurs financiers, ce qui correspond finalement aux attentes du marché et des investisseurs, en matière d’atteinte de rentabilité et de gestion des coûts, mais aussi à la réalité de la difficulté actuelle à lever des fonds. Il faut optimiser sa durée de consommation de cash, et s’aider de professionnels pour ce faire", indique Benoît Roblin.
Le Hub continue aussi de connecter les start-ups de son portefeuille à ses partenaires, soit des entreprises du SBF 120, afin de les aider à se développer commercialement. Une trentaine de contrats devraient être signés cette année dans ce cadre, pour plusieurs millions d’euros. Des signatures dont la valeur réelle reste bien supérieure à celle du deal pour une start-up, en termes de visibilité et de gages de crédibilité, rappelle Benoît Roblin. Enfin, les échanges entre pairs, au travers des différentes communautés créées par Bpifrance, permettent à leurs dirigeants de s’échanger leurs conseils, leurs retours d’expérience ou bien d’étoffer leur réseau.
Biomemory, une start-up qui propose une solution pour stocker les données sur un support ADN – permettant de conserver l’information sans consommation énergétique et pendant plusieurs millénaires – ou Ask Mona, une jeune pousse aidant les institutions culturelles à dialoguer avec leur public, grâce à des robots conversationnels intelligents ou des contenus interactifs, font partie de ces entreprises à avoir profité des services de Bpifrance Le Hub. La première a par exemple recruté son premier "talent acquisition manager" aux côtés de l’équipe Talent du Hub, qui a aussi aidé la seconde à embaucher un "chief technology officer" et un responsable des ventes. De même, les deux sociétés ont profité de plusieurs dizaines de mises en relation avec de grands groupes, ou ont été accompagnées sur des enjeux opérationnels propres (le go-to-market à l’international pour Biomemory, le pricing pour Ask Mona) à l’aide des collaborateurs dédiés au "business development" du Hub.
Un trait d’union
Des parcours donc personnalisés, que les start-ups peuvent construire grâce à une structure opérationnelle du Hub pensée à cet effet. Huit équipes d’investissement œuvrent en effet sur le segment capital-risque chez Bpifrance. Parmi chacune d’entre elles, un collaborateur du Hub dédié s’attache à faire le lien. "Il joue un rôle de tour de contrôle entre la start-up et les différents services du Hub. C’est une relation tripartite : nous travaillons à la fois avec les entreprises, mais aussi avec l’investisseur. Car l’objectif reste avant tout de créer le plus de valeur possible", pointe Benoît Roblin. La liberté donnée aux participations d’utiliser ou non les services proposés, après une première période d’embarquement et de présentation de ces derniers, permet aussi aux start-ups de s’investir véritablement dans le processus. "Pour que cela fonctionne, les start-ups doivent vouloir jouer le jeu", remarque le dirigeant du Hub.
Et si Le Hub de Bpifrance s’est affirmé comme un accélérateur de choix pour les start-ups investies par la banque, ses services aux grandes entreprises, en matière d’innovation ouverte, n’en ont pas été mis de côté pour autant. Au contraire, puisque Bpifrance Le Hub a lancé, il y a quelques mois, la deuxième promotion de son Programme Directions Achats pour l’Innovation (DAPI), permettant à de grands groupes, des institutions ou des administrations, de former leurs directeurs d’achat à collaborer avec de jeunes entreprises. Un programme auquel les start-ups attachent beaucoup de valeur, indique Benoît Roblin.
"Cela relève de notre casquette ‘écosystème’, que nous portons avec la Mission French Tech, mais aussi France Digitale, et d’autres acteurs. Il a évolué de manière incroyable sur ces dix dernières années. Mais de toute évidence, le contexte de marché actuel des levées de fonds fait face à un net ralentissement. Nous portons en revanche intimement la conviction que, pour créer de vrais champions, les start-ups doivent pouvoir vendre à des acteurs français, mais aussi européens. Le seul marché domestique ne suffira pas. Lever des fonds, c’est bien, mais c’est encore mieux de vendre des services", souligne le dirigeant de Bpifrance Le Hub. Pour que tout cet écosystème innovant puisse d’ailleurs continuer à se rencontrer, de nombreux évènements sont organisés dans la grande salle du "Hub", en plein cœur du 9ème arrondissement de Paris. De quoi approfondir encore les liens entre ces différents mondes et leur permettre, aux uns comme aux autres, d’en tirer parti au maximum.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

